Face Ă  un gouvernement qui banalise la culture du viol, mĂ©prise les minoritĂ©s de genre et met en Ɠuvre des politiques de rĂ©gression sociale, une coordination de collectifs fĂ©ministes appelle Ă  une large mobilisation nationale le 8 septembre : « envahissons les rues, manifestons, occupons l’espace public pour construire une sociĂ©tĂ© juste : fĂ©ministe, anticapitaliste et antiraciste ! Â»

À Marseille, RDV place de la PrĂ©fecture Ă  19H pour un rassemblement et Ă  20H pour un apĂ©ro fĂ©ministe dans l’espace public. Au programme, stands et prises de paroles libres : tous les collectifs souhaitant y participer sont les bienvenus ! Pour nous rejoindre, contactez marseillefeministe@gmail.com.

Pour préparer cette journée, un atelier peinture & couture est prévu le samedi 5 septembre à 16H au parc Longchamp (du cÎté du kiosque). Amenez votre matériel et vos couleurs préférées si vous en avez pour fabriquer banderoles, pancartes, masques, foulards, pochoirs, etc.

L’atelier, le rassemblement et l’apĂ©ro sont ouverts Ă  toustes.

N’oubliez pas vos masques !

Venez nombreux·ses !

Pour signer l’appel ou en savoir plus sur les autres Ă©vĂ©nements prĂ©vus, contactez huit.septembre.feministe@protonmail.com

Texte d’appel :

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/020920/remaniement-de-la-honte-gouvernement-anti-social-stop-la-guerre-contre-les-femmes

Le 7 juillet 2020, Emmanuel Macron a enterrĂ©, avec le remaniement ministĂ©riel, la « grande cause du quinquennat Â» : l’égalitĂ© entre les femmes et les hommes. Il a montrĂ© que la dignitĂ© et le respect des femmes, des personnes LGBTQIA+ et des habitant·es d’Outre-Mer sont moins importants Ă  ses yeux que le maintien au pouvoir des oppresseurs.

En nommant GĂ©rald Darmanin au ministĂšre de l’IntĂ©rieur et Eric Dupond-Moretti au ministĂšre de la Justice, il nous adresse un message clair, Ă  nous qui subissons les violences sexistes et sexuelles et qui nous battons chaque jour pour qu’elles cessent : une accusation de viol n’empĂȘche pas de devenir ministre et la justice continuera de protĂ©ger les violeurs et les harceleurs ! La prĂ©somption d’innocence, argument juridique, ne peut justifier ce choix politique : la culture du viol est ainsi perpĂ©tuĂ©e, renforcĂ©e et banalisĂ©e.

Les nominations de GĂ©rald Darmanin et Nathalie Elimas, nouvelle secrĂ©taire d’État Ă  l’éducation, nous montrent aussi qu’aux yeux du gouvernement en place, l’homophobie n’est pas un problĂšme. S’ĂȘtre opposĂ© au mariage pour tous et contester l’égalitĂ© des droits des personnes LGBTQIA+ n’empĂȘche pas de devenir ministre. C’est une violente banalisation des oppressions sexistes et LGBTQIA+phobes, alors mĂȘme qu’en juillet 2020 l’AssemblĂ©e vote l’ouverture Ă  conditions Ă©gales de la PMA aux couples de femmes. Il reste nĂ©anmoins inacceptable qu’elle ne soit pas ouverte aux hommes trans et aux personnes non-binaires. La PMA doit ĂȘtre ouverte Ă  toutes les personnes, quelles que soient leur identitĂ© de genre et leur situation de famille, et ce dans le respect et la reconnaissance de leurs identitĂ©s, ce qui constitue un droit fondamental humain.

Quant Ă  la nomination de Sebastien Lecornu en tant que ministre d’Outre-Mer, elle confirme le nĂ©o-colonialisme de l’État français sur ses territoires. Pourquoi ne pas avoir nommĂ© une personne originaire de ces anciennes colonies ? Les peuples dits d’Outre-Mer ne seraient-ils donc pas capables d’administrer eux-mĂȘmes leurs propres territoires ? Le gouvernement rĂ©affirme ainsi sa position rĂ©actionnaire et paternaliste au service de l’ordre nĂ©olibĂ©ral et raciste.

Ce remaniement ne nous fait cependant pas oublier que le précédent gouvernement nous menait déjà la guerre.

En 2020, les femmes se sont chargĂ©es des tĂąches les « plus essentielles Â», dans les sphĂšres publique et privĂ©e : nous avons occupĂ© majoritairement les postes les plus utiles au pays durant la crise sanitaire, tout en continuant d’assumer gratuitement le travail domestique, largement dĂ©volu aux femmes, et qui ne bĂ©nĂ©ficie toujours pas de la moindre reconnaissance sociale ni d’un travail sociĂ©tal et Ă©ducatif de fond sur les stĂ©rĂ©otypes de genre. Le salaire des caissiĂšres ? Parmi les plus bas, malgrĂ© les Ă©normes bĂ©nĂ©fices des grandes surfaces. La prime Covid-19 ? AccordĂ©e Ă  une minoritĂ© de salarié·es, sur des critĂšres volontairement restrictifs. Le salaire des soignant·es ? Parmi les plus bas en Europe. Le salaire des agent·es de nettoyage ? MĂȘme schĂ©ma, agrĂ©mentĂ© de mĂ©pris, d’invisibilitĂ© et de racisme. Et pour complĂ©ter, un projet de loi sur les retraites injuste et inĂ©galitaire pour toutes ces travailleuses indispensables, maintenues jusqu’au bout de leur vie dans une extrĂȘme prĂ©caritĂ©.

PremiĂšres impactĂ©es par la rĂ©forme des retraites, premiĂšres exposĂ©es et exploitĂ©es durant la crise sanitaire et premiĂšres mĂ©prisĂ©es par le gouvernement : les femmes et les minoritĂ©s de genre disent STOP ! Stop Ă  la guerre sociale, stop Ă  la guerre faite aux prĂ©caires, aux femmes et aux minoritĂ©s de genre !

Les grĂšves fĂ©ministes Ă  l’international se multiplient ces derniĂšres annĂ©es et nous montrent que la lutte contre le patriarcat est de plus en plus visible et organisĂ©e. Si les femmes s’arrĂȘtent au travail, dans leur foyer, si elles arrĂȘtent d’éduquer, de prendre soin, de nettoyer, de nourrir, si elles refusent les rĂŽles qu’on leur assigne depuis leur enfance, TOUT s’arrĂȘte !

Continuons ces luttes fĂ©ministes pour que le 8 mars 2021 soit un jour en France oĂč toutes les personnes opprimĂ©es s’arrĂȘtent ! GrĂšves, blocages, occupations, construisons un rapport de force et imposons nos revendications, nos actions et nos modes d’ĂȘtre ! Mobilisons-nous avec les travailleur·ses, syndicalistes, Ă©tudiant·es, chĂŽmeur·ses dĂšs la rentrĂ©e, pour s’arrĂȘter un jour, des semaines, des mois tant que nous n’aurons pas un changement radical pour plus d’émancipation et de justice sociale pour toustes !

Rendez-vous dĂšs la rentrĂ©e, le 8 septembre 2020, partout en France !

Envahissons les rues, manifestons, occupons l’espace public pour construire une sociĂ©tĂ© juste : fĂ©ministe, anticapitaliste et antiraciste !

Signataires :

Assemblée féministe Toutes en GrÚve 31,

Colleurses Grenoble,

Collectif NĂźmois Droit des femmes,

DDF Rouen,

Féministes révolutionnaires Nantes,

Femmes Kurdes Toulouse,

Groupe féministe FougÚres,

Marseille FĂ©ministe,

Nous Toutes 35,

Nous Toutes 38,

Nous Toutes 76 – Le Havre,

Transat.


Article publié le 06 Sep 2020 sur Mars-infos.org