Juillet 17, 2021
Par Le Poing
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PrĂšs de 5 000 personnes ont dĂ©filĂ© ce samedi 17 juillet dans les rues de Montpellier. Une mobilisation qui Ă©tonne donc par son ampleur. Le Poing s’est glissĂ© dans le cortĂšge, petit rĂ©cit.

Trois jours aprĂšs la premiĂšre journĂ©e du 14 juillet qui a rassemblĂ© 2 000 manifestants, un nombre Ă©tonnant de personnes ont rĂ©pondu Ă  un appel Ă©manant des rĂ©seaux sociaux ce samedi. Des milliers de personnes ont tournĂ© dans les rues de l’Ecusson, pendant plusieurs heures, pour protester contre l’instauration d’un pass sanitaire et l’obligation pour certains professionnels de se vacciner.

DÚs 14h une foule compacte et déterminée se masse sur la place de la Comédie. Des milliers de personnes ont répondu à cet appel à manifester. Ce qui donnera lieu à de nombreux tours du centre-ville, entre la gare Saint-Roch, le Peyrou et le boulevard Albert Ier.

Une chose frappe : malgrĂ© un certain nombre de tĂȘtes connues dans la galaxie gilets jaunes, et la prĂ©sence de quelques militants politiques et sociaux, le gros de la manif’ semble constituĂ© de personnes pas particuliĂšrement habituĂ©es des manifs. AprĂšs tout, c’est une caractĂ©ristique de la pĂ©riode, aussi. Entre gilets jaunes, manifs succĂ©dant l’assassinat de George Floyd, mouvement des retraites, et maintenant mobilisation contre le pass sanitaire, on est en droit de se demander s’il restera encore un seul primo-manifestant sur le territoire français Ă  la fin de la dĂ©cennie 2020.

Sans incidents, la manif Ă©tait un peu plus encadrĂ©e, puisqu’un peu plus prĂ©vue aussi, par les forces de l’ordre, avec quelques barrages de CRS non-casquĂ©s empĂȘchant l’accĂšs trop rapprochĂ© de la prĂ©fecture.

Cette pancarte dĂ©nonce le fait que la vaccination obligatoire concerne le personnel soignant, les pompiers ou bien encore les bĂ©nĂ©voles d’association en contact avec du public
 mais pas les forces de l’ordre.

Si les discours au mĂ©gaphone prononcĂ©s par les figures Ă©mergentes du mouvement –en manif en tout cas – se sont cette fois-ci concentrĂ©es sur des appels trĂšs Ă©thĂ©rĂ©s Ă  la dĂ©fense de la libertĂ© et des principes rĂ©publicains, on n’oubliera pas pour autant les bribes de discours pour le moins farfelus entendus le 14 juillet : le vaccin serait un poison, Macron aurait fait semblant d’attraper le covid pour qu’on lui foute la paix Ă  propos de sa propre vaccination
 De fait, l’une des intervenantes appelle Ă  s’inscrire sur un obscur canal Telegram, « La Rose Blanche Â», dont la ligne Ă©ditoriale, semble assez simple : il n’y a pas d’épidĂ©mie, les gouvernements tirent les ficelles pour instituer une tyrannie, et, consĂ©quence logique de la premiĂšre proposition, toute tentative d’instaurer des gestes barriĂšres est une tentative de dressage. Un autre des tribuns de la lutte naissante est un mĂ©decin, anciennement engagĂ© dans la lutte contre la loi sĂ©curitĂ© globale Ă  Montpellier, et connu lui aussi pour ses positionnements farfelus en matiĂšre de pseudo-Ă©pidĂ©miologie.

De l’autre cĂŽtĂ©, il y a la foule. La foule qui applaudit les tribuns Ă  l’évocation d’une nĂ©cessaire lutte pour la libertĂ©. Et quand on la pĂ©nĂštre, qu’on y discute avec quelques personnes, qu’on y lit les pancartes brandies et ce qu’elles expriment, l’impression de loufoquerie s’estompe. Si un manifestant a tentĂ© de convaincre l’auteur de ces lignes que l’on est capable de guĂ©rir toutes les maladies avec de l’eau de mer, la plupart tiennent un discours raisonnable. Contestable, mais raisonnable.

DĂ©fense des libertĂ©s individuelles, dĂ©fiance envers des autoritĂ©s publiques qui se sont illustrĂ©es depuis toujours par la bonne gestion de leurs propres intĂ©rĂȘts seuls, et depuis le dĂ©but de l’épidĂ©mie par une succession de politiques dirigistes et autoritaires, doublĂ©es de quelques bon gros mensonges d’Etat, rĂ©vĂ©lĂ©s ET documentĂ©s par la presse indĂ©pendante. InquiĂ©tude, aussi, face Ă  une sociĂ©tĂ© de contrĂŽle qui se met en place. Au final, quasi aucune pancarte ne porte de messages hostiles aux vaccins. Si les gens sur place le sont, ils ont tout Ă  fait l’air d’en faire une affaire privĂ©e. L’affaire publique Ă©tant ici le respect du choix de chacun. Des slogans traditionnels de manifs sont repris, et prennent dans la foule. « Travaille, consomme, et ferme ta gueule Â» connais un certain succĂšs, signe que le malaise dĂ©passe largement la crise sanitaire. Le « Macron dĂ©mission Â» des gilets jaunes est tombĂ© dans le registre commun visiblement, et devient parfois « Macron en prison Â», sans que le nombre de voix participant au chƓur ne baisse significativement.

Quelques rĂ©fĂ©rences aux rĂ©formes des retraites et de l’assurance chĂŽmage peuvent ĂȘtre aperçus, mais restent marginales. C’est certainement lĂ  la plus grande limite qu’on trouvera Ă  la comparaison parfois faite avec le mouvement social des gilets jaunes tel qu’il a pu dĂ©marrer Ă  l’automne 2018 : l’absence de terreau social, apte Ă  faire une quasi-unanimitĂ© parmi les couches populaires de la population.

L’ Ă©toile de David, qui Ă©tablit un parallĂšle entre juifs pendant l’occupation nazie et opposants au vaccin et qui sert de symbole Ă  certains antivaxs, est quasi-absente dans la foule.

On attendra donc la prochaine mobilisation, prĂ©vue dĂšs le 24 juillet, pour savoir si cette mobilisation contre le pass sanitaire va s’ancrer durablement dans le paysage.




Source: Lepoing.net