C’est une audience du 17 septembre dernier au tribunal de Lyon, passée un peu inaperçue [1], qui met en lumière cette nouvelle technique policière. Une personne passait en procès pour un vol de camion le 5 septembre. Comment a-t-elle été reconnue et arrêtée ? Par reconnaissance faciale !

La gendarmerie, en charge de l’affaire, a récupéré les images de vidéosurveillance. Une fois rentré dans le logiciel de la gendarmerie, celui-ci a associé automatiquement le visage à une identification dans les fichiers policiers [2]. C’est donc la « machine » qui a identifié l’individu et provoqué son arrestation, une première.

Les questions relatives à la fiabilité du système – et non aux aspects éthiques que celui-ci ne manque pas de soulever – ont provoqué le renvoi du procès à fin octobre. À cette date, si la gendarmerie apporte, comme le demande le juge, des preuves de la fiabilité du système, et si la personne est condamnée, on pourra s’attendre à une généralisation de cet outil policier pour l’identification des individus accusés.

La mise en place d’une telle machine à reconnaitre les individus, notamment pour ce qui est des manifestations ou des actions politiques, pourrait s’appuyer sur l’abondance d’images produites lors de tels évènements : vidéosurveillance, couverture médiatique, réseaux sociaux, pour trouver des images exploitables. La machine n’aurait plus qu’à faire le travail. Là où l’effet de masse, la dispersion des images, l’absence de moyen policier, empêchait le recoupement systématique des sources, et donc l’identification des manifestant.e.s, la machine ne prendra qu’un instant pour vous/nous retrouver.

Masquons-nous, floutons les photos et vidéos, multiplions les techniques empêchant une identification qui risque fort de devenir systématique…


Article publié le 24 Sep 2019 sur Rebellyon.info