Ces 12 et 13 février, les parlementaires européens sont amenés à voter sur des accords de commerce et d’investissement entre l’UE et Singapour. Paradis fiscal notoire, régime autoritaire, Singapour est la porte d’entrée pour les multinationales européennes vers l’Asie : plus de 10 000 entreprises européennes y sont installées, profitant de la deuxième infrastructure portuaire mondiale, de règles fiscales avantageuses et d’une main d’œuvre éduquée et disciplinée.

Absent des listes noires européenne et française de paradis fiscaux, Singapour est pourtant cinquième de l’index qui classe les États selon leur opacité financière et leur niveau de coopération avec des autorités administratives ou judiciaires étrangères [1]. Par ailleurs, Singapour, où les droits d’expression et de manifestation ne sont pas respectés, n’a pas ratifié les conventions 87 et 111 de l’OIT sur la liberté d’association et sur les discriminations. Enfin, Singapour a été l’un des opposants les plus déterminés à ce que les émissions de gaz à effet de serre du transport maritime soient limitées par l’Accord de Paris.

Cela n’a pourtant pas empêché les États-membres et la Commission européenne de négocier, en toute opacité, des accords visant à libéraliser le commerce et les investissements pour faciliter, un peu plus encore, l’accès des entreprises européennes à la principale plaque tournante commerciale et financière entre la zone Pacifique et l’Europe. L’objectif est clair : accroître un peu plus les flux commerciaux et financiers entre les pays asiatiques et les pays européens, sans aucune prise en compte de l’impact sur le climat, l’environnement, l’emploi et la situation sociale de chacun des pays. L’engagement d’Emmanuel Macron à ne plus signer d’accords commerciaux qui ne soient pas compatibles avec l’urgence climatique est à nouveau foulé aux pieds.

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Source: http://solidaires.org/Accords-UE-Singapour-Le-Parlement-europeen-va-t-il-ratifier-des-accords-de -