Nous estimons depuis le début du mouvement qu’une présence antifasciste est nécessaire mais ne voulant volontairement pas nous organiser en tant qu’identité politique à l’intérieur des cortèges nous n’avons pu que constater notre manque d’organisation afin de lutter contre la présence de groupes fascistes et faire valoir les valeurs d’anti racisme, anti sexisme, anti LGBTQIphobie et anti fascisme.

De plus cette volonté de ne pas nous afficher en tant que militant-e-s luttant contre toutes formes d’oppression nous a mis à de nombreux moments en danger dans les cortèges. En effet, depuis début janvier, les agressions et les intimidations ne cessent d’augmenter de la part des groupuscules fascistes présents dans les cortèges gilets jaunes.

Pourtant leur but n’est pas de manifester aux côtés des gilets jaunes. Nous avons une extrême droite qui se révèle en France, avec les nombreux reportages qui montrent leurs vrais visages, qui dévoilent des appels aux meurtres de personnes racisées ou leur adoration du nazisme.. etc. La multiplication des procès et des incarcérations pour violences à caractère raciste ou apologie du nazisme. Les fermetures de locaux qu’elles soient provoquées malheureusement par arrêté préfectoral ou par la mauvaise gestion de leur trésorerie.

Mais le mouvement gilets jaunes leur a donné une possibilité de récupération dès le début en profitant de la confusion d’un mouvement inédit de colère populaire.

A Lyon, à plusieurs reprise ils en ont profité pour déployer leurs banderoles comme « Non à Marrakech » par les identitaires avec ( la fausse histoire sur le pacte de Marrakech concernant l’immigration), ou « A bas les voleurs » ( slogan des ligues d’extrême droite du 6 février 1934) déployé par le Bastion Social, ou encore « les libertés ne s’octroient pas, elles se prennent » de Charles Maurras essayiste royaliste d’extrême droite, à ne pas confondre avec « les libertés ne se donnent pas, elles se prennent » de Kropotkine.

Ne réussissant pas à prendre en main comme ils le voudraient le mouvement, les groupuscules fascistes en reviennent à leur premières passion, fidèles à leur droite ligne contre-révolutionnaire : l’agression.

Depuis plusieurs actes ils n’hésitent pas à agresser à l’intérieur même du cortège, des personnes racisées, des syndicalistes, des personnes reconnues comme militant-e-s de gauche ou LGBTQI.

A Paris ils n’ont pas hésité à attaquer avec du matériel de chantier un cortège avec de nombreux-ses militant-e-s du NPA.

Ce n’est pas du tout une guéguerre comme certaines personnes veulent le croire, ce sont clairement des attaques xénophobes et politiques.

Que le mouvement gilets jaunes se réclame apolitique ou apartisans, il est impossible de penser obtenir des avancées sociales pour toutes et tous sans distinctions de genre, de couleur de peau, de religion ou non, d’orientation sexuelle si nous laissons ces groupuscules envahir et récupérer le mouvement en toute impunité.

Si nous voulons plus de liberté et plus d’égalité nous ne pouvons pas continuer de se faire agresser et marcher aux cotés de ces groupuscules fascistes dans les cortèges.

Et si nous sommes cohérent-e-s comment lutter avec des personnes qui ont comme rêve de modèle de société, une société fasciste basée sur l’autoritarisme et la discrimination ?

C’est pourquoi nous nous joignons à l’appel pour une riposte antifasciste pendant l’Acte 13 sur Lyon le samedi 9 février, pour que toutes et tous puissions manifester sans craindre de se faire attaquer dans le dos par ces groupuscules fascistes, afin de leur montrer que leurs idées n’ont pas leurs places dans les cortèges gilets jaunes.

Face aux flics, face aux fascistes, face au gouvernement Macron soyons tous et toutes uni-e-s le Samedi 9 Février 2019, pour l’ Acte 13 : Tout le monde déteste les fascistes

Des Gilets Jaunes Antiraciste et Faché-e-s.

Acte XIII à Lyon : pour un cortège Gilet jaune antiraciste et populaire

Pas de drapeau d’orga politique, parti ou syndicats, soyons juste clairement antiracistes, antisexistes, antifascistes, antiLGBTQIphobie derrière nos gilets jaunes.