FĂ©vrier 26, 2022
Par CNT
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Les femmes premiĂšres de corvĂ©es au travail et Ă  la maison 

Les femmes sont majoritaires dans le milieu hospitalier, les Ehpad, l’éducation, les commerces, le secteur du nettoyage : elles sont par exemple 92 % des Accompagnantes d’élĂšves en situation de handicap (AESH), 91 % des aides-soignantes, 88 % du personnel infirmier, 98 % des aides Ă  domicile et des aides mĂ©nagĂšres, 73 % des agents d’entretien, 80 % aux caisses des supermarchĂ©s. Ces mĂ©tiers du service, du soin, de l’entretien, de la relation, sont aussi ceux « que nos Ă©conomies reconnaissent et rĂ©munĂšrent si mal Â» (comme semblait le dĂ©couvrir Macron pendant le confinement, foutage de gueule
).

Les femmes sont particuliĂšrement mobilisĂ©es et exposĂ©es en ces temps de crise sanitaire. En plus d’ĂȘtre majoritaires dans les mĂ©tiers les plus prĂ©carisĂ©s et mal payĂ©s, nombre d’entre elles, dans ces secteurs, subissent des oppressions racistes et sexistes. Par ailleurs, ces discriminations et agressions, sur le lieu de travail comme partout, sont toujours aussi difficiles Ă  dĂ©noncer et Ă  faire cesser.

Dans l’ensemble des secteurs, les femmes continuent bien souvent de se heurter Ă  des difficultĂ©s pour obtenir l’égalitĂ© de rĂ©munĂ©ration, d’évolution carriĂšre, de traitement avec leurs collĂšgues masculins.

Et quels que soient les secteurs, ce sont aussi des femmes qui occupent le plus souvent les emplois à temps partiel, donc encore moins bien rémunérés. Ces inégalités tout au long de la carriÚre se répercutent lourdement sur le montant des pensions et les conditions de départ à la retraite (plus tardif, en moins bonne santé, etc.).

La peine est double (au moins !) pour les mĂšres isolĂ©es, qui travaillent deux fois plus souvent Ă  temps partiel que les mĂšres en couple. Ces temps partiels imposĂ©s contraignent bien des femmes Ă  cumuler plusieurs emplois. Le confinement a contribuĂ© Ă  rĂ©vĂ©ler Ă  quel point la rĂ©partition du travail domestique pĂšse encore lourdement sur les femmes, qui assument majoritairement l’organisation des repas, les tĂąches mĂ©nagĂšres, l’éducation et le soin des enfants.

Les femmes premiĂšres cibles de la violence

Les violences intrafamiliales, en ces temps de confinement et de crise ont considĂ©rablement augmentĂ©. Les fĂ©minicides, les violences, l’inceste, les viols et le harcĂšlement, mĂȘme rendus de plus en plus visibles grĂące au travail des militantes, continuent de faire des victimes au quotidien. Ces violences sont mĂȘme lĂ©gitimĂ©es au plus haut niveau de l’État et dans le discours mĂ©diatique dominant, ce qui est particuliĂšrement insupportable. Le patriarcat est toujours lĂ , aux postes de pouvoir, et il n’entend pas abandonner sa domination sans rĂ©sistance.

En tant que syndicats, nos luttes et nos revendications visent l’égalitĂ© et le dĂ©veloppement de structures sociales permettant l’accĂšs de toutes et tous Ă  des conditions d’existence libres et Ă©mancipatrices. Or avant d’y arriver, quelques revendications de base nous semblent incontournables :

  • L’égalitĂ© salariale femmes-hommes stricte ;
  • L’égalitĂ© dans l’évolution des carriĂšres en attendant l’égalitĂ© quelle que soit sa fonction dans la sociĂ©tĂ© ;
  • L’arrĂȘt des discriminations sur les formations, qualifications et embauches ;
  • La fin des temps partiels imposĂ©s ;
  • Une prise en charge globale de la petite enfance dans le cadre d’un service public de qualitĂ©, afin de permettre aux femmes de travailler comme elles le souhaitent ;
  • La mise en place d’un service public de cellules d’écoute et d’accompagnement, pour les travailleurs et travailleuses victimes de pressions psychologiques ou de harcĂšlement sexiste ;
  • Une prise en charge globale de la santĂ© des femmes dans un service public de qualitĂ© (accĂšs aux soins, bien-traitance mĂ©dicale, prise en compte des douleurs menstruelles et maladies gynĂ©cologiques dans l’arrĂȘt de travail, maternitĂ©s de petite taille et de proximitĂ©, remboursement des moyens de contraception et d’hygiĂšne intime) ;
  • Le dĂ©veloppement des structures d’hĂ©bergement et d’accompagnement pour les femmes victimes de violences et l’augmentation des moyens qui leur sont attribuĂ©s, pour un accueil digne et gratuit.

Nous exigeons l’accueil immĂ©diat et sans condition (mais dans de bonnes conditions !) de toutes les femmes (et de leurs familles) qui quittent leurs pays Ă  cause de la misĂšre et de l’oppression, victimes de violences sexistes ou de la traite prostitutionnelle. Nous exigeons Ă©galement que les multinationales françaises appliquent au sein de leurs entreprises, dans tous les pays du monde, les mĂȘmes rĂšgles qu’en France en termes de salaires, de congĂ©s maternitĂ© et parentaux.

Nos syndicats soutiennent toutes les luttes pour l’émancipation des travailleuses, dans tous les secteurs et Ă  travers le monde, contre toutes les formes d’oppression, contre l’obscurantisme, la traite prostitutionnelle et pour l’égalitĂ© Ă©conomique et sociale.




Source: Cnt-f.org