Depuis la semaine dernière, nous sommes plusieurs de la Brigade de Solidarité Populaire (BSP) d’Aubervilliers-Pantin à se relayer autour de la porte d’Aubervilliers en soutien aux migrant·es à la rue. En voici un récit subjectif.

18h, rendez-vous comme chaque soir pour plusieurs dizaines de migrant·es, familles, mineurs isolés, hommes seuls, à Rosa Parks où les membres d’Utopia 56 tentent de gérer l’hébergement solidaire et fournir quelques repas.

Ça fait 2 jours que les flics encerclent les campements qui se mettent en place sous le pont de Stains à Aubervilliers, pour empêcher les gens de s’installer et faire des contrôles d’identité. Jeudi 4 personnes ont été embarquées…

Ce soir, vendredi, je rejoins une camarade vers 20h30. Je passe par le pont de Stains, où tout est calme, quelques tentes et pas de flics. Puis je vais à Rosa Parks. Là, plusieurs familles et quelques jeunes sont encore en galère d’un endroit où dormir. On discute quelques instants avec elleux, on distribue les quelques fringues qu’on a avec nous.

On apprend au bout de 15-20 minutes que les flics ont refait le même coup que la veille. Impossibilité pour toute personne qui ressemble de près ou de loin à un·e migrant·e d’entrer dans le groupement de tentes… pareil pour ce qui peut ressembler à du soutien. Par contre, cyclistes et promeneur·euses, peuvent elleux continuer leur route tranquillement sur le bord du canal.

En arrivant sur place, certaines familles arrivées juste après les flics n’ont pas pu s’installer et faisaient déjà demi-tour, mais pour aller où ? On leur suggère le pont du Landy un peu plus loin sur le canal, mais iels iront finalement dans une autre direction.

Plus tard, Utopia décide d’embarquer les personnes encore à Rosa Parks jusqu’au pont du Landy. On les y retrouve pour les aider à s’installer. Les flics ne seront pas venus jusque là. Pendant toute la durée de l’installation, on sent la tension des un·es et des autres, on ne sait pas s’il y a assez de tentes pour tou·tes. À 23h, chacun·e a un petit toit sur la tête.

Retour au pont de Stains, les keufs sont partis. On discute avec une personne qui prend l’air : deux jeunes hommes ont été embarqués pour un vague problème de papiers… on n’en saura pas plus. D’autres personnes arrivent encore, un carton ou une couverture sous le bras, d’autres sont déjà installé·es un peu plus loin, pour beaucoup sans tente ni couverture.

On rentre chez nous, la rage au cœur !

Et parce que concrètement, on a besoin des forces de toutes les personnes qui voudraient filer un coup de main. On vous invite à vous organiser de votre côté pour être présent·es chaque soir sur place ou à nous contacter pour nous rejoindre : [email protected]


Article publié le 29 Sep 2020 sur Paris-luttes.info