Selon une base de données constituée par l’Agence française pour la biodiversité répertoriant les achats de pesticides, durant l’année 2017, selon le code postal de leurs acquéreurs, la région Centre-Val de Loire se situe en cinquième position en quantité d’achats. En 2017, les agriculteurs de France métropolitaine ont acquis 56 650 tonnes de produits phytosanitaires. La commune de Sancerre, dans le Cher, arrive dans le trio de tête des communes les plus consommatrices, avec 160 tonnes de produits achetés. Les communes où se situent les plus grosses quantités achetées ont pour point commun d’être des localités exploitant la vigne.

Si l’on analyse à l’échelle régionale les chiffres fournis par cette base de données, les agriculteurs du Centre-Val de Loire ont acquis 5 943,46 tonnes de produits. C’est l’Eure-et-Loir qui se situe en tête en terme de quantité. La ville d’Auneau et les communes alentours ont ainsi acheté près de 112 tonnes de pesticides. En Indre-et-Loire, le canton de Vouvray est en tête avec environ 68 tonnes de produits achetés. Les communes partageant le code postal 37460 (Beaumont-Village, Céré-la-Ronde…) ont acheté près de 56 tonnes de pesticides. Saint-Avertin est la plus économe avec moins d’une tonne de produits achetés.

Le glyphosate, le soufre micronisé et le prosulfocarbe sont, de loin, les trois produits phytosanitaires les plus achetés en France. Les répartitions évoluent sur le territoire selon le type de culture que l’on y trouve. La vigne demeure la plus gourmande en pesticides. En 2000, les viticulteurs consommaient à eux seuls 20 % des pesticides en France. Pourtant, à l’époque, selon des données du ministère de l’agriculture, les vignobles ne représentaient que 3 % de la surface agricole utile (SAU). En région Centre-Val de Loire, c’est plus de 865 tonnes de glyphosates qui ont été achetés pour l’année 2017.

Vu la popularité du produit parmi les agriculteurs d’Indre-et-Loire, on comprend que les députés locaux aient bataillé pour qu’il ne soit pas interdit. Les députés En Marche Colboc et Labaronne s’étaient d’ailleurs fendus d’une même question écrite au gouvernement pour s’inquiéter des conséquences que pourrait avoir une interdiction du glyphosate, pourtant classé « potentiellement cancérigène ».

Illustration : PA Dorange (CC BY-SA 2.0)


Article publié le 13 Juil 2019 sur Larotative.info