Tout se passe bien. Une bonne ambiance. Nous sommes heureux de retrouver nos camarades enfermés dans le commissariat depuis des heures (même s’il en reste deux au Palais de Justice). La joie et le soleil sont au rendez-vous. On chante le long du canal. Puis on arrive dans le centre-ville.

Nous allons jusqu’à François Verdier. C’est là que ça dérape.

Les flics gazent et chargent sans raisons. On se regroupe près du métro.

Avec mon binôme, on se dit qu’il vaudrait mieux entrer dans le métro.

On est une cinquantaine à attendre la rame. Quelques minutes. Lorsque les mots “EN APPROCHE” s’inscrivent sur le panneau lumineux, nous apercevons des casques de motos au-dessus des têtes. La BAC. Les voltigeurs.

Des personnes hurlent qu’on est dans le métro, qu’il faut se calmer. Ils chargent. On attend la rame, tout devant. Ça ne va pas assez vite !

Les portes s’ouvrent, on s’engouffre dans la rame. Ils nous suivent.

Une pluie de matraques s’abat sur certains. HorrifiéEs, toutes les personnes leur hurlent de nous laisser.

Il y a des enfants à côté de moi. Ils sont terrorisés. J’essaye de contenir un espace entre moi et la vitre pour les laisser respirer. Je leur parle, les rassure. Leur mère est également sous le choc. Personne ne s’attendait à cela.

Les baqueux frappent un gars qui s’accroche à la barre du métro. On entend les coups, les cris de douleur. Sur le quai, on voit des gens, au sol, se faire défoncer. La haine est dans leur yeux, on pourrait la saisir à pleine main tellement elle est palpable.

Les portes du métro ne se ferment pas, c’est donc prévu. On voit des gars de la “sécu” Tisséo tirer sur les jambes d’un type. On comprend vite qu’ils ont choisi un camp.

Lorsque les baqueux sont satisfait du nombre de personnes à terre, les portes sonnent et se ferment. On voit le quai s’éloigner…




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