Mai 14, 2021
Par Indymedia Lille
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L’Agence Nationale des Fréquences Radio, une vaste blague pour assurer notre sécurité

 

L’ANFR, c’est l’agence nationale qui est chargée du contrôle des ondes et des fréquences sur le territoire. Dans le cadre de la diffusion de la 5G, c’est cette instance qui devra garantir la sécurité de la population, par des mesures et des contrôles sur les ondes. C’est aussi elle qui fixe les barèmes de contrôle, pour savoir ce qui est dangereux ou pas.

 

Comme nous l’avons déjà dit, la 5G présente des risques inconnus et difficiles à évaluer. Le rôle de l’ANFR sera d’avertir la population si elle détecte la moindre anomalie.

 

Problème, on a remarqué qu’il est assez difficile de croire en sa neutralité. En regardant la composition du conseil d’administration, les personnes chargées de nous protéger des risques de la 5G sont loin d’être indépendantes des lobbies des télécommunications et des grands opérateurs téléphoniques.

 

Le conseil d’administration de l’ANFR est divisé en quatre parties.

 

D’abord six personnalités « choisies en fonction de leurs compétences » :

- Le président du CA, Jean-Pierre Le Pesteur, est ingénieur dans l’armement (c’est probablement un farouche défenseur du droit des populations…).

- Joëlle Gauthier, elle, est actuellement vice-présidente chez Nokia, l’une des principales entreprises d’installation d’antennes 5G. Elle a aussi travaillé plusieurs années dans le management, le marketing et la « recherche-innovation » chez Alcatel, autre géant des télécommunications.

- Thomas Grenon a lui travaillé chez Saint-Gobain puis au sein du groupe LVMH, avant de rejoindre AXA France et enfin la Royal Bank of Scotland. Tout ça saupoudré de postes par-ci par-là dans le secteur public. Il est au CA de l’ANFR en tant que directeur général du Laboratoire National de Métrologie et d’Essais, où il travaille notamment sur les « domaines porteurs à forte valeur ajoutée » comme l’intelligence artificielle, les nanotechnologies ou encore la cybersécurité. Un grand défenseur de l’intérêt général quoi.

- Arnaud Lucaussy, lui est connu pour son apparition dans la liste des « Macron Leaks ». Il a participé au financement de la campagne d’Emmanuel Macron, dont le trésorier n’était autre que Cédric O, aujourd’hui secrétaire d’État à la transition numérique et aux communications électroniques, chargé notamment du développement de la 5G. La boucle est bouclée. Par ailleurs, Arnaud Lucassy est aussi aussi secrétaire général de TDF (Télécommunication de France) dont le slogan est « relier partout, plus vite ». On imagine qu’il aura beaucoup de recul pour juger du bien fondé de la 5G.

- Emma Park travaille elle chez SIGFOX, un opérateur de télécommunications français spécialisé dans l’internet, possédant son propre réseau de 1300 antennes, et partenaire d’entreprises américaines telles que Texas Instruments ou Silicon Labs. Tout un programme.

- Enfin, Joëlle Toledano est professeur à Paris-Dauphine mais aussi et surtout membre des conseils d’administration de deux startups du numérique !

 

Non, non ! Il n’y a aucun conflit d’intérêt. Si la 5G était dangereuse, c’est sûr que ces gens-là renonceraient aux bénéfices de leurs industries et nous préviendraient voyons !

 

La deuxième rubrique du conseil d’administration de l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR) se compose de 10 représentant-e-s des ministères, beaucoup travaillent dans les ministères liés au numérique et aux technologies. Tou-te-s font parti du gouvernement Macron. On n’entre pas dans le détail ici, on vous met au défi de trouver parmi eux une personne qui n’est pas pro-« croissance » et progrès technologique.

 

Viennent ensuite deux « représentants des autorités administratives indépendantes », à savoir Julien Mourlon du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) et Anne Laurent de l’ARCEP (Autorité de régulation des télécommunications) qui a notamment « piloté la mise en place du premier programme d’action pour développer le très haut débit » (site de l’ARCEP). Elle a également été chef du service de l’économie numérique à la Direction Générale des Entreprises (DGE) du ministère de l’économie et des finances. Sacrée indépendance vis-à-vis des apôtres de la technologie…

 

Restent enfin, Gilles Bregant, directeur de l’ANFR et défenseur de la 5G, ainsi qu’un fonctionnaire du ministère de l’économie et des finances et un agent comptable de la structure.

 

L’ANFR est une mascarade. On a chargé les pyromanes d’éteindre l’incendie. Tous ces gens sont des convaincu-e-s, voir des militant-e-s pro-5G. Le fait qu’on leur confie la protection des populations face aux ondes est un scandale. Si la 5G a des effets néfastes sur la santé dans le futur, l’ANFR sera bien plus là pour dissimuler l’information que pour alerter. À l’image des autorités nucléaires qui prétendent protéger – mais qui en réalité organisent la désinformation, la vraie mission de l’Agence Nationale des Fréquences n’est pas de défendre la santé des gens mais bien de développer toujours plus les réseaux de télécommunications et la 5G, quoi qu’il en coûte.



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Post-scriptum : Depuis l’écriture de cet article, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a rendu un rapport sur la 5G qui conclut à une absence de risques pour la santé. Il serait intéressant d’effectuer sur l’ANSES le même travail que nous avons fait ici sur l’ANFR.

Les jours suivant cette sortie, les médias locaux titrent directement que ce rapport lèvera le moratoire “symbolique” de la ville de Lille empêchant la seule activation de la quarantaine d’antennes déployées sur la ville (lire le 1er article de la série). La mairie semble sceptique et pour s’assurer un peu plus de “démocratie”, elle propose donc… un débat citoyen sur la 5G !

╬ En lien :

- Le Conseil d’Administration de l’ANFR (PDF sur le site de l’agence)

- La partie 1/3 du dossier 5G : « 5G à Lille : un moratoire, et après ? »

- La partie 2/3 du dossier 5G : « 5G à Lille : logements sociaux, premiers impactés ? »

- Tribune « Boycottons la 5G », publiée le 1er mai 2021 sur Libération.





Source: Lille.indymedia.org