A Toulouse pour les MIE, la moulinette de l’injustice ne s’arrête pas !

Si la COVID-19 a mis la justice en pause, le DDAEOMIE et le Conseil Départemental, eux, ne connaissent pas la crise !

Durant le confinement, les deux compères ont continué leur sale boulot : mettre le plus possible de jeunes mineur·e·s isolé·e·s à la porte, en les déclarant majeur·e·s. Etat d’urgence sanitaire et élections obligent, les jeunes sont logés à l’hôtel jusqu’au 10 juillet. Logés, mais pas nourris ni accompagnés : on craint la COVID mais pas la misère !

De manière générale, la crise que nous traversons ne remet rien en cause du traitement par la France et le CD 31 des Mineur·e·s Isolé·e·s Etranger·e·s. Aujourd’hui encore, une logique institutionnelle de tri, raciste, est mise en place pour les reconnaitre majeur·e·s et les sortir du système d’aide à l’enfance. En attendant le résultat des recours en justice auxquels ils ont droit, ces jeunes sont abandonnés à leur sort. Rien n’est fait pour les protéger ni pour les accueillir le temps du jugement.

La crise de la COVID-19 a aggravé leur situation puisque la justice était à l’arrêt et que les temps d’attente pour les jugements sont d’autant plus longs, les rapprochant toujours plus de la date fatidique de leurs 18 ans. L’Etat compte sur les associations, la solidarité des gens, ou le découragement des jeunes en question pour se déresponsabiliser. Qu’il sache une chose cependant : nous ne lâcherons rien dans cette bataille pour faire reconnaitre nos droits !

A Toulouse, grâce à des années de lutte, la Mairie s’est trouvée contrainte de loger 80 jeunes en recours, pas 1 de plus, faudrait pas trop agacer le CD 31. En bref, le Conseil Départemental / DDAEOMIE met les jeunes à la rue en les déclarant majeurs. Puis, ils transmettent une liste à la Mairie qui les récupère en attendant que leurs recours aboutissent favorablement, pour ensuite les renvoyer au CD 31 via l’aide sociale à l‘enfance : un bel exemple de collaboration ! Pourquoi ne pas prendre tous ces jeunes en charge ? Pourquoi ne pas prendre en charge ces jeunes immédiatement, au lieu de leur faire perdre du temps ? Car en attendant, ni école, ni projet, ni vie normale pour eux… Des mois de vie mis entre parenthèse, et pour quoi ? Pour permettre au CD 31 quelques économies. Est-ce qu’on ne marche pas sur la tête ?

Et que dire de la justice et de son fonctionnement raciste, aux ordres d’un Etat qui n’a toujours pas rompu avec sa logique néocoloniale : multiplication des demandes de tests osseux (après le poignet, la clavicule, quoi d’autre encore ?) et discrimination selon les pays d’origine.

Nous exigeons : – Une prise en charge complète comme l’impose la convention internationale des droits de l’enfant, – L’abandon de toutes les mesures discriminatoires – qu’elles soient judiciaires, sanitaires, sociales ou administratives – La fermeture du DDAEOMIE et sa logique de tri raciste – La scolarisation de tous les MIE

Un jeune est un jeune, quelle que soit sa nationalité.

AutonoMIE. https://www.facebook.com/autonomie31


Article publié le 09 Juil 2020 sur Iaata.info