On pensait que ce serait possible d’imaginer un lieu ou on pourrait accueillir nos sistas en toute sécurité. Et bien, c’est compliqué.

Ça nous prend méchamment la tête depuis un moment. Là on prend un temps pour remercier les autrices du texte publié sur mars-info.org le 4 mars 2019.

« De la responsabilité collective face au sexisme ordinaire »

C’était violent et nécessaire, on espère que ça fera date.

On vous invite à le lire si ce n’est pas encore fait.

On pensait que ce serait possible, comme on s’imagine mal une copine se prendre une sale main au cul chez soi, pendant une petite soirée posée entre potes, on se dit que si jamais par erreur un gros lourd a réussi à s’infiltrer, la vieille silencieuse du groupe opérera.

Et puis si ça venait à arriver, justice serait faite immédiatement, avec une violence équivalente à la main au cul. L’affaire ferait date et le connard en question ne remettra plus jamais les pieds dans notre quartier.

On pensait qu’en habitant le lieu on ferrait fuir les propos et les actes sexistes, les modèles de domination et d’oppression. On a mis des coups de pied dedans, et c’est revenu à chaque fois.

Il faudrait être partout, tout le temps, au bar, à l’entrée, dans les chiottes, devant la Dar, dans la foule et même sur scène. Et il y a un an on a fait le pari de la gestion collective, plus de salariat et un lieu autonome. On ne cherche pas d’excuses, on pose le cadre pour être efficace.

Plus qu’un lieu « Safe » pour chacune, nous voulons que la Dar soit un espace dangereux pour les agresseurs et les oppresseurs.

Au passage à celles et ceux qui nous disent « mais ouais mais c’est du rap, c’est pas pareil, culture du viol, homophobie, ça fait partie du rapgame ! »

On répond que ces modèles d’oppression sont systémiques, et que le Rap a bon dos.

Quand Sardou chante « J’ai envie de violer des femmes » on dit pas que toute la « chanson française » est à gerber.

Par contre, facile d’aller taper sur ce que représente aussi le Rap ; violence de classe, de race et de genre. Le problème ce n’est pas le Rap. Le problème c’est qu’on se débat dans une société globalement sexiste, raciste et homophobe. J’en passe.

Il se trouve que oui, les soirées rap sont bien souvent accaparées par le sexisme et le virilisme, alors on va apprendre ensemble à renverser la tendance.

A la Dar on kiffe le Rap et on compte bien sur lui pour faire bouger les choses. Il nous a déjà sauvé la vie à plusieurs reprises. La lutte continue.

On a envie d’aménager des temps entre meufs (et pas seulement) pour se former, s’informer et penser l’oppression sexiste, raciste et classiste, pour agir ensemble sur les différents lieux qu’on fréquentent quotidiennement. Mais ce chantier ne se fera pas sans un travail des hommes sur le masculinisme.

On appelle toutes celles et ceux qui se sentent concernés par le problème à venir mettre un coup de main, de pied ou de gueule. On est là.

Des meufs de la Dar.

Contact : [email protected]