Le bonheur ! Vous ne savez pas comme je l’ai cherché, je m’en souviens à peine moi-même ; dans les livres graves, dans les lits douteux, dans la simplicité des choses…

(Journal de son engagement en Espagne, retrouvé après sa mort et recopié par Fortin, aujourd’hui conservé à l’IISG d’Amsterdam).



Née Brivadis (du nom de sa mère, Léontine Brivadis ) puis devenue Ango (après la reconnaissance par son père, Robert Ango) à 16 ans, elle quitte le domicile familial et est accueillie dans le foyer d’André Colomer et sa compagne Magdalena qui lui fait découvrir les idées libertaires. À partir de 1925, elle vit en union libre avec le compagnon Fernand Fortin, et milite au groupe « Education Sociale » que celui-ci avait créé à Loches en Touraine où elle commence à intervenir dans les meetings. De retour à Paris en 1928, elle intègre un groupe théâtral où, sous le nom de scène de « Mimosa », elle se produit lors de rencontres ou de fêtes libertaires. Elle collabore également à la « Revue Anarchiste » (créée par Fortin), qu’elle vend après ses récitals. Poursuivant parallèlement des études, elle obtient un diplôme d’infirmière. Le 7 novembre 1931, elle se marie à Colombe (Seine) avec le journaliste socialiste Miecsejslaw Kokoczynski (1910-2003).



Après l’éclatement de la révolution espagnole en juillet 1936, elle part à la mi-septembre en Espagne, et s’engage dans le Groupe International de la Colonne Durruti qui combat devant Saragosse. La participation massive des femmes à la révolution, aux épisodes insurrectionnels comme aux opérations militaires, est un des aspects les plus forts de la révolution espagnole. Toutefois la reconnaissance du droit des femmes à combattre n’est pas simple, et fait l’objet de pressions et de luttes [1]. En outre, les hommes jouent du fait qu’ils ont plus souvent reçu une instruction militaire pour se réserver ce domaine. Mimosa emploie alors ses connaissances médicales à l’infirmerie aux côtés d’autres militantes comme Augusta Marx et Madeleine Gierth (de nationalité allemande). C’est là, à Perdiguera (Aragon), qu’elles trouveront toutes trois la mort, le 16 octobre 1936, massacrées par les franquistes lors d’une contre-offensive.


Article publié le 16 Août 2019 sur Paris-luttes.info