Le TAV est un projet de Train à Grande Vitesse reliant la France à l’Italie par le Val de Susa. Ce projet, jugé polluant, énergivore, et dévastateur pour le territoire, suscite une mobilisation active des habitant.es du Val de Susa. Grace à cette mobilisation, les travaux du TAV sont ralentis, sabotés et arrêtés depuis plus de 15 ans.

Une reprise de la lutte immédiate face à la reprise d’un chantier scandaleux

Dès la fin du confinement, la société en charge des travaux du Lyon-Turin (TELT & soci) a repris le chantier. Paniqués par le rejet par la Cour des comptes européenne du doublement de Turin-Lyon, ils ont tenté maladroitement de reprendre le travail en toute hâte. Des bulldozers ont commencé à essayer de percer les berges du torrent Clarea pour y poser une passerelle et y mettre des barbelés pour défendre le chantier. Pour permettre la reprise du chantier, les autorités italiennes ont mobilisé des centaines de policiers et de carabinier. Un chantier défendu à un prix exorbitant, à un moment où les autorités feraient pourtant mieux d’investir le capital dans d’autres priorités (des lits d’hôpitaux et des respirateurs à tout hasard). Sans surprises, l’Etat préfère soutenir et investir dans un projet de ligne à grande vitesse, dont les travaux sur 500 mètres coûtent le même prix que la construction d’un hôpital de 1 200 lits.

Forts de leur expérience de résistance les No-Tav se sont immédiatement mobilisés en constatant la reprise des travaux. Certains petits groupes se sont enchaînés aux portes et d’autres ont grimpé aux arbres en profitant de la connaissance du territoire accumulée au cours de ces années de présence active et de reconnaissance. Pendant ce temps, la police bloquait l’accès du côté de Giaglione aux partisans et aux journalistes, essayant d’isoler les notavs barricadés.



Un été de mobilisation

Malgré une forte réponse répressive du ministère de l’intérieur, qui militarisé la zone en quelques jours, les No-Tav ont mis en place un campement de lutte dans le Val Clarea, afin de servir de lieu de rencontre et de support à la mobilisation qui reprend. Depuis fin juin, de nombreuses rencontres, discussions, manifestations sont proposées dans le cadre de ce camping permanent.

Ce week-end, trois jours de lutte étaient appelés à l’initiative du Comité de lutte populaire de Bussoleno. Cette mobilisation sera suivie les 20-21-22 juillet par un camping d’écologie politique, puis les 24-25-26 juillet par la manifestation “critical wine”. Les 29-30 et 31 juillet, le presidio accueillera de nouveau un camping de lutte Giovani No Tav. Il y a fort à prévoir que le mois d’août soit suivi de semblables manifestations !

Un camping sous haute surveillance.

Depuis la reprise des activités du chantier, les actions de sabotage ont également repris, suscitant entraînant leur lot de répression disproportionnée. Dans la nuit du 19 au 20 juillet, les Digos de Turin ont ainsi effectué une perquisition du nouveau presidio où ce week-end trois jours de manifestation No Tav ont été organisés. Suite à cette intervention, 5 militants Turinois soupçonnés d’avoir mis le feu à l’une des portes placées pour protéger la zone du chantier, ont été arrêtés. De nombreux appels à soutien et à mobilisation ont d’ors et déjà été lancé par les No-Tav depuis le presidio.

Soyons nombreu.euses à soutenir la lutte No-Tav et les victimes de la répression. Rendez-vous cet été en Val de Susa ! Sara Dura !


Article publié le 20 Juil 2020 sur Mars-infos.org