Mars 15, 2021
Par Point De Ruptures
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En ce 8 mars, journée internationale des femmes,

Voici quelques propositions de lectures pour armer notre réflexion féministe :

La révolution féministe, d’Aurore KOECHLIN : la lutte des femmes a une histoire et ce livre revient sur son déroulement. Exercice nécessaire pour comprendre les féminismes d’aujourd’hui.

En Catimini, histoire et communiqués des Rote Zora : le récit d’un groupe clandestin qui durant 20 ans s’est organisé en armes et entre femmes dans une perspective de lutte féministe.

Où va le féminisme ? De Vanina : compilations de plusieurs articles de Vanina qui nous rappelle combien la lutte féministe est indissociable de la lutte anticapitaliste.

Et comme 2021 est l’année anniversaire des 150 ans de la Commune, un livre qui vient de sortir et qui retrace la vie de Nathalie Le Mel, communarde et déportée avec Louise Michel en Nouvelle Calédonie :

– Nathalie Le Mel, Une communarde bretonne, révolutionnaire et féministe, d’Eugène Kerbaul.

Les femmes ont été en première ligne de cette insurrection historique car elles défendaient un féminisme populaire et révolutionnaire, et c’est à nous aujourd’hui de les sortir des oubliettes de l’histoire pour se rappeler la force de ces femmes qui se sont battues pour changer l’ordre social.

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La Révolution féministe

La quatrième vague du féminisme a commencé : venue d’Amérique latine, portée par les combats contre les féminicides et pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, amplifiée par le moment #MeToo, elle constitue aussi – surtout – un mouvement qui s’attaque à l’inégalité des rapports de production et de reproduction sous le capitalisme. Qui dépasse, sans les exclure, les revendications juridiques ou paritaires et repense l’ensemble de l’organisation sociale à partir des oppressions subies par les femmes et les minorités de genre.

Le féminisme est révolutionnaire ou il n’est pas : voilà la thèse soutenue par Aurore Koechlin, qui se propose d’abord de guider ses lectrices et lecteurs à travers l’histoire trop méconnue des différentes vagues féministes. Du MLF à l’intersectionnalité, de l’émergence d’un « féminisme d’État » au féminisme de la reproduction sociale, ce petit livre tire le bilan politique et intellectuel d’une quarantaine d’années de combats, repère leurs impasses, souligne leurs forces, pour contribuer aux luttes actuelles et à venir.

Aurore Koechlin

Aurore Koechlin est militante féministe et doctorante en sociologie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle travaille sur la gynécologie médicale en France.

Lien du livre : https://www.editionsamsterdam.fr/la-revolution-feministe/

En Catimini… Histoire et communiqués des Rote Zora

En catimini cherche à nourrir, à travers l’expérience des Rote Zora, une réflexion collective autour de notre besoin de s’organiser. Sans chercher un quelconque modèle, une voie déjà tracée, mais plutôt en fouillant dans les expériences passées les outils  nous  permettant de rompre avec l’impuissance du présent. Éviter le piège du légalisme neutralisateur tout autant que l’impasse de la clandestinité totale. Et avancer sans tomber dans les geôles de l’État.
Les Rote Zora, parmi quantité d’autres groupes de la même époque, parfois plus éphémères, parfois sans noms et sans revendication, ont su échapper à la répression. Il importe que leur expérience soit connue pour rappeler, à travers elles, que la lutte n’a pas fatalement l’issue toujours médiatisée de l’enfermement.

En catimini… est le premier ouvrage en français consacré aux Rote Zora. Ce groupe de femmes en armes a été actif de 1977 à 1995. Peu connu en France jusqu’à présent, il a pourtant marqué l’histoire du féminisme en RFA tout autant qu’il a suscité un vif intérêt au sein de l’autonomie allemande alors en ébullition.

Leur pertinence, leur mode d’organisation et leur capacité à agir en pleine période de répression font de leur histoire une expérience qui n’a rien perdu de son actualité.

Dans une première partie de l’ouvrage, deux textes reviennent sur trois décennies de politique sécuritaire et mettent en perspectives le parcours des Rote Zora et des Cellules révolutionnaires (RZ) auxquelles elles sont liées. Dans un second temps, la parole est donnée aux Rote Zora elles-mêmes au travers d’un texte de présentation de leur groupe, d’une interview et d’une sélection de communiqués d’actions. Ainsi, un tour d’horizon des multiples thématiques abordées témoigne de l’indissociabilité des luttes dans une perspective révolutionnaire.

Lien du livre : https://encatiminirotezora.wordpress.com/

Vanina

Où va le féminisme ?

Dans le bouillonnant après-68, cette affiche reflétait bien l’air du temps en affirmant que la lutte des classes et la lutte contre la domination masculine allaient de pair pour changer radicalement la société.
Mais la fin des Trente Glorieuses et du bloc soviétique, la propagande « libérale » et les thèses postmodernes ont ensuite fait oublier le désir de révolution. L’Université s’est emparée des questions du genre et des minorités, avec la « théorie queer » et les analyses sur l’« intersectionnalité ». Le féminisme a évolué vers une demande d’intégration émanant surtout de femmes des classes moyennes et supérieures – et passant par la suppression des inégalités salariales avec les hommes et par une répression accrue des violences masculines. L’exploitation de classe a été reléguée derrière une foule d’oppressions à déconstruire individuellement dans la société existante…
On ne réforme pourtant pas un système – et s’émanciper du capitalisme et du patriarcat implique toujours de concrétiser ce projet collectif : la révolution sociale !

Avril 2020

Lien du livre : https://editionsacratie.com/ou-va-le-feminisme-vanina/

Eugène Kerbaul

Nathalie Le Mel, une communarde bretonne…

Moins connue du grand public que son amie Louise Michel, Nathalie Le Mel fut l’une des femmes qui jouèrent un rôle marquant pendant la Commune. Originaire de Brest, elle fut l’une des pionnières du féminisme en milieu populaire, du syndicalisme ouvrier, participa à des comités de grèves sous Napoléon III et arracha après une grève de relieurs et relieuses la parité des salaires masculins et féminins avec l’aide de son ami Eugène Varlin en 1865… Elle tint un temps une librairie à Quimper. Arrivée à Paris, elle se lia au mouvement révolutionnaire naissant et travailla avec Varlin à l’organisation des restaurants populaires et des luttes syndicales. Pendant la Commune, elle fut l’une des dirigeantes de l’Union des Femmes. Puis ce furent les barricades, la féroce répression versaillaise, la condamnation et la déportation en Nouvelle-Calédonie. Cette bretonne, féministe et révolutionnaire, est une figure courageuse et attachante. A redécouvrir…

Lien du livre : https://www.letempsdescerises.net/?product=nathalie-le-mel-une-communarde-bretonne


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Source: Pointderupture.noblogs.org