Décembre 24, 2021
Par Mondialisme.org
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Ce compte rendu est le deuxième de la série inaugurée par une critique de Réflexions sur la question juive de Jean-Paul Sartre (cf. http://npnf.eu/spip.php?article879). Il n’aborde pas le contenu du principal texte de Peuple juif ou problème juif ? (« Israël, fait colonial », qui occupe presque un tiers du livre), dans la mesure où cette série d’articles ne concerne pas la critique du nationalisme juif (du sionisme), des gouvernements israéliens et du colonialisme israélien, critique menée de façon particulièrement incisive, subtile et approfondie par Maxime Rodinson dans ce recueil, et dont devraient s’inspirer beaucoup d’antisionistes en ce XXIe siècle.

Mon propos est autre : il s’agit de montrer à quel point les intellectuels et les militants de gauche et d’extrême gauche francophones (y compris Maxime Rodinson) ont toujours eu du mal à comprendre l’antisémitisme et la prétendue « question juive », contrairement à d’autres pays où certains militants ont réussi à dépasser le discours marxiste simpliste sur l’antisémitisme et à nous fournir des armes théoriques pour combattre ce fléau.

La revue Ni patrie ni frontières et les sites mondialisme.org et npnf.eu ont déjà publié plusieurs traductions pour illustrer ce fossé théorique et politique entre la France et d’autres pays, en faisant connaître les contributions de Marcel Stoetzler, Stephan Grigat, Werner Bonefeld, Keith Kahn-Harris, Spencer Sunshine, Thomas Haury, Steve Cohen, Olaf Kistenmacher, David Hirsh, Camilla Bassi, Andreas Peham, Eric Krebbers, Martin Thomas et Francesco Germinario. En attendant la publication d’autres traductions…
On peut être totalement d’accord avec les « antisionistes » quand ils dénoncent les crimes de guerre d’Israë, l’exploitation et les discriminations que subissent les Palestiniens et les Arabes israéliens ; on peut soutenir le droit des Palestiniens à disposer de leur propre Etat, souhaiter un Etat binational, une Fédération socialiste du Moyen-Orient ou même l’abolition de tous les Etats. Mais on doit également condamner la cécité volontaire des antisionistes face à l’antisémitisme, antisémitisme particulièrement meurtrier en France depuis l’assassinat d’Ilan Halimi en France, et leur cécité face aux virus antisémites qui abondent dans les discours dits « anti-impérialistes ».

Cet article vise donc à souligner les nombreuses ambiguïtés de Maxime Rodinson sur ce qu’il appelle le « problème juif », ambiguïtés que l’on retrouve chez nombre de militants ou sympathisants de gauche ou d’extrême gauche aujourd’hui.




Source: Mondialisme.org