« La 5G cristallise un paquet de colĂšres Â»

CQFD n° 190 / septembre 2020

Avec la connexion surpuissante du prochain rĂ©seau de tĂ©lĂ©phonie mobile, on pourra dans les annĂ©es qui viennent tĂ©lĂ©charger un film entier en quelques secondes. Un progrĂšs ? La 5G ouvre surtout la porte au monde dĂ©shumanisĂ© du tout connectĂ©, oĂč chaque objet qui nous entoure pourra jouer les mouchards et renseigner l’industrie sur le moindre de nos comportements. Ce qui n’a pas l’heur de plaire Ă  tout le monde
 Entretien avec Nicolas BĂ©rard, journaliste au mensuel Ă©cologiste L’Âge de faire et auteur du livre-enquĂȘte 5G mon amour [1].

Qu’est-ce que la 5G ?

« C’est le rĂ©seau mobile de cinquiĂšme gĂ©nĂ©ration. Le premier date des annĂ©es 1980, le deuxiĂšme des annĂ©es 90. Dans les annĂ©es 2000, on est passĂ©s Ă  la 3G. C’est Ă  cette Ă©poque-lĂ  que s’est produit le boum de la tĂ©lĂ©phonie mobile. La 4G, au dĂ©but des annĂ©es 2010, a correspondu Ă  la gĂ©nĂ©ralisation des smartphones permettant de regarder des vidĂ©os en ligne.

Si la 5G reprĂ©sente une rupture, c’est parce qu’il ne s’agit plus seulement de faire fonctionner nos tĂ©lĂ©phones, mais de connecter les objets qui nous entourent. Un document de la Commission europĂ©enne table sur 75 milliards d’objets connectĂ©s d’ici 2025. Cependant, rien ne dit que les industriels arriveront Ă  mener Ă  bien ce plan, parce que les gens ne semblent pas adhĂ©rer Ă  ce modĂšle autant que prĂ©vu. Â»

Ce concept d’objets connectĂ©s, c’est ce qu’on appelle l’internet des objets, en anglais Internet of Things (IoT). Un univers trĂšs large, qui va du grille-pain Ă  la brosse Ă  dents Ă©lectrique en passant par la voiture connectĂ©e : comme s’il s’agissait de toucher tous les domaines de la vie


« Oui, les industriels projettent de connecter tous les objets qui font partie de notre quotidien. Violet, une entreprise française que je cite dans le bouquin, disait en 2008 qu’il y a environ 6 000 objets dans une maison et – Ă  l’époque – seulement trois qui sont connectĂ©s : le tĂ©lĂ©phone, l’ordinateur et la tĂ©lĂ©vision. L’objectif, grosso modo, est de connecter les 5 997 restants.

Il s’agit de construire un monde oĂč tout est reliĂ©, oĂč chaque marchandise peut ĂȘtre tracĂ©e du dĂ©but Ă  la fin. Ça s’inscrit aussi dans le projet smart city  [2], avec des voitures autonomes censĂ©es fonctionner toutes seules, etc. C’est vraiment un projet global de sociĂ©tĂ©. Â»

Un projet qui a des aspects franchement inquiétants, notamment en termes de surveillance


« Selon une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par l’entreprise Ă©tatusienne Gartner, au cours des trois premiĂšres annĂ©es du rĂ©seau 5G, 70 % des objets qui y seront connectĂ©s seront des camĂ©ras de vidĂ©osurveillance [3] – l’idĂ©e Ă©tant Ă©videmment d’y adjoindre, par la suite, la reconnaissance faciale.

Sans mĂȘme passer par l’image, la surveillance sera omniprĂ©sente, dans le monde du travail par exemple. Avec les technologies actuelles, un chauffeur de poids lourd peut dĂ©jĂ  ĂȘtre pistĂ© en permanence : son patron peut savoir quel itinĂ©raire il a pris, oĂč et quand il fait une pause, etc. La 5G risque de gĂ©nĂ©raliser ce phĂ©nomĂšne : dĂšs lors que tous les objets seront connectĂ©s, le moindre mouvement, la moindre action pourront ĂȘtre surveillĂ©s. Notre façon de vivre n’aura plus aucun secret pour l’industrie. Â»

Chose assez rare en ce qui concerne un Â« progrĂšs Â» technique, un mouvement d’opposition Ă  la 5G commence Ă  Ă©merger. Cette fronde rappelle celle suscitĂ©e par le compteur connectĂ© Linky, au sujet duquel tu as Ă©galement Ă©crit un livre  [4]. Comment expliquer ce surgissement ?

« DĂ©jĂ , il y a un vrai problĂšme dĂ©mocratique. C’est ce qui s’est passĂ© avec Linky : quand les gens ont vu dĂ©barquer ce compteur, ils ont commencĂ© Ă  se renseigner et en creusant, en se rĂ©unissant, en discutant, ils se sont rendu compte qu’un monde Ă©tait en train de se mettre en place, impulsĂ© par nos dirigeants et toute la technostructure. Ce monde, c’est en gros celui de la smart city  : un vrai projet de sociĂ©tĂ©, au sujet duquel la population n’a jamais Ă©tĂ© concertĂ©e ni mĂȘme informĂ©e. On l’a entraĂźnĂ©e sur ce chemin sans lui laisser le choix, comme si c’était une marche naturelle. De ce constat est nĂ©e une rĂ©sistance, que la technostructure a tentĂ© de faire taire, en passant en force : Enedis a sommĂ© ses installateurs de poser coĂ»te que coĂ»te les Linky, quitte Ă  casser les cadenas posĂ©s sur les anciens compteurs par les rĂ©calcitrants.

Aujourd’hui, beaucoup des collectifs anti-Linky sont passĂ©s Ă  la lutte contre la 5G, qui est la continuitĂ© de ce compteur connectĂ© : c’est encore et toujours le monde de la smart city. Or il y a rĂ©ellement un ras-le-bol du numĂ©rique. Les gens n’ont plus le choix : pour dĂ©clarer ses impĂŽts, il faut passer par internet ; rĂ©server un billet de train sans connexion devient la croix et la banniĂšre ; au niveau professionnel aussi, l’informatique prend de plus en plus de place. Dans pas mal d’entreprises, les employĂ©s perdent peu Ă  peu la main sur ce qu’ils font. Leurs moindres faits et gestes pouvant ĂȘtre surveillĂ©s, ils perdent toute autonomie, toute capacitĂ© d’initiative, devenant de simples exĂ©cutants, des robots au service de leur boĂźte. Â»

Ce rejet de la 5G, c’est donc en fait celui du monde qui va avec ?

« La 5G cristallise un paquet de colĂšres. Notamment celle dirigĂ©e contre le fait d’aller toujours plus vite. Il y a eu la 2G, la 3G : les gens ont adhĂ©rĂ©. Avec la 4G, le consentement a continuĂ© parce qu’il peut ĂȘtre pratique de regarder de temps en temps une vidĂ©o sur son portable. Mais lĂ  quand on essaye de les faire rĂȘver en leur disant qu’avec la 5G, ça va aller encore plus vite, je crois que chez beaucoup de gens, ça ne prend plus, et mĂȘme que cela suscite un dĂ©goĂ»t, un rejet. Le confinement a peut-ĂȘtre encore renforcĂ© ce sentiment- lĂ  : nous sommes nombreux Ă  avoir dĂ©jĂ  l’impression d’aller beaucoup trop vite.

Et puis il y a la dĂ©shumanisation. C’est l’exemple type du facteur dont la tournĂ©e est construite par un algorithme et qui n’a plus le droit de s’arrĂȘter boire un cafĂ© chez les gens Ă  moins qu’ils aient payĂ© pour ça [5]. MĂȘme quand il s’agit des impĂŽts, tu ne peux quasiment plus jamais avoir quelqu’un en face de toi. Et c’est comme ça pour tout. Dans le meilleur des cas, tu peux appeler un numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone – et encore, c’est souvent un rĂ©pondeur automatique qui dĂ©croche ! Tout l’aspect humain est dĂ©sormais remplacĂ© par de l’informatique.

Au final, on peut tout Ă  fait considĂ©rer que la 5G est un grand projet nuisible, inutile et imposĂ©, comme l’a Ă©tĂ© l’aĂ©roport de Notre-Dame-des-Landes. Â»

Un autre point particuliĂšrement flippant, c’est l’aspect global de la 5G. Google, Amazon et Elon Musk (patron de Tesla) projettent d’installer des antennes-relais dans la stratosphĂšre pour qu’il n’y ait plus un seul mĂštre carrĂ© de la planĂšte qui reste hors rĂ©seau


« On peut sĂ©parer deux projets distincts : le projet franco-français de 5G, qui a priori ne va toucher dans un premier temps que les grandes mĂ©tropoles ; et ces projets encore plus fous qui arrivent des États-Unis. Ils consistent Ă  envoyer des satellites dans l’espace pour mettre en place un rĂ©seau planĂ©taire, de façon Ă  ce que tout puisse ĂȘtre tracĂ© et surveillĂ© en permanence. Ce n’est pas de la science-fiction : Elon Musk a rĂ©ellement obtenu l’autorisation [de la Commission fĂ©dĂ©rale Ă©tatsunienne des communications] de balancer plus de 40 000 satellites dans la stratosphĂšre. Question surveillance et libertĂ©, le 1984 de George Orwell est complĂštement dĂ©passĂ©. Â»

Et en termes d’écologie ?

« C’est une aberration. Pour mettre en place le rĂ©seau 5G, il va falloir aller chercher des matiĂšres premiĂšres, puis dĂ©penser Ă©normĂ©ment d’énergie pour le faire fonctionner. Ensuite, nous allons ĂȘtre poussĂ©s Ă  renouveler tout notre matĂ©riel : on sera censĂ©s acheter de nouveaux smartphones compatibles 5G, des frigos connectĂ©s qui nous diront s’il n’y a plus de yaourts, des oreil lers connectĂ©s qui nous indiqueront si on a bien dormi, etc. Et tout ça au nom d’un monde dont pas mal de gens ne veulent absolument pas ! Un monde de contrĂŽle, de surveillance, qui consiste Ă  aller toujours plus vite. Un monde de compĂ©titivitĂ© aussi, parce que c’est le discours que ses promoteurs tiennent : “La 5G on n’a pas le choix, parce que sinon on va prendre du retard sur nos voisins.” Les industriels tentent de faire passer cette technologie pour une super nouveautĂ©, alors qu’en rĂ©alitĂ©, c’est un projet du siĂšcle dernier, dĂ©passĂ©, qui repose sur un modĂšle dont on doit sortir. Â»

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Risque sanitaire : « Tous les citoyens vont servir de cobaye Â»

Quid des Ă©ventuels dangers des ondes de la 5G ? En France, aucune agence sanitaire publique n’a encore publiĂ© d’étude aboutie sur le sujet. Les enchĂšres pour l’attribution aux opĂ©rateurs de ces nouvelles frĂ©quences seront pourtant lancĂ©es Ă  la fin du mois de septembre, pour un dĂ©ploiement des premiĂšres antennes dans l’annĂ©e qui suivra. Ci-dessous, Nicolas BĂ©rard dĂ©taille ses inquiĂ©tudes.

En quoi la 5G va-t-elle augmenter notre exposition aux ondes ?

« Sur cette question, je pense qu’il faut partir d’un constat : beaucoup de gens disent souffrir des ondes. MĂȘme s’il est difficile de quantifier le phĂ©nomĂšne, c’est un fait et une agence sanitaire comme l’Anses [Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail] reconnaĂźt que ces personnes existent et qu’il y en a de plus en plus.

Avec la 5G, on va doubler le nombre d’antennes telles qu’on les connaĂźt actuellement : les antennes en haut d’un pylĂŽne, dites antennes-hauteur. Mais en plus, on va ajouter de petites antennes dotĂ©es d’une trĂšs importante capacitĂ© de transmission. Or, le dĂ©faut de ces derniĂšres, c’est qu’elles utilisent des ondes Ă  trĂšs haute frĂ©quence, qui ont beaucoup de mal Ă  traverser les obstacles. Si une feuille tombe d’un arbre, elle peut couper le faisceau. La solution Ă  ce problĂšme ? Poser des antennes partout : on parle d’en mettre une tous les 100 mĂštres en milieu urbain.

Tout cela va forcĂ©ment augmenter l’épaisseur du brouillard Ă©lectromagnĂ©tique, que certaines personnes ne supportent dĂ©jĂ  plus. C’est d’autant plus problĂ©matique qu’on ne dispose d’aucune Ă©tude sur les effets sanitaires potentiels, sachant que la 5G a recours Ă  des frĂ©quences d’ondes diffĂ©rentes de celles utilisĂ©es actuellement ; or, en fonction des frĂ©quences, une onde peut avoir, ou non, des effets sur la santĂ©. Ça dĂ©pend de nombreux facteurs, d’autant plus qu’il peut y avoir des effets cocktails. Mais ce qui est sĂ»r, c’est qu’aucune Ă©tude n’a encore Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  ce jour. Â»

Dans ton livre, tu racontes qu’un responsable de l’Anses s’est plaint d’un manque de donnĂ©es techniques, qui ne permettait pas Ă  l’agence de rĂ©aliser les Ă©tudes nĂ©cessaires


« Au dĂ©part, sous prĂ©texte de secret des affaires, les industriels ne voulaient mĂȘme pas donner les informations techniques sur le fonctionnement de leur rĂ©seau, donc l’agence ne pouvait pas travailler. Finalement ils ont commencĂ© Ă  divulguer quelques informations, permettant Ă  l’Anses de se mettre au boulot
 A priori elle devrait rendre ses conclusions en 2021. Les personnes rĂ©clamant un moratoire le font notamment en expliquant qu’attendre les rĂ©sultats de cette Ă©tude est un minimum. Histoire qu’on ait au moins une petite idĂ©e des impacts que la 5G peut avoir. Dans le cas contraire, tous les citoyens vont servir de cobaye. Â»

Dans ton livre, tu expliques que le flou rĂ©gnant autour de la dangerositĂ© des ondes (5G ou autres) tient au fait que les dĂ©s sont pipĂ©s, le secteur de la tĂ©lĂ©phonie mobile ayant dĂ©veloppĂ© une Â« industrie du doute Â»â€Š

« C’est une technique de lobbying qui a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e par l’industrie du tabac. L’idĂ©e : si des Ă©tudes scientifiques montrent que la cigarette provoque le cancer du poumon, il faut produire soi-mĂȘme des Ă©tudes semblant dĂ©montrer le contraire. MĂȘme si plus tard, il se rĂ©vĂšle qu’il y avait des biais dans ces Ă©tudes-lĂ , qu’elles n’étaient pas valables, elles auront quand mĂȘme tuĂ© les certitudes. Et le doute profite Ă  l’industrie, car en l’absence de certitudes, elle peut poursuivre son business.

C’est pareil avec les ondes de la tĂ©lĂ©phonie mobile. Des Ă©tudes trĂšs sĂ©rieuses, notamment celles financĂ©es par de l’argent public, montrent que les ondes peuvent avoir des effets nĂ©fastes sur la santĂ©. Mais en parallĂšle, une palanquĂ©e d’études rĂ©alisĂ©es par des instituts privĂ©s financĂ©s par les opĂ©rateurs semble montrer l’inverse. À mon sens, un scientifique Ă©tudiant honnĂȘtement la littĂ©rature scientifique disponible aujourd’hui ne pourrait pas affirmer que les ondes n’ont pas d’effet sur la santĂ©. AprĂšs, il reste Ă  savoir quelle est la gravitĂ© de ces effets. Un indice : un programme de recherche public Ă©tatsunien – le National Toxicology Program – a rĂ©cemment conclu chez les rats Ă  l’existence d’un lien certain entre l’exposition Ă  des ondes Ă©lectromagnĂ©tiques de type tĂ©lĂ©phonie mobile et le dĂ©veloppement de schwannomes – une sorte de tumeur. Â»

Dans 5G mon amour, tu dĂ©cris une offensive trĂšs large, avec un lobby de la tĂ©lĂ©phonie mobile actif dans de nombreux milieux : chez les scientifiques, les mĂ©decins, mais aussi dans les mĂ©dias, dont beaucoup appartiennent Ă  des opĂ©rateurs  [6]


« Le poids de ce lobby est hallucinant. En France, il a ses relais au gouvernement : la start-up nation s’inscrit en plein dans le projet 5G, smart city, etc. D’ailleurs la loi Macron de 2015 â€“ quand il Ă©tait ministre de l’Économie – n’était pas consacrĂ©e qu’au dĂ©veloppement du transport par cars, mais Ă©galement Ă  l’abandon du rĂ©seau historique de tĂ©lĂ©phonie fixe. Si ce dernier n’est pas encore totalement dĂ©montĂ©, on ne peut dĂ©jĂ  plus ouvrir une ligne tĂ©lĂ©phonique fixe classique : on est obligĂ© d’avoir une box. Il faut Ă©galement signaler qu’au dĂ©but du quinquennat d’Emmanuel Macron, une taxe destinĂ©e Ă  financer de la recherche publique sur les ondes Ă©lectromagnĂ©tiques a Ă©tĂ© supprimĂ©e
 Or, s’il y a un domaine oĂč il est particuliĂšrement important de faire de la recherche publique, c’est bien celui-lĂ . Â»

Propos recueillis par Clair RiviĂšre

Notes :

[1] Sous-titrĂ© « EnquĂȘte sur la face cachĂ©e des rĂ©seaux mobiles Â», cet ouvrage a Ă©tĂ© publiĂ© au printemps aux Ă©ditions du Passager clandestin.

[2] Â« Ville intelligente Â» ou « ville connectĂ©e Â». Il s’agit d’un modĂšle urbain en plein dĂ©veloppement oĂč une multitude de capteurs accumule des donnĂ©es, permettant d’optimiser la gestion des flux de transports ou de circulation par exemple. Sa dĂ©clinaison sĂ©curitaire, la safe city (« ville sĂ»re Â»), facilitera la surveillance, avec entre autres des systĂšmes de vidĂ©osurveillance « intelligente Â» avisant automatiquement la police du moindre comportement ou rassemblement suspect sur la voie publique. Un outil de contrĂŽle social sans prĂ©cĂ©dent.

[3] La vitesse de connexion de la 5G permettra Ă  ces camĂ©ras de transmettre des images haute dĂ©finition sans passer par un rĂ©seau filaire.

[4] Sexy, Linky ? – Pour voir le vrai visage du nouveau compteur Ă©lectrique Linky sans se faire enfumer par ErDF, Le Passager clandestin, 2018.

[5] Pour 19,90 â‚Ź par mois, la Poste propose dĂ©sormais une formule « Visite rĂ©guliĂšre du facteur Â» Ă  destination des personnes ĂągĂ©es dont les proches vivent loin. « Le facteur, dĂ©crit la Poste, veille Ă  ce que votre parent se porte bien et engage un dialogue dit de “convivialitĂ©â€. Si la situation le nĂ©cessite, il peut dĂ©clencher une alerte et prĂ©venir les secours. Â»

[6] Quelques exemples parmi bien d’autres : le groupe TF1 appartient Ă  Bouygues, BFM-TV fait partie du mĂȘme groupe que SFR, Le Monde compte parmi ses actionnaires un certain Xavier Niel, patron de Free


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Les antennes 5G dĂ©jĂ  actives (en « phase de test Â»â€Š) en France (source : Le Parisien du 18 septembre)

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Messieurs, Mesdames, que le business commence !

L’Usine Nouvelle / lundi 7 septembre 2020

Les enchÚres destinées à attribuer des fréquences mobiles 5G aux opérateurs télécoms français débuteront le 29 septembre. Retardée à cause du Covid-19, cette date a été confirmée lundi 7 septembre par le président du régulateur français des télécoms, Sébastien Soriano.

« Les enchĂšres auront lieu. Elles commenceront le 29 septembre et elles dureront le temps que les diffĂ©rents opĂ©rateurs concourent et augmentent les prix pour avoir une quantitĂ© de frĂ©quences plus ou moins importante Â», a expliquĂ© le prĂ©sident de l’Arcep, interrogĂ© par franceinfo. Les enchĂšres devaient initialement se tenir en avril.

Bouygues Telecom (Bouygues), Orange, Free (Iliad) et SFR (Altice) ont dĂ©jĂ  obtenu chacun un bloc de 50 mĂ©gahertz (MHz) au prix unitaire de 350 millions d’euros dans le cadre de la premiĂšre partie du processus d’attribution. La deuxiĂšme partie du processus, dans le cadre d’enchĂšres, doit permettre d’attribuer le solde des frĂ©quences disponibles, soit 11 blocs de 10 MHz. Le gouvernement a dĂ©cidĂ© que ce total de frĂ©quences ne doit pas ĂȘtre cĂ©dĂ© en dessous de 2,17 milliards d’euros.

SĂ©bastien Soriano a Ă©galement rĂ©agi aux critiques sur la nouvelle gĂ©nĂ©ration mobile. La 5G suscite plusieurs inquiĂ©tudes, que ce soit sur la croissance des objets connectĂ©s, sur son bilan carbone ou encore sur ses Ă©ventuels risques pour la santĂ©. L’Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire (Anses) doit publier un rapport sur le sujet dĂ©but 2021 aprĂšs une premiĂšre Ă©tude prĂ©liminaire dĂ©voilĂ©e en janvier.
« Nous n’allons pas imposer la 5G. D’abord parce que la 5G n’est pas un projet de l’État. C’est un projet industriel qui est portĂ© par les opĂ©rateurs tĂ©lĂ©coms Â», a commentĂ© SĂ©bastien Soriano.  [
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Quelques dates

Cependant, l’installation des antennes-hauteur va prendre du temps. Selon Wikipedia, qui cite un article du Monde du 19 septembre,

 Â» Le prix de chaque bloc de 50 MHz a Ă©tĂ© fixĂ© Ă  350 millions d’euros, avec un engagement des opĂ©rateurs de respecter un calendrier de couverture du territoire en 5G par opĂ©rateur :

  • deux villes en 2020 ;
  • 300 sites en 2022 ;
  • 8 000 sites en 2024 ;
  • 10 500 sites en 2025 ;
  • couverture progressive du rĂ©seau routier.

La 5G ne sera donc pas installĂ©e sur tout le territoire tout de suite : 10 500 antennes par opĂ©rateur, soit 42 000 antennes, seront dĂ©ployĂ©es d’ici Ă  2025 sur les 85 000 sites dĂ©jĂ  existants. Â»

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Mais les autres ondes (3G et 4G) sont dĂ©jĂ  lĂ , et depuis quelques dizaine d’annĂ©es !

Les portables pourraient jouer un rÎle dans la mortalité des insectes

20 Minutes / jeudi 17 septembre 2020

Le rayonnement de nos tĂ©lĂ©phones portables pourrait accentuer la diminution du nombre d’ insectes en Europe. C’est en tout cas la conclusion d’une ONG allemande, qui s’est penchĂ©e sur une centaine d’études sur le sujet.

L’exposition croissante de l’environnement aux rayonnements Ă©lectromagnĂ©tiques a « probablement une influence sur le monde des insectes Â», estime cette analyse, publiĂ©e ce jeudi, des donnĂ©es de 190 Ă©tudes menĂ©e par l’Association allemande pour la conservation de la nature (NABU) en collaboration avec deux ONG allemande et luxembourgeoise.

Cette analyse intervient au moment oĂč l’Europe prĂ©pare l’arrivĂ©e prochaine de la technologie 5G, qui doit proposer un dĂ©bit 100 fois plus rapide que celui des rĂ©seaux 4G existants et suscite de nombreuses mises en garde, en particulier des Ă©cologistes. Quelque 60 % des Ă©tudes montreraient notamment, selon ces ONG, des effets nĂ©gatifs sur les abeilles, les guĂȘpes et les mouches.

Ces effets indĂ©sirables vont d’une perte de la capacitĂ© d’orientation due aux champs magnĂ©tiques Ă  la dĂ©tĂ©rioration du matĂ©riel gĂ©nĂ©tique et des larves. Le rayonnement des tĂ©lĂ©phones portables et des rĂ©seaux sans fil tels que le Wifi provoquerait en particulier chez les insectes l’ouverture des canaux calciques des cellules, entraĂźnant une importante introduction d’ions calcium dans l’organisme. Ce calcium Ă  forte dose dĂ©clenche des rĂ©actions en chaĂźne chez les insectes et un « stress cellulaire Â», selon l’étude.

Parmi ces rĂ©actions figureraient « une altĂ©ration du sens de l’orientation et une diminution de la capacitĂ© de reproduction Â». « Le rythme jour-nuit est perturbĂ© et le systĂšme immunitaire est mal activĂ© Â», soulignent en outre les auteurs du rapport. « Des Ă©tudes menĂ©es en GrĂšce montrent Ă©galement que le rayonnement des tĂ©lĂ©phones portables est nettement plus nocif que le champ magnĂ©tique d’une ligne Ă©lectrique Ă  haute tension Â», ajoutent-ils.

« Cette analyse de donnĂ©es montre que nous devons garder les yeux ouverts dans toutes les directions lorsque nous analysons les causes du dĂ©clin spectaculaire des insectes Â», explique dans la prĂ©sentation de l’étude Johannes Enssle, responsable de NABU dans la rĂ©gion du Bade-Wurtemberg.

« Le sujet est inconfortable pour beaucoup d’entre nous car il interfĂšre avec nos habitudes quotidiennes et il y a de puissants intĂ©rĂȘts Ă©conomiques derriĂšre la technologie des communications mobiles Â», fait valoir Johannes Enssle. La biomasse des arthropodes a diminuĂ© en dix ans en Europe de 67 % dans les prairies et de 41 % dans les forĂȘts, selon une Ă©tude allemande publiĂ©e en octobre 2019 dans la revue Nature.


Article publié le 20 Sep 2020 sur Attaque.noblogs.org