Mai 5, 2016
Par Indymedia Lille
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28 avril : une manif qui fait plaisir…

UNE MANIF QUI FAIT PLAISIR…

Lille, chloroformée par le paternalisme du patronat catholique et le clientélisme des socialos, semble se réveiller. La manif d’aujourd’hui en témoigne. Partie vers 14h30 de la porte de Paris, pour “le parcours traditionnel des manifestations syndicales”, elle change rapidement de chemin. En effet, une bande de 70 interluttants, étudiants de l’amphi Archimède occupé et de gens déterminés sont parvenus à se glisser dans l’hôtel des impôts, dans le quartier de la cité administrative. Une quarantaine de baceux armurés et agressifs les retiennent dans le temple lillois du dieu Fisc. Ces joyeuses et joyeux camarades ont déployé une gigantesque banderole “Medef paye tes impôts” et une plus modeste “On fait la révolution alors ?”.

Le cortège se met doucement en branle. Un cortège anticapitaliste derrière les banderoles “Loi, Travail, Retrait des 2, On pas des pantins”, “Ni chair à matraque, ni chair à patrons”, “Face au Capital, Grève, Blocage, Sabotage”, “Une vie cassée, une vitre brisée” s’insère au milieu des syndicats. Ni une ni deux, la CGT en tête de cortège est mise au courant du sort des copains et copines séquestré.es. Bonne réaction des syndiqués, ils sont nombreux à décider de partir là-bas. Sur place, les robocops sont en bas. Face à la manif, les copines et les copains sortent finalement de l’hôtel des impôts et se joignent à nous.

La présence policière s’avère particulièrement discrète. A n’en pas douter, des réserves sont cachées plus loin. Pas de BACeux pour serrer le cortège anticapitaliste. Des civils suivent à distance respectable. Il est évident que la flicaille de choc qui a pété la CNT et chopper deux copains sur des agressions imaginaires, pour finalement se faire couvrir par leur hiérarchie, se sont fait taper sur les doigts. Ils se la jouent scred. La théorie du “désordre tolérable” cher à Chewing-Gum, le chef chtar qui gère les manifs.

Pas de keufs. On en profite. On est nombreux, on fait ce que veut. Ca gueule, ça jette des pétard, ça crame des torches, ça taggue. La peinture vole. Apple et le Printemps sont largement repeint à coup d’extincteur. Le Printemps subit un rose du plus bel effet. Le design bourgeois, pas pour nous. Le cortège s’étoffe. On est plus de 500, motivé.es . Parmi les capuches, les foulards et les K-Way noirs, des étudiant.es propres sur eux, des gens masqués, des lycéennes et lycéens énervé.es, des copines et des copains de la CGT, des mamies en colère, une clown et une banane. Des jeunes, des précaires, des travailleurs en grève. Ils font pas si peur les méchants casseurs.

Rue Solférino, La Frite Rit prend cher. La boutique du fasciste hermant, indic des keufs en prison pour avoir vendu les flingues de Coulibaly, voit son rideau défoncé et marqué d’un “Antifa” rouge très esthétique. Belle action. La dissolution arrive place de la République. Pas question. On continue. On remonte la rue de Béthune, direction la grand place où les interluttants tiennent le théatre du nord. Les flics, bien mous jusque là, décide de montrer leur biceps. Ils bloquent l’entrée de la place, rue de Paris et balance une chiée de lacrymo sur cette joyeuses compagnie. On se replie on fait le tour et on arrive sur zone.

Les flics encerclent le théâtre, où sont les intermittent.es. On encercle les condés. Après avoir dégagés les intermittent.es du balcon, ils finissent par négocier. Ils se retirent. On les laisser passer. “Cassez vous ! Cassez vous !”. Finalement une AG dynamique se tient au soleil sur la place. Belle journée ! On se revoit bientôt.

Moralité : Après avoir recadré la poignée de craignos de l’union départementale qui a pondu un communiqué honteux de soutien à la police, le 22 avril, la CGT s’est bien reprise. La grogne de la base et la colère suscitée par la répression est largement partagée. Des CGTistes ont bloqué l’autoroute dans la matinée. Ils ont réagi de manière impeccable en allant nombreux soutenir les camarades occupant l’hôtel des impôts. Et les gens du cortège syndical n’ont absolument pas regarder le cortège anticapitaliste comme un ramassis de casseurs.

Moralité bis : les keufs vont devoir réviser leur stratégie. Ils nous tapent, on est plus nombreux. Ils nous laissent faire, on fait ce qu’on veut.

Ce n’est qu’un combat, continuons le début.





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