Mars 12, 2020
Par Le Poing
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Pendant un des rassemblements consécutifs à l’immolation d’un étudiant lyonnais

Quelques dizaines d’étudiants se sont rassemblés ce
jeudi 12 mars au matin devant le Centre Régional des Œuvres Universitaires et
Sociales de Montpellier à Boutonnet. Quelques mois après l’immolation par le
feu d’un étudiant à Lyon, les manifestants entendaient protester contre la
précarité en milieu universitaire. Une thématique qui, à côté de la
loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR)
et de la
réforme des retraites, paraît importante dans la mobilisation
qui émerge. Comme à la fac
de Saint-Etienne
où un collectif, spécialement dédié à cette question,
Précarité Universitas, a vu le jour.

Une
précarité financière…

D’après la dernière enquête sur les conditions de
vie des étudiants menées par l’Observatoire de la Vie Etudiante et portant sur
l’année 2016, 18,4
%
des étudiants ont des parents dont les revenus sont inférieurs à 1500
euros, 30,6% à 2000 (pour les deux parents). 50,8 % des étudiants déclarent
avoir dû se restreindre au moins une fois dans l’année, 30,3 % ont connu le
découvert bancaire.

49,4
%
ont un emploi non lié aux études, respectivement 5,9 et 13,3 % d’une
manière jugée concurrente (au moins un mi-temps pendant moins de six mois) et
très concurrente (au moins un mi-temps pendant plus de six mois) aux études. Un
peu plus d’un tiers de ces étudiants est à temps complet en plus de ses études,
soit 17,1 % du total des inscrits dans l’enseignement supérieur.

54,4 % des sondés jugent leur activité
professionnelle indispensable à leur survie, 75,4 % comptent sur elle améliorer
leur niveau de vie.

Parmi les étudiants qui exercent une activité
rémunérée très concurrente des études, 88,2 % sont en grande partie ou
totalement d’accord avec la proposition « l’activité
rémunérée m’est indispensable pour vivre »
, 42,3 % estiment qu’elle a
un impact négatif sur leurs résultats d’études, 51,9 %  la jugent source de stress et de tensions
nerveuses.

Parmi les étudiants qui n’exercent pas d’activité
rémunérée pendant l’année universitaire, seuls 18,9 % estiment avoir
suffisamment de ressources sans travailler. Quand 22,1 % souhaitaient
travailler mais n’ont pas trouvé.

D’après
une
autre enquête
menée par l’association l’Amicale du Nid entre 2012 et 2014 sur
un échantillon de 1797 répondants inscrits à l’Université Paul Valéry
Montpellier 3, 4% des personnes
interrogées ont déjà été en situation de prostitution et 15,9% des étudiant-e-s
déclarent pouvoir envisager le recours à la prostitution en cas de situation
très précaire.

…qui
entraîne une précarité en termes de santé et de logement

Selon l’OVE, 13,5 % de l’ensemble des étudiants
déclarent avoir déjà renoncé à voir un médecin pour des raisons financières. Et
sur les 30,3
%
des étudiants qui disent avoir déjà renoncé à voir un médecin toutes
raisons confonduent, 38,7 % arguent du manque de temps. Forcément, pour ces 17%
qui cumulent job à temps complet et études…

60,8% des sondés déclaraient avoir ressenti au moins
une fois de l’épuisement lors de la dernière semaine, 59,4% du stress. Et plus
de la moitié des étudiants en situation d’handicap et non rétifs à une
assistance s’avouaient moyennement satisfaits de la prise en compte de leur
état de santé par l’institution, un tiers pas du tout !

Pour ce qui est du logement, rappelons que
seulement 12,2
%
des étudiants ont une place en cité universitaire. Alors même que les statistiques
précédentes montrent une influence positive de ce facteur sur la plupart des
indices de précarité, et que 18,8 % des inscrits se déclarent en difficulté
quand il s’agit de trouver une caution pour leur logement !

Cette question de la précarité sera à n’en pas
douter amenée à être reposée dans la mobilisation étudiante qui se structure à
Montpellier. Rappelons qu’une semaine
noire
est d’ors et déjà programmée du 16 au 21 mars, avec pour point d’orgue
la journée de manifestation du 19 !




Source: Lepoing.net