Mai 28, 2022
Par Rennes Info
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L’Administration Pénitentiaire est responsable d’en moyenne une mort tous les trois jours parmi la « population pénale » dont elle a la charge. « Morts suspectes », suicides, tortures physiques et psychologiques, humiliations, peines inhumaines, refus de soin (etc.) sont autant d’horreurs quotidiennes se déroulant à l’abri des regards pour ne pas laisser de preuves.

La PRISON TUE !

Nous entendons par Prison, tous les lieux d’enfermement contraint, des Centres de Rétention Administrative (CRA) aux Services d’Accompagnement à la Sortie (SAS) en passant par les Centres Educatifs Fermés et les cellules de garde à vue. Toutes les violences systémiques (notamment le racisme, la transphobie et le validisme) y sont exacerbées. Dans ce huis clos sécuritaire, l’omerta et l’impunité règnent ; la parole des détenu.es/retenu.es est passée systématiquement sous silence. Les personnes immigrées et exilées sont emmenées régulièrement en garde à vue sans autre raison que d’être noires ou arabes. Dans les CRA, où elles sont maltraitées par la Police aux Frontières (PAF), le respect des droits les plus élémentaires a disparu.

Le 30 mai 2021, la mère d’Idir organisait avec le soutien du Réseau d’Entraide Vérité et Justice, une Journée Nationale contre les Violences Pénitentiaires. Idir Mederess se serait « suicidé » en septembre 2020 au mitard de Lyon-Corbas, deux semaines avant sa sortie. Ses proches n’en croient pas un mot, tout comme les proches de Sambaly Diabaté, de Jimony Rousseau, de Taoufik Belrhitri, et de beaucoup d’autres victimes de « mort suspecte » dans ces institutions.

Ces combats se situent dans la continuité de ceux contre les violences policières. La Prison est au coeur d’une chaîne pénale (lois sécuritaires et racistes-police-justice-prison) soumise aux injonctions de syndicats d’extrême-droite et d’une industrie sécuritaire internationale florissante. En Israël, la production et la diffusion de techniques d’oppressions et d’armements face auxquelles les Palestinien.nes résistent chaque jour (torture blanche, détention administrative, enfermement des mineurs) influencent largement le système carcéral français et mondial.

L’actuelle construction de ce complexe industrialo-carcéral est un choix de société dangereux pour toutes et tous. Au delà d’étendre les capacités d’enfermement, d’accaparer toujours plus de terres agricoles et de briser des centaines de milliers de vies chaque année ; c’est aussi le moteur d’une société sécuritaire et fascisante qui s’étend jusque dans la Santé et l’Education. Cela s’illustre également dans la politique extérieure et le maintien illégal en détention de prisonniers étrangers tels que Georges Ibrahim Abdallah (un des plus ancien prisonnier politique de France), ou Claudio Lavazza.

Demain, « au nom du peuple français », la Police arrêtera plus, la Justice enfermera plus, et la Prison tuera plus.

Pour faire face à cela, le Collectif des Sans-Papiers de Rennes (CSP35), le Collectif Justice et Vérité pour Babacar, le Réseau d’Entraide Vérité et Justice, le collectif Horizon Palestine ainsi que le Collectif Rennais Anti-Carcéral organisent cette Journée Nationale contre les Violences Pénitentiaires à Rennes le dimanche 29 mai prochain.

Pour cette occasion, nous vous invitons à multiplier les initiatives autour des violences pénitentiaires, brisons le silence qui étouffe les prisonnier.ères, diffusons leurs paroles et celles de leurs proches.

Venons montrer notre soutien aux personnes enfermées !

Avec le soutien du NPA, de la CNT et de l’Inter-organisation de soutien aux personnes exilées.




Source: Rennes-info.org