Juin 22, 2020
Par Collectif Emma Goldman
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Aux États-unis, l’idĂ©e de mettre fin au financement des services de police (« defund the police Â») et de les abolir a gagnĂ© beaucoup de popularitĂ© avec la rĂ©volte contre les crimes racistes commis par ceux-ci. Ces rĂ©flexions mĂ©ritent leur place ici Ă©galement. Oui, ici Ă©galement les abus de la police ont menĂ© Ă  la mort de dizaines de personnes au cours des derniĂšres annĂ©es. Le profilage racial demeure une constante et nous gardons en mĂ©moire la disparition sans vĂ©ritable enquĂȘte policiĂšre de ces milliers de femmes Autochtones au Canada. Comme Ă  leurs fondations, les corps de police de ce pays demeurent liĂ©s Ă  des fonctions de rĂ©pression des groupes de la population qui se mobilisent et s’insurgent contre l’État colonial et le Capital. Comment rĂ©duire ses agents qui commettent des bavures Ă  des « pommes pourries Â» (normal qu’il y en aura toujours quelques-unes par sac nous dit-on ironiquement) alors que les corps de police sont conditionnĂ©s Ă  maintenir un ordre inĂ©galitaire en usant de la force. La GRC, qui a Ă©tĂ© formĂ©e dans le contexte des rĂ©bellions Autochtones et MĂ©tis dans les Prairies afin de mater celles-ci, parle aujourd’hui de « rĂ©conciliation Â»â€Š et pourtant les nouvelles de personnes Autochtones assassinĂ©es par ses agents continuent de nous parvenir. Chose certaine, la police a dans ce systĂšme pour fonction sociale de maintenir les rapports de domination en place. On n’avance pas, on a mĂȘme l’impression de rĂ©gresser! Nous l’avons bien vu lors de la lutte des Wet’suwet’en oĂč l’État braquait sans gĂȘne ses fusils sur la tĂȘte de manifestants et manifestantes cherchant Ă  dĂ©fendre leur territoire et faire valoir leurs droits ancestraux. Avec des abus similaires de l’autre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre, les manifestants et manifestantes des États-unis ont pour beaucoup compris qu’il ne suffirait pas de mettre des camĂ©ras sur les policiers pour que la situation change. De part et d’autre de cette frontiĂšre, nous pouvons dĂ©jĂ  observer le comportement de policiers qui masquent leur numĂ©ro d’identification lors des violences policiĂšres et la dĂ©ontologie policiĂšre est de leur cĂŽtĂ©. Les camĂ©ras, c’est le jujube des prises de parole des politiciens.

L’idĂ©e d’abolir la police n’est pas soulevĂ©e sans alternative au modĂšle actuel. Il est question de mettre fin au financement des services de police pour Ă  la place soutenir les services publics comme les Ă©coles, les groupes communautaires, le filet social et mettre en place un modĂšle alternatif assurĂ© par la communautĂ© pour protĂ©ger et servir la communautĂ©. Pour et par elle. L’idĂ©e n’est pas si nouvelle qu’il n’en paraĂźt. Il y a plus d’un siĂšcle, Victor Hugo Ă©crivait dĂ©jĂ  : « ouvrir une Ă©cole, c’est fermer une prison Â». À l’heure oĂč les budgets de la police augmentent pratiquement au mĂȘme rythme que les coupures dans le filet social, nous condamnons les plus dĂ©favorisĂ©-e-s Ă  ĂȘtre entassĂ©-e-s dans les prisons alors que les plus riches bĂ©nĂ©ficient de traitements de faveur, disons-le honnĂȘtement, de la part des tribunaux. Ces peines ne changent en rien les individus accusĂ©-e-s et incarcĂ©rĂ©-e-s et ne changent en rien les conditions sociales Ă  la racine des problĂšmes sociaux. Abolir la police pour Ă  la place accorder un financement plus viable aux organismes communautaires et aux services publics notamment ne transformera certes pas radicalement les conditions de vie des personnes les plus prĂ©caires et marginalisĂ©es. Par contre, je crois que ce serait un pas dans la bonne direction avec la diminution des abus, plus de ressources pour le communautaire et la prise en charge par les communautĂ©s de leur propre protection.

Une chose est certaine, il faut que ça change! Qu’en pensez-vous?

Gaston Valin




Source: Ucl-saguenay.blogspot.com