Le Tribunal de commerce de Lille a rendu aujourd’hui sa décision suite à la mise en redressement judiciaire des magasins de prêt-à-porter Camaïeu. Malgré le rachat de l’enseigne par un fonds d’investissement bordelais, 500 salarié.es seront licencié.es pour motif économique.

Parmi les 3130 employés de l’enseigne de prêt-à-porter Camaïeu seuls 2619 conserveront leur emploi, les autres seront licenciés pour motif économique dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Telle est la conséquence de la décision prise ce lundi 17 août par le tribunal de de commerce de Lille.

Ce dernier a validé l’offre de reprise de la société Foncière immobilière bordelaise (FIB) au détriment de celle portée par l’actuel PDG de Camaïeu et soutenue par le syndicat majoritaire de l’entreprise, le syndicat maison Unis pour agir ensemble (38%).

Selon l’intersyndicale CGT-FO-CFDT, qui soutenait à l’inverse la proposition de la FIB, l’offre du PDG Joannes Soënen supprimait davantage d’emplois (2515) et de magasins (446) que celle de la FIB. Le fonds d’investissement bordelais avait également l’avantage de proposer un maintien du service logistique de la société en interne quand Joannes Soënen souhaitait l’externaliser.

Un redressement judiciaire voulu par le patron ?

Selon l’intersyndicale transnationale réunissant des syndicats français (CFDT, CGT et FO), belges (CNE et Setca) et luxembourgeois (OGBL), le redressement judiciaire de la société, entrepris le 26 mai, aurait été souhaité par son patron. Les syndicats en veulent pour preuve des mails internes de Joannes Soënen envoyés le 12 mars 2020. Consulté par le journal Belge La Libre,  ces mails demandent au directeur financier de l’entreprise « siphonner les comptes des filiales internationales Belge, Suisse et Luxembourgeoise », écrivent les syndicats dans un communiqué.

L’objectif : « passer par une faillite et non par un plan social négocié dans les pays concernés, un joli tour de passe passe à moindre coût pour Monsieur Soenen. L’impact direct pour les travailleurs est qu’ils ne recevront pas l’entièreté de leur indemnité », détaille l’intersyndicale.

Le patron dément quant à lui que ces transferts d’argent aient pu avoir pour but de provoquer la faillite de ces filiales. Reste que si tel était le plan du PDG, la décision du tribunal de commerce de Lille, qui ne lui permet pas de racheter sa propre entreprise, fait de son stratagème un véritable fiasco.


Article publié le 17 Août 2020 sur Rapportsdeforce.fr