Mai 2, 2021
Par Marseille Infos Autonomes
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Ce texte est Ă©crit Ă  chaud, Ă  la suite de la “manif” du premier mai Ă  Marseille.

Manif entre guillemets, car comment nommer cette vaste blague de promenade sous la pluie de 20 minutes entre le Vieux Port et la porte d’Aix ? A peine le temps de se chauffer les mollets, de reconnaitre quelques visages amis et complices, que la partie est finie.

Pour couronner le tout, la prĂ©fecture avait interdit tout rassemblement sur la Plaine ce jour, ayant encore en tĂȘte le joyeux bordel du Carnaval en mars.

Pour situer un peu ce texte, il Ă©mane d’une personne qui ne nourrit aucune illusion sur le rĂŽle contre-rĂ©volutionnaire des syndicats et autres organisations co-gestionnaires, comme les partis politiques.

Je ne m’attendais donc Ă  rien de pertinent de leur part, d’autant plus quand on a en tĂȘte les innombrables crasses qu’ils ont dĂ©jĂ  commises Ă  Marseille comme ailleurs, notamment les charges des services d’ordre contre d’autres manifestant.es, tout cela est connu et amplement documentĂ©.

Mais cette fois encore, ils ont fait trĂšs fort.

La plupart du temps, ce type de manifs sont l’occasion de “prendre le pouls”, de se regrouper avant de partir en sauvage, afin que la colĂšre laisse au moins quelques traces dans la ville.

A quoi bon sortir si on a pas cet objectif minimal ?

10 millions de personnes sous le seuil de pauvretĂ© dans ce pays, une misĂšre galopante, des Ă©tudiant.es formant des files pour gratter un peu de nourriture, des dizaines de milliers de personnes Ă  la rue, une floppĂ©e de lois dĂ©gueulasse (dĂ©crets sur le fichage, rĂ©forme du chĂŽmage, lois sĂ©curitĂ© globale et sĂ©paratisme…) un fond de l’air d’autoritarisme dĂ©bridĂ© et rĂ©cemment des menaces de coup d’Etat militaire fascisant… en plus de la couche de totalitarisme apportĂ©e par les restrictions Ă  l’occasion de la crise sanitaire.

C’est l’écrasement de la libertĂ© qui menace, c’est l’objectif assumĂ© de l’Etat.

Ce court texte, au-delĂ  du coup de gueule de circonstance, n’a aucune rĂ©ponse toute faite ni solution miracle, mais propose de rĂ©flĂ©chir Ă  d’autres maniĂšres de prendre la rue, non pas comme le nec-plus-ultra de la lutte, car bien d’autres pratiques -comme les attaques en petit nombre par exemple- contribuent Ă  la conflictualitĂ© contre cet ordre capitaliste, patriarcal, raciste et autoritaire.

Il invite Ă  d’autres textes, en rĂ©ponse ou pas, Ă  d’autres propositions et initiatives, Ă  des discussions pour reprendre l’offensive dans une perspective rĂ©solument anti-autoritaire.




Source: Mars-infos.org