Février 5, 2021
Par Rennes Info
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LE 13 FÉVRIER, MOBILISATION NATIONALE EN SOUTIEN AUX INCULPÉS DE LA
MASKARADE !

Le 30 janvier, nous étions à nouveau des dizaines de milliers dans la
rue. En soutien aux inculpés de l’affaire du nouvel an de Lieuron,
victimes d’une répression outrageusement excessive, mais aussi pour nous
opposer aux lois menaçant dangereusement nos libertés !
La convergence du monde de la fête libre avec les militants des “marches
pour les libertés” a rendu possible une mobilisation hors-normes. Ainsi
partout en France, une fois de plus les cortèges, riches de diversité
humaine et politique, rayonnaient de joie et de détermination.
Continuons de lutter contre un monde mortifère grâce à cette force
collective !

Les neuf personnes accusées d’avoir organisé le réveillon dénommé
« Maskarade » sont toujours sous contrôle judiciaire avec des restrictions
de mouvements et d’interactions très contraignantes. Également, ils
vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, le procureur leur
faisant miroiter la possibilité de lourdes peines de prison. Isolés,
contrôlés, immobilisés et terrorisés, c’est une peine qui ne dit pas son
nom.

Cette répression ne s’arrête pas aux neufs inculpés. D’incalculables
quantités de matériel ont été saisis. Enceintes de sonorisation, amplis,
lumières, structures, câbles, platines… même les vinyles et les camions
 ! Les propriétaires d’une grande partie de ce matériel n’étaient même
pas présents à Lieuron, tout comme leur matériel ne correspond pas aux
photos prises sur site. Aucun d’entre eux n’a d’ailleurs été mis en
examen, évidence même de l’absurdité de cette procédure

De plus, quand on analyse les charges qui pèsent sur les inculpés, on
s’aperçoit que les plus lourdes d’entre elles sont inapplicables ou ont
déjà fait l’objet à maintes reprises de jurisprudences. Éléments que le
procureur ne pouvait ignorer à son niveau.

À la lecture de ces faits il devient évident que l’objet de cette
instruction n’est pas de trouver des responsables mais bel et bien de
terroriser la jeunesse, de lui enlever tout moyens logistiques et
humains de contester les politiques actuelles et d’empêcher ainsi toute
alternative culturelle et sociale.

Le procureur, Philippe Astruc, utilise la justice à des fins politiques
et ceci avec le soutien flagrant du gouvernement.

Comme cela ne semble pas suffire, des responsables politiques tentent
également de faire taire la contestation en usant arbitrairement de leur
pouvoir.
À Rennes, pour la deuxième fois consécutive, le rassemblement n’a pu
avoir lieu, encerclé par de nombreuses brigades de maintien de l’ordre
en accusant les manifestants de vouloir organiser une rave-party.
À Paris plusieurs chars ont été une nouvelle fois empêchés de rejoindre
la manifestation alors même qu’ils étaient déclarés avec leurs
immatriculations.
À Fréjus, malgré l’accord de la préfecture, la mairie, d’extrême droite,
a pris un arrêté municipal d’interdiction la veille au soir. Un bon
moyen d’empêcher l’organisation d’un recours dans un délai si court.
À Lorient, Dijon, Nice, et à Lille, des arrêtés préfectoraux sont venus
interdire les rassemblements ou la diffusion de musique amplifiée dans
l’espace public.
À Béziers, deux personnes ont finis en garde à vue en s’interposant
contre des violences policières lors d’un contrôle musclé du char
sonorisé. L’une d’elle a été incarcérée. Un rassemblement de soutien
aura lieu à 11h devant le théâtre de Béziers.
À Dijon la CGT et la LDH ont déposé un recours devant le tribunal qui
leur a donné raison. La manifestation a donc pu se dérouler normalement.
Un premier jugement qui préfigure d’une longue série.

Il nous a certes fallu un peu de temps pour trouver des avocats de
confiance à travers toute la France. Ce n’est pas notre terrain de jeu
habituel. Mais nous sommes prêts désormais et contesteront, en justice
et dans la rue, tout arrêté allant à l’encontre des droits de
manifester, de créer et de diffuser.

Également nous dénonçons le mépris des autorités et d’une partie des
médias envers cette jeunesse qui se voit régulièrement dénier le titre
de manifestants revendicatifs. Il s’agit d’une tentative évidente de
dépolitiser cette mobilisation et de faire passer la jeunesse pour une
population individualiste et incapable d’avoir une analyse politique,
voire incapable de réfléchir tout court.

Toutes ces tentatives d’intimidations de la part de quelques gouvernants
sont le reflet du succès du grondement des sonorisations et de la
mobilisation massive dans les rues de leurs villes. Ces interdictions,
au-delà d’être illégales, sont sans effet sur la détermination d’un
mouvement déjà longuement stigmatisé et réprimé. Malgré ces tentatives
mesquines d’invisibilisation, notre message a été entendu dans des
dizaines de villes en France.
Depuis des décennies la musique ainsi que les enceintes de sonorisation
sont des composantes essentielles des manifestations permettant de faire
entendre les revendications populaires sous divers modes d’expression.
Nous nous ne laisserons plus freiner par des arrêtés abusifs portant sur
le bannissement des chars sonorisés lors de nos rassemblements
revendicatifs !

La prohibition culturelle est d’une ampleur inédite en temps de paix
dans un pays se revendiquant comme démocratique. Même l’accès le plus
passif à une représentation théâtrale, dans le strict respect des règles
déjà appliquées dans les entreprises ou les transports publics, n’est
pas autorisé. En intérieur ou en extérieur – où la propagation du virus
est, d’après les études scientifiques, largement inférieure – les
concerts, les festivals, la danse, les expositions et l’art en général
n’est pas envisageable. Il ne nous reste que l’amertume des
représentations en streaming, une parodie de spectacle vivant.

Cet acharnement à empêcher toute contemplation artistique devrait nous
interroger sur les motivations de notre gouvernement sous l’état
d’urgence sanitaire et à postériori.
En effet la culture interroge, instruit, conteste. La culture apaise
aussi les maux. Elle est indispensable, dans toute la pluralité de ses
formes, pour donner un peu d’espoir à une population acculée par la
crise sanitaire et ses répercutions psychologiques.

Une nouvelle mobilisation nationale aura donc lieu le samedi 13 février
pour soutenir les inculpés et faire valoir l’accès au public à toute
forme de culture !

Nous appelons les artistes dans toute leur diversité à rejoindre les
cortèges. Que vous soyez peintres, jongleur.euses, danseur.euses,
comédien.nes, musicien.nes, ou toute autre forme d’expression
artistique, venez faire valoir dans la rue l’expression culturelle comme
un moyen d’expression contestataire et politique pour revendiquer nos
droits.
Nous appelons également toutes celles et ceux qui luttent pour les
libertés à nous rejoindre, tout comme nous les rejoignons régulièrement
dans leurs mobilisations.
Et bien sûr nous appelons l’ensemble des sound-systems et de la
mobilisation à ne pas faiblir car le combat est loin d’être terminé !

Le 13 février, dans toutes les rues, exigeons :
L’arrêt des poursuites démesurées contre les participant.es du nouvel
an.
La fin des contrôles judiciaires contraignants pour les neuf mis en
examen.
La restitution totale et immédiate du matériel n’ayant pas servi à
Lieuron.
Le droit à des alternatives sociales et culturelles.
L’abrogation des lois dites « sécuritaires » et le respect des libertés
individuelles.

En attendant, le comité de soutien de Bourgogne appelle à manifester
dans les rues de Dijon ce samedi 6, à 14h devant le parc de la
Colombière.

Les comités de soutien aux inculpés de la Maskarade
La Coordination Nationale des Sons




Source: Rennes-info.org