Décembre 21, 2022
Par Rebellyon
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Le 17 décembre 2022, Extinction Rebellion Lyon a réalisé une action de désobéissance civile contre l’entreprise Arkema, qui empoisonne l’environnement, les riverain.es et ses employé.es et la DREAL qui protège cette entreprise. Cette action n’a pas plu à tout le monde. Le Préfet du Rhône, qui dirige la DREAL, et le Ministère de la Transition Ecologique ont publié un communiqué de presse dénonçant et condamnant nos actions. Voilà notre réponse.

Ce samedi 17 décembre, plusieurs centaines de militant·es du mouvement Extinction Rebellion ont ciblé le site industriel de la multinationale de pétrochimie Arkema ainsi que la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du logement). Ces deux organisations sont liées : le site Arkema de la Vallée de la Chimie est classé Seveso, il doit ainsi être régulièrement inspecté par la DREAL. En mai 2022, les émissions « Envoyé spécial » avec « Vert de Rage » révèlent une pollution importante aux perfluorés dans l’air, l’eau et les sols. Malgré ces révélations, Arkema continue de rejeter directement dans le Rhône entre 200 et 340 kg de « 6:2FTS » par mois, un perfluoré nouvelle génération qui n’est pas soumis à la règlementation française… Ce sont ces scandales qui nous ont poussé à agir.

Notre action semble ne pas avoir plu à tout le monde. Le Ministère de la Transition Ecologique et le préfet du Rhône, dans un communiqué de presse, ont condamné nos actes et ont cherché à se justifier. Ils expliquent : « Depuis plus de six mois, les services de l’État en Auvergne-Rhône-Alpes ont renforcé leur mobilisation pour contrôler et faire diminuer la présence de PFAS au Sud de Lyon. Par arrêté, le Préfet du Rhône a prescrit à Arkema en septembre 2022, de cesser d’utiliser tout additif PFAS d’ici fin 2024. »

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Nous, Extinction Rebellion Lyon trouvons cette communication malhonnête de la part du gouvernement. Voici notre réponse.

En réalité, l’Etat ne lutte pas contre la pollution aux PFAS dans la région et est conciliant avec l’entreprise. Les analyses de la DREAL et les alertes données par des chercheur·es montrent que ce scandale de pollution était enterré depuis une dizaine d’années. La médiatisation du scandale a forcé l’Etat à entrer doucement en action : les échéances de l’arrêté préfectoral imposant l’arrêt d’utilisation des PFAS sont celles qui ont déjà été énoncées par Arkema. L’entreprise a largement le temps de modifier ses procédés de production, au détriment de l’environnement.

L’Etat montre là les lacunes de l’action publique : il autorise finalement Arkema à rejeter des perfluorés pendant encore 2 ans. Ces « polluants éternels » vont être présents pendant des dizaines d’années dans la nappe phréatique et l’environnement. Pire encore, étant donné leur durabilité, ces composés chimiques complètement artificiels vont persister et s’accumuler. Qu’en est-il alors de la protection des citoyen·nes ? Faudra-t-il boire de l’eau potable en bouteille encore longtemps ?

D’un côté, l’ARS et la DREAL rassurent en disant que la situation est maîtrisée et que ces perfluorés ne représentent aucun danger, en remettant entièrement en question les résultats des chercheur·es d’Envoyé Spécial. De l’autre, on découvre que le « 6:2FTS » utilisé depuis 2016 par Arkema est un perfluoré nouvelle génération qui n’a pas encore été étudié par les réglementations européennes et françaises et qui pose encore des difficultés techniques à être repéré dans l’environnement.

Ne faudrait-il pas raisonner de manière inverse : tant que l’on ne connait pas les conséquences d’une substance sur la santé et l’environnement, celle-ci ne devrait-elle pas être interdite ?

Enfin l’Etat ne répond pas aux enjeux majeurs de dépollution et d’indemnisation aux victimes induits par les perfluorés d’Arkema.

Dans son communiqué, l’Etat semble se satisfaire de l’intervention rapide des forces de l’ordre qui aurait « mis un terme à ces actions » et « limiter les dégâts ». Dans la réalité, l’action était terminée lorsque les interpellations ont eu lieu. Nos militant·es étaient en train de se diriger vers le métro et quitter Pierre-Bénite lorsque les forces de l’ordre sont intervenues. Les personnes interpellées ont toutes été relâchées rapidement. Pour l’instant aucune poursuite n’est engagée contre nos militant·es.

Le communiqué du Ministère de la Transition Ecologique montre qu’il ne prend clairement pas ses responsabilités dans la gestion de cette pollution. Il défend les pollueurs au détriment des riverain·es et de l’environnement. Ne pouvant l’accepter, nous continuerons d’agir contre Arkema. Nos actes sont légitimes. Rejoignez-nous.

Face à l’extinction, la Rébellion. Amour pour le vivant et rage face à ce système qui le détruit




Source: Rebellyon.info