Avril 22, 2021
Par Demain Le Grand Soir
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Ils dénoncent ainsi les conditions de travail des ouvriers. Les esclaves choisis pour construire les huit stades sensés accueillir la compétition.

Six mille cinq cent ouvriers seraient morts depuis 2010, selon une enquĂȘte du journal anglais The Guardian. Ces donnĂ©es sont rĂ©coltĂ©es auprĂšs des pays d’oĂč sont originaires ces travailleurs :L’Inde, le Pakistan, le NĂ©pal, le Bangladesh et le Sri Lanka.

« Les rĂ©sultats compilĂ©s Ă  partir de sources gouvernementales, indiquent qu’en moyenne 12 travailleurs migrants de ces cinq nations d’Asie du Sud sont morts chaque semaine Â», relate Le Guardian.

 Et encore, les ressortissants des Philippines et du Kenya sont ignorĂ©s. Ce chiffre de 6500 morts pourrait ĂȘtre revu Ă  la hausse.

 L’Etat Qatari dĂ©compte 37 morts de migrants sur les chantiers.

37 de trop pour une compétition au retentissement international et suivie à la télévision par prÚs de 3,5 milliards de personnes, tous les quatre ans.

Entre 69 et 80% de ces morts sont attribuées à des causes naturelles. Facile sans les conditions climatiques non prise en compte par le gouvernement. Les ouvriers travaillent sous des chaleurs étouffantes.

Le Guardian rĂ©vĂšle aussi que les points d’eau sont manquants.

 Depuis l’attribution de la coupe du monde au Qatar, ça y va. Les constructions lancĂ©es au nom du football sont pharaoniques.

En plus des stades, le Quatar construit un aéroport, des routes et des hÎtels.

En rĂ©ponse, un porte-parole de la Fifa a affirmĂ© au quotidien britannique qu’ « avec les mesures trĂšs strictes de santĂ© et de sĂ©curitĂ© sur les sites [
]la frĂ©quence des accidents sur les chantiers de la Coupe du monde de la Fifa a Ă©tĂ© trĂšs faible par rapport Ă  d’autres grands projets de construction dans le monde Â». Pourtant de nombreuses organisations non gouvernementales dĂ©noncent des soupçons de corruption.

 Mais ce n’est pas la premiĂšre fois qu’une coupe du monde de football crĂ©e la polĂ©mique. En 1978, l’Argentine accueille la grande fĂȘte du ballon rond. A la tĂȘte du pays, un dictateur, Jorge Videla. Il avait pris le pouvoir aprĂšs un coup d’état militaire 2 ans plus tĂŽt.

 Amnesty International estime Ă  6000 le nombre d’exĂ©cutions rĂ©alisĂ©es par le rĂ©gime et Ă  15 000 le nombre de disparus. Pourtant la compĂ©tition a lieu, le vainqueur sera d’ailleurs la nation hĂŽte. Les hollandais, finalistes malheureux protesteront Ă  leur maniĂšre pour dĂ©noncer la dictature. Ils boycottent les cĂ©rĂ©monies d’aprĂšs match.

 Les enjeux Ă©conomiques paraissent trop importants, tant pour les nations qualifiĂ©es que pour la Fifa pour annuler la coupe du monde.

A quel prix ? Les droits de l’homme pĂšsent peu face au business.

 DĂšs l’ouverture de la compĂ©tition, les fans de football seront devant leurs Ă©crans. Ils oublieront vite les conditions dans lesquelles elle a Ă©tĂ© organisĂ©e.

MĂ©lanie T – DLGS




Source: Demainlegrandsoir.org