Le mouvement étudiant, en hibernation depuis la lutte contre la loi ORE en 2018 aurait-il repris du poil de la bête ? Il faut croire que oui ! Ce matin, jeudi 6 février, la faculté Paul Valéry a été bloquée par des étudiants en lutte contre la réforme des retraites, la précarité étudiante et la casse du service public et de l’université. A 10h, ils sont partis en cortège pour rejoindre la manifestation intersyndicale place de Zeus, et ont apporté une énergie nouvelle et salutaire à ces promenades hebdomadaires qui se suivent et se ressemblent beaucoup trop.

Jeunesse en lutte, jeunesse réprimée

Lors de la dernière assemblée générale à Paul Valéry mardi, un postier en lutte a fait une intervention pour appeler la jeunesse et le milieu étudiant à venir redynamiser un mouvement de grève qui tend à s’essouffler. Visiblement, le message est passé, et ce matin, c’est environ 250 étudiants et lycéens, accompagnés de quelques gilets jaunes qui, n’en déplaise à la CGT, ont pris la tête d’une manifestation de 3500 personnes environ. L’énergie véhiculée par la batucada et le dynamisme du cortège ont mis vingt mètres dans la vue des chasubles rouges qui défilaient tranquillement derrière leur camion. Les chants et percussions ont rendu le parcours emprunté (toujours le même) un peu moins long et monotone.

Arrivés sur la Comédie, les syndicats ont occupé le fond de la Place pour leurs traditionnelles prises de paroles pendant que des gilets jaunes, enseignants en lutte et quelques étudiants ont pris le chemin de la Préfecture . Une prise de parole y a été effectuée pour dénoncer la répression policière, judiciaire et administrative que subissent les lycéens qui bloquent leur lycée pour s’opposer aux nouvelles épreuves de contrôle continu « 3EC » induites par la réforme du BAC. C’est le cas notamment de 6 lycéens qui ont fait de la garde à vue pour avoir bloqué leur lycée à Gagnny (93).

Le rectorat a ensuite été bloqué pour protester contre cette dite réforme, puis la manifestation s’est dispersée dans le calme, mais toutefois revigorée par le sursaut du milieu estudiantin.

Perspectives

Comme voté en assemblée générale, le blocage de la faculté Paul Valery sera reconduit à chaque jour de mobilisation, et une prochaine AG est prévue mardi.
En espérant que les vacances scolaires n’étouffent pas la contestation, l’intersyndicale doit annoncer rapidement les prochains jours de mobilisation, mais l’UNSA-RATP a dore et déjà annoncé un lundi noir pour le 17 février à Paris. Qu’en sera t’il à Montpellier ? Difficile à dire, mais la convergence des étudiants avec les autres secteurs déjà mobilisés (transports, éducation, énergie, hôpitaux, avocats…) semble redonner du jus à une mobilisation de deux mois qui commençait à perdre du souffle. Rien n’est donc encore joué dans la bataille contre le gouvernement !


Article publié le 07 Fév 2020 sur Lepoing.net