Janvier 1, 2020
Par Paris Luttes
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Voici une lettre ouverte, coécrite et cosignée par de très nombreux étudiant-e-s et enseignant-e-s. Elle a été envoyée il y a quelques jours au CROUS de Créteil. Si nous ne sommes pas dupes de la force d’une telle entreprise, cela est à prendre comme coup de semonce. Avis aux tutelles, voici un courrier, agissez ; sinon, tout autre action ne pourra qu’en être légitimée. Contrairement aux souhaits des autorités universitaires et ministérielles, à l’UPEM, les braises couvent.

Monsieur le Directeur,

Nous, étudiantes et étudiants de l’Université Paris-Est-Marne-la-Vallée, vous écrivons aujourd’hui dans l’urgence. La situation matérielle de nombre d’entre nous est, comme vous ne le savez que trop bien, extrêmement précaire. Nous nous sommes engagés dans des études exigeantes, volontaires et motivé-e-s. Nous comptions, et comptons toujours, pour cela sur les bourses que la loi nous octroie. Nombre d’entre nous n’ont toujours pas reçu les sommes mensuelles qui leur sont dues ; d’autres, au seuil de l’éligibilité ou écarté-e-s des bourses pour diverses raisons mais bel et bien nécessiteux-se vivent dans une situation intenable.

Par conséquent, il nous est impossible de faire le moindre achat de matériel (ouvrages, ordinateur, etc.), la moindre sortie en lien direct ou non avec nos études (musées, films, etc.). Les plus simples nécessités du quotidien ne sont même pas assurées pour une grande partie d’entre nous : il est par exemple impossible de se concentrer sur quoi que ce soit lorsque nous avons sauté un repas, voire davantage.

Il n’a pas été rare que, lors de nos nombreuses venues dans vos locaux, nous nous voyions obtenir des réponses tout à fait dilatoires ; cela ne peut plus durer.

Nous, professeures et professeurs de l’Université Paris-Est-Marne-la-Vallée, considérons cette situation comme parfaitement inadmissible. La rentrée a débuté il y a plus de deux mois ; les études universitaires sont d’une exigence que vous semblez minimiser. Il est impossible de les mener à bien en ayant les soucis matériels qui sont ceux de nos étudiant-e-s.

Nous n’ignorons pas que vous avez de votre côté un très grand nombre de dossiers à traiter : cela semble bien souvent servir d’argument au report des versements dus. Vous dites vouloir accélérer le traitement de dossiers « déposés tardivement » : l’engagement lui-même n’est pas assez ferme de votre part. Pour gagner à la fois en sérénité et, plus prosaïquement, se procurer le nécessaire en vue des examens de janvier, il faut un paiement immédiat des sommes dues, qu’il s’agisse de versements d’urgence exceptionnels avant que ne soient octroyées les bourses ou des bourses elles-mêmes.

Nul besoin de vous rappeler ce qu’il s’est passé à Lyon le 8 novembre dernier. Si cet événement est le fruit d’une situation évidemment complexe, il est un cri d’alarme qui doit être immédiatement entendu de votre part ; des effets concrets doivent suivre.

Ainsi nous demandons-vous collectivement le versement rapide, d’ici à la semaine du 13 janvier, des bourses de tou-te-s les étudiant-e-s de l’Université Paris-Est-Marne-la-Vallée dont les dossiers seraient en attente. Si nécessaire, nous comprendrions tout à fait que vous ne puissiez verser qu’une somme exceptionnelle avant de verser les bourses en janvier ; par contre, les délais ne peuvent être repoussés.

Enfin, nous vous invitons à demander, par le cheminement administratif habituel et publiquement, aux diverses autorités concernées (notamment la ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation et le ministre chargé de la Ville et du Logement) la réquisition de logements vides pour pallier le manque criant de logements CROUS.

Pour une circulation plus aisée de l’information, nous envoyons une copie de cette lettre à divers services, dont vous trouverez la liste ci-dessous.

Dans l’attente d’une réponse extrêmement rapide de votre part, à ce courrier comme à nos demandes, etc.




Source: Paris-luttes.info