Mars 20, 2021
Par Le Pressoir
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C’est dans ce contexte, que la rĂ©union d’information, prĂ©vue en UFR droit et sciences politiques, s’est transformĂ©e en AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale (AG) qui a votĂ© l’occupation de l’Amphi A jusqu’au lendemain matin oĂč une nouvelle AG devait se tenir. Celle-ci n’a pu avoir lieu car dans la nuit du 22 au 23 mars un commando armĂ©, en lien avec des groupuscules d’extrĂȘme droite, a Ă©vacuĂ© par la force les Ă©tudiant·e·s mobilisé·e·s occupant l’amphi A, commando armĂ© Ă  qui il a Ă©tĂ© permis de pĂ©nĂ©trer dans le bĂątiment et de se livrer Ă  cette agression d’une extrĂȘme violence.

Les vidĂ©os de cette attaque ont fait le tour des mĂ©dias français, d’autant plus que le doyen de l’universitĂ© M. PĂ©tel et un Professeur d’histoire de droit M. Coronnel de Boissezon sont accusĂ©s immĂ©diatement par les victimes,le premier d’avoir fait entrer le commando et le second d’avoir pris part au violences.

Alors que le mouvement social prend une ampleur certaine tant au niveau montpelliĂ©rain que national, M. PĂ©tel dĂ©missionne. Une enquĂȘte de l’IGAENR (Inspection gĂ©nĂ©rale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche) est lancĂ©e et conclut Ă  la responsabilitĂ© des deux professeurs. Puis la section disciplinaire de la Sorbonne prononce une sanction de 5 ans d’interdiction d’enseigner pour M. PĂ©tel, tandis que M. Coronnel sera rĂ©voquĂ© de l’enseignement supĂ©rieur.

Sur le volet pĂ©nal une vague d’interpellations, ont eu lieu le mardi 11 septembre 2018 : huit personnes sont concernĂ©es dont M. PĂ©tel et M. Coronnel, ainsi que des sympathisants de la Ligue du Midi, une « organisation radicale Â» d’extrĂȘme droite.

Puis, le 5 dĂ©cembre 2019, selon le rĂ©quisitoire du parquet, le procureur de la rĂ©publique demande le renvoi de sept personnes devant le tribunal correctionnel par rapport Ă  ces violences. On y apprend plus en dĂ©tails les liens entre ce “commando armĂ©â€ et les militants et groupes d’extrĂȘme droite. Aujourd’hui, il reste encore des personnes Ă  identifier, cependant toutes nos demandes d’actes ont Ă©tĂ© rejetĂ©es par le juge. La prochaine audience est fixĂ©e au 20 et 21 mai et nous espĂ©rons la rĂ©ouverture de l’enquĂȘte.

Depuis cette date, on peut constater un regain d’activitĂ© des groupuscules d’extrĂȘme droite sur Montpellier, qui s’est notamment intensifiĂ© depuis la rentrĂ©e de septembre 2019. Des groupuscules d’extrĂȘme droite (Ligue du Midi, Action française, GĂ©nĂ©ration identitaire, etc…) mĂšnent depuis plusieurs mois des actions sur l’UniversitĂ© Paul ValĂ©ry ainsi que dans la ville pour tenter de se rendre visibles. Commençant par des collages d’affiches et d’autocollants, puis des intrusions et dĂ©gradations sur un local syndical. Une Ă©tudiante syndiquĂ©e a mĂȘme Ă©tĂ© agressĂ©e en pleine journĂ©e au sein du campus, ainsi que des militant-e-s le matin du 5 dĂ©cembre 2020. Mais Montpellier n’est pas seule concernĂ©e, des agressions ont aussi eu lieu Ă  l’UniversitĂ© de Nanterre ou encore Ă  Lyon.

Il est Ă  noter que la violence Ă  l’encontre de militant-e-s pour le progrĂšs social n’est pas en augmentation seulement chez les groupuscules d’extrĂȘme droite. En effet, l’État, vĂ©ritable outil de domination de la classe bourgeoise, a de plus en plus Ă  cƓur d’ĂȘtre son bras armĂ©.

De façon globale, nous assistons Ă  une rĂ©pression de la part du gouvernement de toutes les mobilisations, comme on a pu le voir depuis un an et demi avec le mouvement des gilets jaunes ou plus rĂ©cemment lors des mobilisations contre la rĂ©forme des retraites. Plus grave encore, avec une montĂ©e en flĂšche de la rĂ©pression contre le mouvement lycĂ©en. Alors qu’il y a quelques annĂ©es on aurait trouvĂ© impensable de voir les forces de l’ordre rĂ©primer un blocage, on assiste actuellement Ă  une gĂ©nĂ©ralisation de l’utilisation de gaz lacrymogĂšne, LBD40, matraque (ou mĂȘme grenade GLI-F4, Ă  confirmer) contre des lycĂ©en.ne.s. afin d’écraser la contestation. La rĂ©pression policiĂšre n’est pas seule, elle est accompagnĂ©e d’une forte rĂ©pression administrative avec, notamment une multiplication des mesures disciplinaires.

Ce qu’il s’est passĂ© il y a trois ans fait donc Ă©cho Ă  cette rĂ©pression gĂ©nĂ©ralisĂ©e des mouvements sociaux, en particulier dans les universitĂ©s et les lycĂ©es, avec notamment de nombreuses agressions fascistes envers des militants survenues ces derniers mois.

Ainsi, pour que les victimes soient entendues, pour que justice soit faite, mais aussi parce que nous n’oublions pas ni ne pardonnons aux agresseurs fascistes, rassemblons-nous en un front anti-rĂ©pression et antifasciste :

Le 22 mars prochain, Ă  14h pour un rassemblement suivi d’une confĂ©rence de presse devant le bĂątiment 1 de la facultĂ© de Droit et Sciences Politique. Nous terminerons sur un dĂ©part en manifestation antifasciste dans les rues de Montpellier.

Le Collectif du 22 Mars, Ni oubli, Ni pardon !




Source: Lepressoir-info.org