Avril 13, 2020
Par Rebellyon
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Les reprĂ©sentants CGT du personnel dĂ©noncent le projet de la direction d’imposer 4 jours de congĂ©s durant la pĂ©riode de confinement, la derniĂšre semaine avril.

Par un tour de passe-passe (et de novlangue macronienne),
la direction de l’ENS de Lyon impose 4 jours de congĂ©s aux personnels BIATSS et les transforme en « pause synchronisĂ©e Â» pour un « effort de solidaritĂ© et de justice collective Â»

Les reprĂ©sentants CGT du personnel dĂ©noncent le projet de la direction d’imposer 4 jours de congĂ©s durant la pĂ©riode de confinement, la derniĂšre semaine avril.

C’est sans aucune concertation que la direction fait connaitre ses intentions aux organisations syndicales pendant le confinement, chaque jeudi, lors de simulacres de « dialogue social Â» oĂč les dĂ©cisions unilatĂ©rales sont dĂ©jĂ  prises et systĂ©matiquement applaudies par le syndicat « accompagnateur Â», leude de la direction


Les rĂ©unions du jeudi n’ont aucun caractĂšre officiel, leur configuration n’est pas acceptable. La CGT rappelle que seules les instances ont un pouvoir de dĂ©cision, de dĂ©bat et de nĂ©gociations.

A l’Ens de Lyon, en 2020, dĂ©jĂ  + de 4 semaines (50 % des jours de congĂ©s RTT comprises) sont imposĂ©es aux agents. Des ordonnances de la Loi d’urgence sanitaire, la direction a choisi la solution la plus dĂ©favorable aux agents en imposant 4 jours de congĂ©s confinĂ©s – ce qui revient Ă  perdre 4 jours de congĂ©s payĂ©s.

En cette pĂ©riode de confinement national, le non travail liĂ© Ă  cette prise de congĂ©s n’est en rien « des vacances « pour les agents ni « des temps de repos significatifs Â», puisque nous sommes « assignĂ©s Ă  rĂ©sidence Â». Les agents qui vivent difficilement le confinement, certains dans des conditions Ă©conomiques et sociales prĂ©caires, pour une grande partie se disent fatiguĂ©s, Ă©prouvĂ©s par le confinement, l’isolement et l’anxiĂ©tĂ© provoquĂ©e par la situation sanitaire. Ne pas travailler en posant des jours de congĂ©s ne lĂšvera aucune de ces difficultĂ©s.

Aucune directive ministĂ©rielle ne contraint notre Ă©tablissement Ă  appliquer cette dĂ©cision. L’Ens de Lyon pourrait donc adopter le principe (comme l’ont fait par exemple d’autres universitĂ©s et organismes de recherche : Aix Marseille – Montpellier – UPEC – Lorraine – Paris 3 – Paris 8, INRAe
) que les congĂ©s ne pouvaient ĂȘtre imposĂ©s pendant ce confinement.

Le rythme de travail des BIATSS dans les services administratifs, dans les dĂ©partements et les laboratoires, sont trĂšs divers et pour certains ne se sont pas ralentis, bien au contraire, pendant le confinement avec le tĂ©lĂ©travail. L’argument d’ĂȘtre toutes et tous sur le pont lors de la rĂ©ouverture de l’établissement ne tient donc pas compte de ces rythmes divers et variĂ©s. Ajoutons que les enseignants chercheurs, les agents des services paies, RH, DSI, formations, etc
 ont dĂ©jĂ  montrĂ© leur total investissement envers les missions de l’établissement et leur capacitĂ© Ă  assurer les continuitĂ©s administrative et pĂ©dagogique.

Ces congĂ©s imposĂ©s sont donc totalement arbitraires ; ils vont accentuer l’injustice sociale dĂ©jĂ  tellement prĂ©sente. Une fois de plus, les BIATSS jouent les fusibles de la rĂ©cession Ă  venir !!!! Mr le PrĂ©sident expliquez nous ce qu’est une solidaritĂ© collective et sociale dans le fait de supprimer des congĂ©s Ă  une catĂ©gorie de personnels, les plus fragiles, souvent les moins qualifiĂ©s et les moins payĂ©s ? Comment peut-on ĂȘtre fier de punir les collĂšgues les plus en difficultĂ©s ?

Car il est Ă  craindre que les mesures de confinement auront des effets collatĂ©raux sur la santĂ© et la prĂ©carisation des personnels. D’ores et dĂ©jĂ  nous mettons la direction en garde contre l’émergence des risques psychosociaux et appelons Ă  mettre en place des mesures de prĂ©vention qui accompagnent le retour Ă  la normale en termes d’activitĂ© de travail. Les Ă©lus CGT du CHSCT se sont rĂ©cemment prononcĂ©s pour examiner la situation des personnels et des Ă©tudiants prĂ©caires et fragilisĂ©s en ce temps de crise exceptionnelle.

En consĂ©quence, devant autant de mĂ©pris, la CGT, syndicat majoritaire (53%) se retire de toutes rĂ©unions hors instances reprĂ©sentatives du personnel. Elle n’accompagnera pas la direction, ni d’autres syndicats, sur la voie de la rĂ©gression sociale et de l’atteinte portĂ©e aux droits des travailleur-euses sous des prĂ©textes dĂ©magogiques, mensongers et proprement injustes.

La dĂ©cision autoritaire de suppression des 4 jours est prise et annoncĂ©e par un mail du prĂ©sident avant mĂȘme d’ĂȘtre dĂ©battue dans les instances !!!!

Quel mépris une fois encore, pour la démocratie et pour les représentant-es des personnels et à travers eux ce sont bien les droits des personnels qui sont donc attaqués sans vergogne
.

Vos Ă©lu-es continueront Ă  vous informer rĂ©guliĂšrement des dĂ©cisions prises dans les instances, et continueront d’ĂȘtre Ă  votre Ă©coute sur les questions liĂ©es Ă  vos conditions de travail actuelles (dont les congĂ©s font entiĂšrement partie), comme ils/elles l’ont toujours fait. Ils et elles dĂ©fendront les intĂ©rĂȘts de tous et toutes, pour le collectif et le bien commun, tous deux indispensables pour surmonter cette pĂ©riode. Ils/elles ne dĂ©fendront jamais les intĂ©rĂȘts particuliers, individuels, et opportunistes.




Source: Rebellyon.info