Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées ce matin devant la préfecture de l’Hérault, à Montpellier, pour dénoncer l’expulsion programmée du squat « Le court-circuit ». située boulevard de Strasbourg à Montpellier, qui héberge depuis plus d’un an une soixantaine de personnes, notamment des exilés Albanais, dont de nombreux enfants. Le tribunal administratif de Montpellier avait accordé huit mois de délais au squat, faisant planer la menace d’une expulsion à partir du 24 juillet. À l’issue du rassemblement, appelé par le collectif « Bienvenue migrants 34 » et « Un toit pour tous », un entretien a eu lieu avec un fonctionnaire de la préfecture, qui s’est engagé à ne pas recourir à la force publique d’ici fin août.

60 personnes hébergées

Située boulevard de Strasbourg à Montpellier, ce squat héberge depuis plus d’un an une soixantaine de personnes, notamment des exilés Albanais, dont de nombreux enfants. Le tribunal administratif de Montpellier avait accordé huit mois de délais au squat, faisant planer la menace d’une expulsion à partir du 24 juillet. À l’issue du rassemblement, appelé par le collectif « Bienvenue migrants 34 » et « Un toit pour tous », un entretien a eu lieu avec un fonctionnaire de la préfecture, qui s’est engagé à ne pas recourir à la force publique d’ici fin août. Les personnes hébergées et leurs soutiens veulent éviter une confrontation avec à la police lors de l’expulsion et trouver des situations de relogement qui ne soient pas individualisées, mais collectives.

Le 12 juillet, plusieurs personnes étaient rentrés dans un ancien bâtiment de la Poste située au 1030 avenue Jean Mermoz dans l’espoir d’en faire un lieu d’hébergement, mais la police est intervenue pour procéder à une expulsion immédiate.

« Je suis enceinte de 6 mois et demi. Pourquoi ne suis-je pas relogée ? »

Pendant le rassemblement, des témoignages d’habitants ont été distribuées. Nous les retranscrivons dans leur intégralité :

« Je suis arrivée en France le 22 octobre 2016. J’ai habitué un peu plus d’un an au CADA. Le 12 janvier 2018, on m’a demandé de partir. Ensuite, j’ai habitué six mois dans un squat : la Providence. Nous étions dans une petite chambre d’environ 10 m². Après l’expulsion de la Providence, j’ai habité 9 mois dans un hôtel, puis un matin on m’a demandé de faire mes valises et de partir. Nous avons quitté l’hôtel le lendemain. Nous avons dormi 13 jours dans la rue et ensuite j’ai emménagé dans le squat boulevard de Strasbourg, la chambre est deux fois plus grande, mais c’est toujours trop petit pour quatre personnes. J’y dors avec mon mari qui est malade, mon fils de cinq ans et ma famille de deux ans et demi. La loi française dit que les familles avec des enfants de moins de trois ans ne doivent pas dormir dehors, on m’a déjà demandé pourquoi je n’étais pas à l’hôtel, je ne sais pas quoi répondre. Aujourd’hui, je suis enceinte de six mois et demi. Pourquoi ne suis-je pas relogée ? »

« Je suis en France depuis presque trois ans, depuis deux ans j’habite en squat. Les cinq premiers mois je dormais à l’hôtel avec ma famille ensuite on m’a mise dehors. Des gens m’ont aidée m’ont accueillie dans un squat avec beaucoup d’autres familles. Quand il a fermé j’ai emménagé dans le squat boulevard de Strasbourg. J’y habite depuis un an et aujourd’hui on nous demande de partir sans nous dire où aller. Avec mes deux enfants je ne peux pas dormir dans la rue. Pour le moment, c’est les vacances, je peux gérer le stress, mais à la rentrée, c’est plus compliqué, les enfants doivent aller au collège et à l’école. Maintenant le squat où j’habite avec beaucoup d’autres familles va se faire expulser. Si la préfecture elle le décide, elle peut empêcher ça. Je veux croire que je vais garder ma maison ».

« Je suis en France depuis deux ans, j’habite au squat boulevard de Strasbourg depuis un moment. Je viens d’Albanie et là-bas la vie de mes enfants n’est pas sûre. Pour cette raison je suis contente de rester en France même dans les squats, pour une vie sûre, sans problème et sans peur. Mes enfants et tou·te·s les autres sont scolarisé·e·s ici à Montpellier, ce n’est pas possible pour nous d’être expuls·é·e·s. On est sans argent et dans une situation instable mais on est rassurés d’être ici. »

12 000 logements vide à Montpellier pour 1500 SDF


Article publié le 23 Juil 2019 sur Lepoing.net