Le contexte : après la défaite militaire des révolutionnaires espagnols
La victoire militaire de Franco contre les révolutionnaires en 1939 ouvre la voie à la répression du mouvement social [1]. Franco achève ainsi la contre-révolution débutée en 1936. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Espagne franquiste n’intervient pas, tandis que les antifascistes exilés en France s’engagent dans la résistance à la fois contre le nazisme et le régime de Vichy. Forts de l’expérience acquise durant la révolution espagnole, ils participent à des actions de guérilla au sein des maquis puis libèrent de nombreuses villes de l’occupant allemand et de la milice de Pétain. Le 24 août 1944, des anarchistes espagnols participent en particulier à la libération de Paris. Les troupes révolutionnaires et antifascistes croient alors pouvoir poursuivre leur offensive jusqu’en Espagne [2] mais ils ne sont pas soutenues par l’armée américaine qui craint l’avancée du communisme en Europe [3]. Si le régime est faible et isolé économiquement et diplomatiquement, le pays est toujours tenu d’une main de fer : la Phalange contrôle la police politique, l’éducation nationale, la presse, la radio, la propagande et toute la vie économique et syndicale.

Les préparatifs : le baptême de l’air des militants espagnols
C’est alors qu’un groupe d’anarchistes exilés en France projette un attentat aérien contre le caudillo. Après l’achat en France d’un petit avion de tourisme qu’ils chargent de bombes, trois compagnons espagnols prennent place dans l’avion (le pilote Primitivo Gómez, José Pérez [4] et Antonio Ortiz [5]) dans le but de bombarder la tribune du Club nautique d’où Franco et les hauts dignitaires du régime doivent présider les régates. Antonio Tellez Sola raconte cette histoire rocambolesque dans un petit livre, traduit récemment en français sous le titre Attentat aérien contre le général Franco :

Le sens de l’histoire d’Espagne aurait pu être changé, le dimanche 12 septembre 1948, lors de la seconde journée des régates de traînières qui se déroulaient à Saint-Sébastien en présence du général Franco. Un groupe d’anarchistes en exil avait planifié la mort du chef de l’État, dans la baie de la Concha, sous une pluie de bombes incendiaires et à fragmentation larguées par un avion de tourisme.

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Article publié le 12 Sep 2020 sur Lahorde.samizdat.net