DĂ©cembre 8, 2021
Par Le Poing
185 visites


Le lieu anticapitaliste a trouvĂ© des locaux beaucoup mieux adaptĂ©s Ă  ses activitĂ©s. Sa relance est aussi l’occasion, pour Le Poing, de s’intĂ©resser Ă  La GrĂšve, un espace cousin, ouvert Ă  Frontignan.

Huit ans dĂ©jĂ  ! C’est en 2014 que Le Barricade ouvrait ses portes, dans un petit local de la rue Aristide Ollivier, quartier de la gare Ă  Montpellier. Pour lui comme pour d’autres, pour tous, les deux derniĂšres annĂ©es ont Ă©tĂ© celles du Covid, ses confinements, ses flottements, Ă©galement militants, aprĂšs le formidable embrasement nĂ© des gilets jaunes. Mais on ne perdait rien pour suspendre. Ce samedi 11 dĂ©cembre, le Barricade rouvre. A une nouvelle adresse, toujours centrale, quartier Rondelet. Et en grand. Une superficie dĂ©multipliĂ©e offre des espaces mieux rĂ©partis, adaptĂ©s Ă  une diversitĂ© d’activitĂ©s.

Les objectifs du Barricade sont trĂšs clairs depuis le dĂ©but, portĂ©s par un noyau actif d’une dizaine, d’une vingtaine de bonnes volontĂ©s qui se relaient et se renouvellent : le lieu, non partidaire, est ouvert Ă  toustes celleux qui veulent faire vivre des idĂ©es et des actions rĂ©volutionnaires et anticapitalistes.

Pour certain·es, il est un simple lieu de convivialitĂ©. On en pousse la porte aprĂšs s’ĂȘtre acquittĂ© d’une adhĂ©sion pour une somme modique. On n’a pas Ă  y prĂ©senter un CV militant authentifiĂ©. On peut y croiser des personnes auxquelles bien des lieux publics mais de gestion privĂ©e fermeraient leurs portes. On y trouve buvette aux tarifs les plus sympas, et occasions de discussion sans fin. Quant Ă  la plus grande histoire, l’un des adhĂ©rents du lieu rappelle : « C’est ici que s’est tenue la toute premiĂšre assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du mouvement contre la Loi travail sur Montpellier. Ça avait fait salle comble Â».

Certaines rĂ©unions de Gilets jaunes, ou la trĂšs rĂ©guliĂšre AssemblĂ©e montpelliĂ©raine contre les violences d’État s’y sont trouvĂ©es chez elles. Mais aussi quantitĂ© de confĂ©rences, prĂ©sentations d’ouvrage, accueil de partants pour le Rojava, un cinĂ©-club, un cafĂ© philo y ont fonctionnĂ©, entre autres. « Naturellement plus discrĂšte, mais absolument essentielle Â» estime toujours Camille, a Ă©tĂ© l’activitĂ© des cours de français langue Ă©trangĂšre dispensĂ©s aux migrants – gros succĂšs. Sans oublier des pratiques partagĂ©es de couture, rĂ©paration de petits Ă©quipements, soutien solidaire dans les dĂ©mĂȘlĂ©es administratives.

Il n’y a aucune raison que cette liste s’écourte. Ce samedi en dĂ©but de soirĂ©e au 5 rue Bonnie, avant d’en passer aux nourritures matĂ©rielles (20 heures), et Ă©lans festifs (21 heures), une nouvelle prĂ©sentation du lieu fera place Ă  toute nouvelle proposition d’activitĂ© qui se prĂ©senterait et serait Ă  discuter.

Faut-il mettre le Barricade montpelliĂ©rain sur le mĂȘme plan que La GrĂšve Ă  Frontignan ? Cet autre espace a ouvert lĂ -bas l’étĂ© dernier, au 19 bis boulevard Victor Hugo. On capte un cousinage entre les deux, comme lieux de sociabilitĂ© et de partages d’idĂ©es et de pratiques Ă  l’abri de la relation commerciale, et dans un engagement anticapitaliste. Les deux endroits restent nĂ©anmoins diffĂ©rents. Au lieu des trois soirĂ©es hebdomadaires du Barricade, La GrĂšve n’ouvre qu’un seul crĂ©neau de pure convivialitĂ©, les jeudis en dĂ©but de soirĂ©e. Tout ce qui se dĂ©roule par ailleurs relĂšve d’une adhĂ©sion Ă  un projet plus poussĂ© de “coopĂ©rative intĂ©grale”. A Frontignan se retrouve celle du Bassin de Thau, oĂč elle se traduit tout autant sur un terrain partagĂ© Ă  Poussan, ou sur un Ă©tal de marchĂ© Ă  prix concertĂ©s entre agriculteurs.

Le projet est intĂ©gral, structurĂ©, il existe dans bien d’autres rĂ©gions et pays. Les “coopĂ©ratives intĂ©grales” entendent articuler un engagement anticapitaliste tout Ă  fait actif d’une part (avec les Gilets jaunes, contre la loi SĂ©curitĂ©, ou en Ă©laborant un texte trĂšs fouillĂ© sur la question du pass), et d’autre part des pratiques concrĂštes d’alternative anticapitaliste. Prendre part Ă  cette GrĂšve, c’est se reconnaĂźtre dans une charte de principes trĂšs Ă©laborĂ©s, c’est assister tous les mois Ă  une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ouverte. C’est aussi s’activer dans l’un des divers groupes de travail qui rĂ©inventent le rapport entre parents et enfants, ou bien abordent le corps sous le jour des critiques fĂ©ministes, sinon l’autonomie des dĂ©marches de soins alternatives au systĂšme mĂ©dical dominant, etc. « Pour nous rĂ©armer face au capital, nous devons aussi forger des modes de vie qui tendent Ă  lui Ă©chapper Â», est-il expliquĂ©.




Source: Lepoing.net