Décembre 4, 2022
Par Le Monde Libertaire
241 visites

Cet album, Dans la nuit, est une magnifique suite de reproductions de lithographies sur bois, ressemblant fortement à celle de Franz Masereel.

Erich Glas, juif allemand né en 1897, a participé à la Première Guerre mondiale. Après avoir été blessé, il découvre le Bauhaus et commence à graver. Son art est marqué par la mort et la violence. L’ouvrage reproduit un certain nombre de lithographie. Il mélange le réalisme de la violence militaire et la métaphore de la mort.

Après 1933 et l’accession des nazis au pouvoir il est exclu de l’enseignement et voit ses œuvres interdites. Il quitte avec sa famille l’Allemagne pour la Palestine où il travaille dans un kibboutz. En même temps que son activité de paysans, il prendre des photographies de la vie en Palestine dont il s’inspire pour dessiner.
Reconnu pour ses qualités artistiques, il devient enseignant, métier qu’il exercera jusqu’à sa mort en 1977.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les échos de la Catastrophe créé un sentiment d’effroi qu’il traduit graphiquement.

L’album est publié aujourd’hui. En 28 gravures, il décrit dès 1942 les persécutions et le génocide avec une acuité et un désir de coller au plus près de la réalité.
Les gravures transcrivent la violence du monde et la cruauté nazie : des pogromes, la nuit de Cristal, les interrogatoires et l’extermination. Refusant le désespoir, son album est aussi un appel à la révolte et à l’insurrection.

Un album magnifique et terrifiant à regarder impérativement

Sylvain Boulouque

Dans la nuit, Erich Glas. Ici-bas 96 p. 20 €




Source: Monde-libertaire.fr