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Chronique internationale – Achaïra n°240 – Mai 2022

1) Nous vous parlions le mois précédent de l’appel d’Antimilitaristes, pacifistes, objecteurs, insoumis, réfractaires, syndicalistes aux armées, à soutenir les réfractaires à l’armée russe, que nous avons mis en ligne sur notre site.

Ce mois-ci, nous vous parlons de la réalité des pratiques administratives actuelles en Allemagne à l’égard des déserteurs russes.

Les pratiques restrictives actuelles des autorités allemandes à l’égard des déserteurs les privent de toute protection, contrairement à ce que dit la décision du parlement fédéral, prise hier, qui ne pourra que décevoir leurs espoirs. C’est pourquoi les deux associations PRO ASYL et Connection e.V., des pacifistes allemands, exigent du ministère fédéral de l’intérieur et de l’office fédéral pour les migrants et les réfugiés (BAMF) de changer urgemment ces pratiques.

Cette décision du parlement se veut un soutient substantiel à l’Ukraine en appelant, dans son paragraphe 3, les soldats russes à déposer les armes et en soulignant qu’ils bénéficieront des procédures d’asile en Europe et en Allemagne. Or, à l’heure actuelle, compte tenu des pratiques administratives répressives, ces demandes d’asile seront avec une grande probabilité refusées. Inciter à la désertion sans garantir la protection c’est mettre les déserteurs en danger.

Aussi faut-il changer ces pratiques, la décision d’hier doit pouvoir entrer en application. Car les obstacles administratifs ont été trop bétonnés pour pouvoir être surmontés, si bien que rien ne changera malgré la décision d’hier.

Selon la Directive de l’Union Européenne sur les qualifications (article 9, § 2 e), « toute personne qui cherche à se soustraire à des actes contraires au Droit International ou à la guerre et qui encourt pour cette raison des sanctions, bénéficie du droit à la protection juridique des migrants. » En effet, l’agression russe contre l’Ukraine est une guerre qui viole le Droit International et la Directive de l’Union Européenne s’applique donc aux soldat∙es russes.

Hélas, l’expérience montre que les tribunaux et les autorités allemandes posent des exigences de preuve énormes que beaucoup de demandeurs d’asile ne peuvent pas fournir, par exemple des justificatifs d’appel ou d’ordres de combat contraires au Droit International, ou encore l’attestation officielle d’une déclaration d’objection de conscience en Russie … Qui peut fournir de tels justificatifs dans la situation actuelle ?

Dès fin mars, PRO ASYL et Connection e.V., avec 40 autres organisations, avaient réclamé, dans un appel au parlement fédéral allemand, d’accorder protection et asile aux objecteurs de conscience russes, biélorusses et ukrainiens.

L’Allemagne et tous les pays de l’Union Européenne doivent accueillir sans chicanes bureaucratiques les personnes fuyant l’enrôlement dans les armées en guerre en leur accordant le droit de résidence. Et il convient aussi de tout faire pour la reconnaissance du droit à l’objection de conscience qui est un droit humain inscrit dans la Charte des Nations Unies.

Texte original complet : https://de.connection-ev.org/legal.advice.asylum

2) Dans cette deuxième partie de la chronique internationale, nous allons reparlé de la journée internationale des travailleurs, du 1er mai, dans le monde.

a) La Fête du Travail dans le monde

Source : les abonnés de la lettre Les Chroniques d’Herodote.net

À la fin du XIXe siècle, en hommage aux syndicalistes américains qui ont obtenu la journée de huit heures, les Européens instituent une « journée internationale des travailleurs » ou « Fête des travailleurs ».

Improprement appelée « Fête du Travail », elle est commémorée par un jour chômé le 1er mai en France et dans la plupart des pays… mais pas dans tous.

– Allemagne :

En Allemagne, le 1er mai est chômé comme en France.

Réminiscences celtes

En de nombreuses régions d’Europe centrale perdurent des traditions qui évoquent irrésistiblement la fête celte d’Halloween, si ce n’est qu’elles se déroulent dans la nuit du 30 avril au 1er mai (et non la veille de la Toussaint).

C’est ainsi qu’à Stuttgart, les enfants profitent de cette nuit pour faire des farces à leurs amis, voisins et parents. En Bourgogne, du côté de Montbard, les jeunes gens associent curieusement deux traditions très différentes : les farces (on déplace des objets) et le « rituel des Mais » (on coupe des branches que l’on dépose devant la fenêtre de la jeune fille aimée).

En République tchèque, cette nuit-là, on se protège contre les forces du mal et les sorcières en allumant de grands feux sur des lieux élevés. On danse autour des feux et l’on fait la fête à grand renfort de bonne chère et de boissons alcoolisées. Cette vieille tradition rappelle que la Bohème-Moravie fut habitée par les Celtes avant l’arrivée des Slaves.

Notons aussi que perdure en Moravie du nord la tradition du « mât de Mai », symbole du printemps : des garçons coupent un arbre, le lestent de ses branches et le décorent de rubans et de fleurs. En 2006, les habitants de Vendryne ont réussi à inscrire leur mât (53,98 mètres) dans le livre Guinness des records !

– Belgique et Luxembourg :

En Belgique (et au Luxembourg), le 1er mai est chômé et les partis socialistes en profitent pour défiler et réaffirmer leur ancrage à gauche.

Au milieu du XXe siècle, le 1er mai socialiste fut pendant un temps concurrencé par les cortèges « Rerum Novarum » de l’abbé Joseph Cardijn, fondateur de la Jeunesse Ouvrière Catholique (JOC). Ces cortèges d’ouvriers chrétiens ont lieu le jour de l’Ascension.

– Pays-Bas :

Aux Pays-Bas, le 1er mai reste ordinairement ouvré. Idem en Suisse. Quelques entreprises et organisations internationales concèdent cependant à leur personnel un jour de congé en l’honneur de la fête du Travail.

– Europe centrale :

En Europe centrale, en Pologne ou encore en République tchèque, le 1er mai est toujours chômé mais les défilés, qui étaient quasiment obligatoires sous le régime communiste, ne font plus recette… tout comme en France.

– Australie :

En Australie, quelques syndicats socialistes ou communistes défilent à l’occasion du 1er mai. Mais la fête du Travail est officiellement commémorée à d’autres dates : le 4 mars en Australie occidentale, le 11 mars dans l’État de Victoria, le 6 mai dans le Queensland et le territoire du Nord, le 7 octobre à Canberra (la capitale), en Nouvelle-Galles du Sud (Sydney) et en Australie méridionale.

– Amérique latine :

En bonne élève de l’Europe, l’Amérique latine – Brésil compris – commémore la fête du Travail en chômant le 1er mai. Mais, comme ailleurs, les défilés syndicaux ont largement cédé la place à des activités ludiques: pique-niques, foot-ball….

Au Mexique, dans l’État de Sinaloa, le 1er mai marque la fête de l’été avec la fin de la récolte des tomates et d’autres produits agricoles.

Au Paraguay, en 2002, le chef de l’État a tenté de remplacer le 1er mai par le premier lundi de mai (à la manière britannique). Mais l’opinion publique a rejeté cette réforme et, le 1er mai, on continue de célébrer la fête du travailleur (« el día del trabajador ») : ce jour-là, les patrons invitent leurs employés à partager un « asado » (sorte de barbecue).

– Israël :

En Israël, on ne chôme pas le 1er mai, bien que l’État juif ait été fondé par des militants socialistes.

– Japon :

Les Japonais ne célèbrent pas la fête du Travail mais la première semaine de mai, dite « Semaine dorée », donne lieu à des festivités et des jours chômés.

– Royaume-Uni :

Au Royaume-Uni, ce n’est pas le 1er mai qui est chômé mais le premier lundi de mai… ce qui permet aux salariés de bénéficier chaque année d’un week-end prolongé.

– États-Unis et Canada :

Même pragmatisme aux États-Unis et au Canada où la Fête du Travail est célébrée le 1er lundi de septembre (les puissants syndicats nord-américains comme l’AFL-CIO n’ont pas voulu s’aligner sur les syndicats européens d’obédience marxiste).

Quelques syndicats québécois manifestent néanmoins le 1er mai en solidarité avec leurs homologues européens.

« Labor Day »

Aux États-Unis, le « Labor Day » (ou Jour du Travail) ne doit rien à la fameuse journée de 1886. Il tire ses origines d’une grève des cheminots qui, en 1894, avaient voulu soutenir les ouvriers de l’entreprise Pullman, eux-mêmes en grève contre leur employeur.

Le président américain Grover Cleveland n’avait pas hésité à envoyer 12.000 soldats contre les grévistes et deux hommes furent tués au cours des affrontements, à Kensington, près de Chicago. La grève fut déclarée terminée le 3 août 1894, les ouvriers de Pullman prenant même l’engagement de ne plus se syndiquer.

Les citoyens américains s’étant indignés des méthodes brutales du président Cleveland, les élus de la Chambre des représentants, à Washington, votèrent la proposition d’un jour chômé pour honorer les travailleurs. Le président lui-même signa le projet de loi six jours à peine après l’intervention de l’armée, dans l’espoir de se faire réélire la même année… mais il n’en fut pas moins battu (Avec la contribution de James Day).

Publié ou mis à jour le : 2022-04-29 12:58:11

b) La Fête du travail, largement célébrée dans le monde

Par AFP – Paris

Apparue en 1886 à Chicago (États-Unis), la Fête du travail a été adoptée par de nombreux pays, où elle est généralement célébrée le 1er mai. Tour du monde des différentes manières de fêter le travail et les travailleur

– Les origines –

En 1886, les syndicats américains lancent un appel à la grève le 1er mai – jour de renouvellement des contrats de travail – pour réclamer les huit heures de travail quotidien. Plus de 300.000 ouvriers quittent leurs usines à travers le pays.

Le 3 mai, des incidents éclatent à Chicago, un des centres de la contestation, où plusieurs grévistes sont tués par la police. Le lendemain, une bombe éclate parmi les policiers à la fin d’un meeting anarchiste. La police réplique en tirant sur la foule. Sept policiers et plusieurs manifestants trouvent la mort.

Huit anarchistes sont condamnés pour l’attentat, dont quatre pendus. Ils seront réhabilités par la justice en 1893.

En 1889, le congrès constitutif de la Deuxième Internationale décide d’organiser à date fixe, à partir du 1er mai 1890, une manifestation internationale des travailleurs pour demander la journée de huit heures et honorer les morts de Chicago.

– Des dates variables –

Le 1er mai est férié dans au moins 107 pays du monde, ce qui représente au moins 67% de la population mondiale.

Les Pays-Bas, Israël et les pays de la péninsule arabique font partie des rares Etats qui ne célèbrent pas le travail et les travailleurs.

Le Sri Lanka fête cette journée le 7 mai et le Royaume-Uni le premier lundi de mai (le 7 en 2018), la Nouvelle-Zélande le quatrième lundi d’octobre. Les États-Unis, comme le Canada, y consacrent le premier lundi de septembre.

Le Japon, l’Afghanistan, l’Irn et certains États indiens, s’ils célèbrent la Fête du travail le 1er mai – dans une version très réglementée en Iran -, sont parmi les rares à ne pas profiter d’une journée chômée.

En Lituanie, son statut est débattu et ce jour chômé pourrait être remis en cause.

– Fêtes et manifestations –

Dans la plupart des pays, se déroulent des manifestations organisées par les syndicats et les partis politiques et des rassemblements festifs.

En Finlande, c’est une journée de fêtes étudiantes et de pique-niques familiaux, dans une atmosphère de carnaval. En Italie, un grand concert se tient à Rome chaque année.

En France, le premier mai est l’occasion d’acheter un brin de muguet. En Autriche, on célèbre l’arbre de mai.

Mais la symbolique la plus partagée lors de la fête des travailleurs est celle liée au communisme, notamment la faucille et le marteau et plus généralement la couleur rouge. On la retrouve au Bangladesh, au Pakistan, dans plusieurs pays des Balkans, en Macédoine, ou encore au Honduras.

– Répression –

En Birmanie, en Libye et en Syrie aucune manifestation publique n’est organisée.

En Turquie, en Indonésie et au Pakistan, si cette journée est célébrée et fériée, les manifestations n’en sont pas moins réprimées par le gouvernement. A Istanbul, une manifestation sur la place Taksim se tient chaque année, bien qu’il soit interdit de s’y rassembler depuis 2013.

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Source: Cerclelibertairejb33.wordpress.com