Les personnels du collège Jean Renoir de Neuville sur Saône constatent que la pression démographique s’accélère sur leur établissement comme sur l’ensemble du Val-de-Saône.

Alors que la DEPP (Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance du ministère) table sur 25 000 à 40 000 élèves de plus par an dans le secondaire d’ici 2022, que le gouvernement prévoit 120 000 suppressions de postes dans la fonction publique

- dont 2600 dans le secondaire dès la rentrée 2019
- ils s’inquiètent pour leurs conditions de travail et surtout pour celles de leurs élèves.

Ils demandent à ce qu’un collège supplémentaire soit construit en urgence dans le Val-de-Saône sur le modèle du collège modulaire sorti de terre en 1 an dans le 8e arrondissement de Lyon. Ils réclament également une dotation permettant d’accueillir les élèves en classe dans de meilleures conditions d’effectifs.

Trente élèves dans une salle est une situation très compliquée devenue monnaie courante au collège Jean Renoir comme dans la plupart des collèges du Rhône. A 30 élèves, aucune marge de manœuvre n’est possible. Or les élèves ne sont pas des pots de savoirs que l’on remplit : ils ont besoin de se déplacer pendant les cours, de sortir du matériel, d’échanger pour construire leurs apprentissages, d’avoir un minimum d’espace. Ces pratiques deviennent difficiles à mettre en œuvre : comment faire pour laisser de l’espace à un-e élève en saturation cognitive, relationnelle ou qui refuse ponctuellement un cadre de travail devenu pénible ?

Jean Renoir, comme tous les collèges, compte dans ses effectifs des élèves à besoins particuliers, régulièrement aidés par une AESH – personne ressource pour les situations de handicap – qui doit elle aussi s’asseoir à une table, à côté de l’élève qu’elle accompagne. Cette AESH n’a souvent plus de place et se retrouve dans une travée, entre deux rangs, faute de mieux. Les salles sont tellement pleines qu’il est difficile de rajouter des tables. Avec trente élèves par classe, la qualité relationnelle et éducative indispensable à tout apprentissage s’appauvrit et pénalise en premier lieu les élèves qui n’ont même pas deux minutes en moyenne d’expression personnelle ou de temps de cerveau professeur disponible par heure.

Lors de la préparation de rentrée du mois de juin, nous avions travaillé sur l’hypothèse d’une ouverture de classe en 6ème qui finalement a été annulée par l’Académie. Après l’épisode au mois d’août dans la presse du refus d’inscription d’élèves en 6eme pour cause de classes pleines, notre direction a informé que des places s’étaient finalement libérées. Hélas elles finissent de se remplir, amenant les effectifs de 6e à 29 élèves, limite fixée par l’Académie cette année alors que la norme jusqu’ici était de 26. Cette augmentation des effectifs après la rentrée prouve de nouveau la forte pression démographique sur le Val-de-Saône où tous les collèges sont pleins à craquer.

Malgré cela, le ministère planifie pourtant des milliers de suppressions de postes pour la rentrée 2019 comme pour les suivantes, et souhaite imposer à tout-e-s les enseignant-e-s des heures supplémentaires obligatoires qui dégraderont non seulement leurs conditions de travail, mais aussi le temps qu’ils peuvent consacrer à leurs élèves.

Nous demandons que l’école de la République puisse fonctionner avec les budgets nécessaires pour permettre la réussite de tous les élèves, et des conditions de travail décentes pour eux comme pour leurs enseignant-e-s. Les personnels du collège Jean Renoir de Neuville-sur-Saône réclament des classes ne dépassant pas 26 élèves et le retour de l’effectif global du collège à moins de 650 élèves. La Métropole doit investir dans un nouveau collège pour le Val de Saône, et l’Académie donner les moyens de fonctionnement nécessaires à un travail de qualité.

Par Rebellyon,

Source: http://rebellyon.info/A-Jean-Renoir-comme-ailleurs-dans-les-19670