Il n’est jamais inutile de faire resurgir un morceau de l’Histoire occultée ; peut être un repère pour les nouvelles générations. Giordano Bruno est né à Nola, près de Naples, en 1548. Moine dominicain à 18 ans, il doit quitter son ordre en 1575 car suspect d’hérésie.

Bruno préfère la liberté de penser

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Il fuit d’abord à Rome, à Venise, puis à Chambéry puis enfin à Genève. Dans cette ville, il entre en conflit avec les autorités protestantes et doit fuir en France, d’abord à Toulouse puis à Paris. Il y publie ses premières oeuvres (De umbris idearum, Cantus circaeus, Sigillus sigillorum, Il Candelaio). Il quitte ensuite la France pour l’Angleterre où il fait éditer ses « Dialogues italiens » (La cena de le ceneri ; De la causa, principio e uno ; De l’infinito, Universo e Mondi ; Spaccio de la bestia trionfante ; Cabala del cavallo pegaseo con l’aggiunta dell’Asino Cillenio ; De gl’Heroici furori).

De retour à Paris, il doit de nouveau fuir l’hostilité des milieux des disciples d’Aristote. Il se rend alors successivement à Wittenberg, Prague, Helmstaedt et Francfort où il publie ses « Poèmes latins » (De minimo, De monade, De immenso et innumerabiblibus, ainsi que le De imaginum compositione). Après un séjour à Zurich, il rentre à Venise à l’invitation du patricien Giovanni Mocenigo qui désire apprendre les secrets de l’art de la mémoire. Là, il est dénoncé à « l’inquisition » vénitienne par ce même patricien, qui le loge.

Inventeur et philosophe maudit

Si l’on se souvient de lui comme d’un disciple de Copernic et inspirateur de Spinoza, en parfait esprit de la renaissance, il a touché à tout : philosophe, auteur de pièces de théâtre, mathématicien… mais surtout esprit libre et curieux, questionneur de dogmes, penseur indépendant n’ayant pas peur des chemins de traverse, débatteur acharné.

Inventeur de la mnémotechnique, il était capable de réciter des centaines de poèmes. Il a aussi formulé, dix neuf ans avant Galilée, le principe d’inertie, plus grande découverte de son époque. Si l’héliocentrisme a bouleversé les esprits, il n’a guère eu d’applications pratiques, tandis que le principe d’inertie, moins spectaculaire, ouvrait la porte à toute la science moderne. La raison pour la quelle on l’attribue à Galilée, c’est que ce dernier l’appuya sur des considérations expérimentales. L’ironie, c’est que les expériences de Galilée, on le sait aujourd’hui, étaient « bidon », car leur précision excédait largement les possibilités des instruments dont il disposait.

Mais Bruno fut avant tout un philosophe d’une rare audace. Et ses thèses étaient considérées comme une abomination par l’église catholique : mise en doute de la transsubstantiation, description d’un univers non géocentrique et infini, liberté de l’homme face à la société, liberté de conscience de l’individu, droit de l’étudiant à étudier toute thèse, même contraire au dogme du moment… Ce fut un « philosophe maudit ». Le monde dans lequel il était né, créé par un Dieu, abritait la seule planète habité


Article publié le 17 Fév 2020 sur Rebellyon.info