Avril 20, 2021
Par Indymedia Lille
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Les logements sociaux (et leurs habitant-e-s) seront les premiers exposés aux risques

 

On l’a vu dans la première partie du dossier, peu importe le rapport à venir de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire), il est impossible d’anticiper les conséquences qu’aura la 5G sur notre santé et sur les écosystèmes. Mais les opérateurs téléphoniques, l’État et tous les industriels qui ont intérêt au développement de cette technologie mettent la pression pour que la 5G soit activée partout.

 

L’installation de la 5G sur le territoire s’accompagne de la construction de nouvelles antennes-relais, puisque la 5G nécessite une densité d’antennes plus importante pour fonctionner. Surtout, les dispositifs déjà existants de 3G et 4G sont souvent complétés par les petits boîtiers blancs visibles sur les antennes et caractéristiques de la 5G. C’est par ces antennes que seront transmises les ondes 5G, bien plus puissantes que les précédentes.

 

À Lille, où se trouvent ces antennes ?

 

En campagne, les antennes-relais sont souvent en plein milieu de forêts ou de champs, donc loin des habitant-e-s. En ville, c’est différent. Même s’il y a quelques antennes-relais isolées, la plupart sont en réalité sur les toits de grands immeubles. Le site officiel cartoradio.fr les répertorie dans une carte interactive très bien faite et précise.

Ainsi, certain-e-s habitant-e-s lillois-e-s se retrouvent avec une antenne sur leur toit. Si il s’avérait que les ondes 5G sont cancérigènes, comme plusieurs études laissent à penser, on n’ose pas imaginer les conséquences sur la santé des personnes habitant au dernier étage d’un immeuble équipé d’une antenne-relais…

 

Et, surprise ! Quand on compare la carte des antennes-relais à Lille et la carte des logements LMH (logements sociaux gérés par la MEL), on se rend compte qu’elles correspondent beaucoup ! La plupart des antennes-relais (y compris les antennes 5G) se trouvent sur le toit de logements sociaux.

Par exemple, Boulevard de Metz, on trouve sur les toits de la Résidence « Concorde » deux antennes de l’opérateur Free, équipées des 3, 4 et 5G, sur les toits du 76 et du 90 du boulevard. Au 104, on retrouve une antenne SFR équipée de la 4G. À Moulins, la Résidence « Alsace » a elle aussi droit à ses antennes sur le toit (une antenne 4G/5G de SFR, et une antenne 4G/5G de Bouygues).

Même chose pour la Résidence « Sylvere Verhulst » à Lille-Sud (avec ses trois antennes 5G et ses quatre antennes 4G) ou encore la Résidence « Jules Vallès » (avec quatre antennes 5G et six antennes 4G) toujours à Lille-Sud.

 

La liste est longue, car le nombre d’antennes est énorme. Ce qui est marquant, c’est que la majorité se trouve sur des logements LMH. Si vous habitez en logement LMH est que votre immeuble est grand, vous pouvez parier sur le fait qu’il y a une antenne 4G (et peut-être déjà 5G) au-dessus de votre tête (pour vérifier, rendez-vous sur le site cartoradio.fr).

 

Que peut-on en dire ? C’est simple : les gens qui habitent en logements sociaux (donc les personnes les plus précaires et les plus pauvres) seront les premiers à être exposés aux ondes de la 5G. Ce sont ces personnes qui subiront les conséquences sanitaires d’une technologie dont nous ignorons les risques (cancers et électrosensibilité par exemple). C’est une honte que la mairie procède ainsi, et expose les populations les plus en difficulté à un potentiel risque très dangereux pour la santé. Pire, c’est malhonnête, car la mairie n’informe pas (ou mal) les habitant-e-s de ce qu’il se passe au-dessus de leur tête, et ne les consulte pas. Ces habitant-e-s sont donc moins en capacité de se défendre, et de s’organiser contre une technologie destructrice.

 

Lutter contre la 5G, ce n’est donc pas seulement lutter contre le « progrès » technologique ou pour une vision décroissante de la société, c’est aussi une lutte sociale pour protéger la santé des classes populaires et des gens les plus précaires, qui seront les premiers touchés par les conséquences sanitaires des nouvelles ondes.

 

(Dans la troisième partie du dossier, on s’intéressera à l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR), l’instance censée alerter sur les risques éventuels des fréquences radios et autres ondes, et protéger les populations. On verra que les gens qui composent l’ANFR sont loin d’être des expert-e-s indépendant-e-s…)

 

En lien :

→ La carte interactive des antennes-relais par l’ANFR

→ La carte des logements LMH dans la métropole.

→ La première partie du dossier 5G : « Un moratoire, et après ? »


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Source: Lille.indymedia.org