Le réseau Sortir du Nucléaire Côte-d’Or s’oppose à la prolongation de la centrale nucléaire du

Tricastin et adresse cette lettre à l’ Autorité de Sûreté Nucléaire de Lyon.

Lettre adressée à l’ Autorité de Sûreté Nucléaire de Lyon.

Ensemble, citoyens, associations, élus et vous, fonctionnaires, évitons à la France et aux français

un confinement nucléaire !

Après le “petit” confinement Covid, qui en effet a envie de connaître un confinement nucléaire, avec portes et fenêtres calfeutrées, eau contaminée à boire, aliments contaminés à manger, air contaminé à respirer, tous déplacements interdits et l’armée dans les rues pour nous maintenir confiné ??

Et dans ce cas dramatique, votre responsabilité de fonctionnaire pourrait être engagée.

A l’occasion des 40 ans de cette centrale, nous vous informons par la présente de notre opposition

à la prolongation de la durée de vie de la centrale nucléaire du Tricastin et de toutes les centrales

nucléaires de France.

Transition par la sobriété et les renouvelables !

A l’heure où le nucléaire est en déclin au niveau mondial, grâce aux avantages imparables des

énergies renouvelables (emplois locaux nombreux et non délocalisables, non nocivité, productions

prévisibles et complémentaires, baisse incroyable des prix pour devenir moins chères que

nucléaire et fossiles !), la centrale nucléaire du Tricastin est la première du parc nucléaire français

à entamer le processus en vue de sa prolongation au-delà de 40 ans.

Or elle a dû faire face à de nombreux problèmes qui remettent en cause sa sûreté et sa sécurité.

Pour toutes les raisons évoquées ci-dessous, nous vous demandons, en tant qu’associations

représentant des citoyens contribuables, soucieux et très fortement préoccupés de notre avenir et

de celui des générations futures, de ne pas autoriser la prolongation du réacteur 1 de la centrale

de Tricastin ni aucune autre.

Réacteur vieux et périmé !

Les réacteurs de 900 MW du parc nucléaire français, comme Tricastin 1, ont été conçus pour

fonctionner 30 ans, avec une marge de sûreté de 10 ans. Étirer leur durée de vie jusqu’à 50 voire

60 ans reviendrait à rogner sur les marges de sûreté : Malgré les travaux lourds et complexes prévus par EDF, certains équipements cruciaux pour la sûreté de l’installation nucléaire ne sont ni

remplaçables, ni réparables.

C’est le cas de la cuve, qui contient les assemblages de combustibles immergés, et de l’enceinte

de confinement en béton du bâtiment réacteur. Or la durée de vie d’un réacteur est directement

liée à l’état de sa cuve et de son enceinte.

Par ailleurs, de nombreux défauts viennent aggraver les risques liés au vieillissement : pièces

affectées par des malfaçons (65 « irrégularités » dénombrées sur le réacteur 1 du Tricastin), non-

tenue au séisme de certains équipements…

Cuve fissurée, risque d’accident majeur !

Avec le vieillissement, le risque de rupture brutale de la cuve augmente, obligeant à des

précautions supplémentaires. Ceci est d’autant plus préoccupant que la cuve du réacteur n°1 de la

centrale nucléaire du Tricastin est criblée d’une vingtaine de fissures, dont la plus longue mesure

11 millimètres. EDF prétend les surveiller, mais refuse pourtant de communiquer les données

précises sur leur évolution. Or la présence de ces fissures dans l’acier laisse craindre une

fragilisation supplémentaire qui accroîtra encore les risques.

Risques sismiques et d’inondations bien réels

La centrale du Tricastin est implantée dans une zone sismique relativement active. Le 11

novembre 2019, un séisme de magnitude 5,4 a secoué la région. Bien que l’épicentre se soit

trouvé à 26 kilomètres de l’installation nucléaire, des secousses ont été enregistrées sous la

centrale nucléaire. À cette occasion, des défaillances ont été mises au jour concernant la

résistance de certains équipements aux séismes ; les projections des séismes maximaux

probables dans cette zone se sont également révélées erronées.

Comme à Fessenheim, la centrale est située 6 mètres en contrebas de la digue du canal de

Donzère, qui amène l’eau nécessaire pour son refroidissement, et dont plusieurs portions ne

résisteraient pas à un séisme de forte amplitude. EDF a tardé à y entreprendre des travaux, si bien

que l’Autorité de sûreté nucléaire a dû mettre le site à l’arrêt pendant trois mois en 2017. En juin

2019, de nouveaux travaux ont été requis – qui ne sont toujours pas réalisés – pour renforcer la

digue, mais seraient-ils suffisants ? Et dans quelle mesure la digue n’a-t-elle pas été fragilisée par

le dernier séisme ?

Réacteurs inadaptés à la dérive climatique

Enfin, le réchauffement climatique en cours risque d’accroître la fréquence des risques naturels

extrêmes (inondation, sécheresse, incendies …). Pour pouvoir prolonger la durée de

fonctionnement des réacteurs, EDF est censée apporter la démonstration que ceux-ci pourront y

faire face. Mais ses calculs sur la capacité des installations à résister à de très fortes chaleurs ne

convainquent toujours pas l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN ). Alors que des records de température ont été battus l’été dernier

dans le Sud de la France, et cette année dès le mois d’avril, l’optimisme d’EDF pourrait avoir des

conséquences graves. Enfin, la baisse du débit du Rhône et l’élévation de sa température en été

pourraient entraîner à terme des conflits d’usage et obliger EDF à arrêter ou réduire la puissance

de ses réacteurs de plus en plus fréquemment.

A lire en version pdf –

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Nous vous remercions de prendre en considérations tous ces arguments,

Solairement vôtre, Sortir du Nucléaire Côte d’Or

Notre collectif regroupe des citoyens et les associations :

Alliance Ecologiste Indépendante / Amis de la Terre Côte d’Or / ATTAC / Combactive / EELV /

Ensemble ! 21 / Greenpeace / MAN / Nature & Progrès Bourgogne / NPA 21


Article publié le 07 Juin 2020 sur Dijoncter.info