Novembre 16, 2020
Par Bulletin X
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      1. C’est l’heure de rĂ©gler les comptes !
      2. Une Cocotte-Minute sociale
      3. Ludd, Hypermodernité et néototalitarisme en temps de Covid-19
      4. La lutte contre la surveillance est un anticapitalisme
      5. Non à l’application Stop-Covid !

1. C’est l’heure de rĂ©gler les comptes !

Une fois de plus, cette pandémie nous aura démontré que le monde politique ne communique que par le mensonge, le mépris et le cynisme.

Elle aura envoyĂ© en premiĂšre ligne, pas ou sous protĂ©gĂ©s, les mĂȘmes qui se faisaient matraquer quand ils manifestaient pour plus de moyens et de meilleures conditions de travail.

Cette fois encore, les politiques nous auront prouvĂ© qu’ils ne servent que les intĂ©rĂȘts de la classe capitaliste et du dieu pognon. Profitant mĂȘme de cette crise sanitaire pour dĂ©grader davantage nos conditions de travail. Tout en continuant Ă  subventionner banques et grandes entreprises, principales responsables de la destruction de la planĂšte et de nos vies.

Le gouvernement en aura aussi profitĂ© pour renforcer son arsenal rĂ©pressif et contrĂŽler un peu plus nos libertĂ©s. Et la police pour tabasser et humilier impunĂ©ment les populations les plus pauvres et discriminĂ©es, loin des regards, sous couvert de l’état d’urgence.

Alors, les sous-payĂ©s, les sans-emplois, tous ceux qui formons la classe qui fait rĂ©ellement tourner le monde, il est temps pour nous de faire changer les choses. Parce que ce sont eux qui ont besoin de nous et que nous n’avons vraiment pas besoin d’eux. Ils ne sont bons qu’à tirer profit de notre sueur, de notre sueur, nous jeter dans la misĂšre et nous taper dessus quand nous nous rĂ©voltons.

Pour que le monde d’aprùs ne ressemble plus en rien à celui d’avant !

Samedi 16 mai – Tous dans la rue !!

14h, Place de la Comédie
Montpellier 34000

2. Une Cocotte-Minute sociale

AprĂšs deux mois de confinement, une rancƓur encore plus forte accumulĂ©e contre le gouvernement, selon Le Monde.

« Gilets jaunes », rĂ©forme des retraites
 la dĂ©fiance Ă  l’égard du pouvoir n’est pas nouvelle. Mais selon des Ă©lus locaux et des hauts fonctionnaires, elle est Ă  un niveau jamais atteint.

Les semaines de confinement ont passĂ© et les craintes de se retrouver avec une Cocotte-Minute sociale n’ont cessĂ© de grandir. Elus locaux, syndicalistes, hauts fonctionnaires sont inquiets. Dans quel Ă©tat d’esprit les Français, confrontĂ©s Ă  la pire pandĂ©mie du siĂšcle et Ă  une crise Ă©conomique sans prĂ©cĂ©dent, vont-ils se trouver au moment oĂč le gouvernement incite Ă  la reprise du travail ? Les derniers sondages d’opinion marquent un enracinement patent d’une colĂšre Ă  l’égard de l’exĂ©cutif et de sa gestion de la crise sanitaire : selon une enquĂȘte du Cevipof, menĂ©e entre le 2 et le 7 avril, ce sentiment serait partagĂ© par 53 % des personnes interrogĂ©es.

Cette dĂ©fiance Ă  l’égard du pouvoir n’est pas nouvelle. Le mouvement des « gilets jaunes » avait dĂ©jĂ  rĂ©vĂ©lĂ© un mĂ©contentement social des classes populaires sans Ă©quivalent. La mobilisation importante contre la rĂ©forme des retraites de l’hiver avait dĂ©montrĂ© que ce rejet de la politique du gouvernement Ă©tait trĂšs partagĂ© chez les salariĂ©s. DĂ©licat de faire des pronostics sur une nouvelle explosion sociale mais la vigilance est de mise au gouvernement. Un haut fonctionnaire, rattachĂ© au ministĂšre de l’intĂ©rieur, en convient : « Il est difficile de lire dans la boule de cristal. Cependant, on voit bien que la fracturation de la sociĂ©tĂ© se creuse encore, l’affaiblissement de l’autoritĂ© de l’Etat s’accroĂźt. La pĂ©riode “gilet jaune” n’est pas cicatrisĂ©e. »

3. Ludd, Hypermodernité et néototalitarisme en temps de Covid-19

Il y a un peu plus de deux siĂšcles, en 1811 et pendant les cinq annĂ©es qui ont suivi, l’Angleterre a Ă©tĂ© le thĂ©Ăątre d’une puissante rĂ©volte sociale connue sous le nom de « rĂ©volte des luddites » – en rĂ©fĂ©rence Ă  son protagoniste Ă©ponyme, Ned Ludd – qui a dĂ©truit une partie des nouvelles machines textiles dont l’installation supprimait de nombreux postes de travail et condamnait une partie de la population Ă  la misĂšre. Il fallut des milliers de soldats pour Ă©craser l’insurrection qui, loin d’obĂ©ir Ă  des motivations technophobes, se situait dans le cadre du travail et prĂ©tendait s’opposer aux consĂ©quences les plus nĂ©fastes des « progrĂšs » de l’exploitation capitaliste.

Il est aujourd’hui essentiel de « rĂ©inventer » ce type de rĂ©volte, en la faisant passer de la sphĂšre des revendications purement Ă©conomiques Ă  la sphĂšre plus directement politique des luttes pour la libertĂ© et contre le totalitarisme de type nouveau qui s’installe depuis quelque temps dĂ©jĂ  et qui trouve dans la crise actuelle du Covid-19 un carburant abondant pour accĂ©lĂ©rer son dĂ©veloppement.

L’éloigner de la sphĂšre Ă©conomique n’implique pas de mĂ©sestimer le capitalisme comme principal ennemi, car le nouveau type de totalitarisme auquel je fais rĂ©fĂ©rence constitue une piĂšce absolument fondamentale de la nouvelle Ăšre capitaliste marquĂ©e par cette Ă©norme innovation technologique que fut, et que continue d’ĂȘtre, la rĂ©volution numĂ©rique.
Comme pour la rĂ©volte des luddites, cette rĂ©volte ne repose pas non plus sur des motivations technophobes, mais a pour principal stimulant la revendication de libertĂ© et d’autonomie, avec la conscience claire que, si nous ne parvenons pas Ă  arrĂȘter les avancĂ©es du nouveau totalitarisme, les possibilitĂ©s de lutte et de rĂ©sistance contre la domination et l’exploitation seront soit impossibles, soit rĂ©duites Ă  l’insignifiance.

Tomås Ibañez

Lire la suite : https://florealanar.wordpress.com/2020/05/02/ludd-hypermodernite-et-neototalitarisme-en-temps-de-covid-19/

4. La lutte contre la surveillance est un anticapitalisme

Le capitalisme de surveillance ne vient pas de nulle part. Cette forme de libĂ©ralisme se fonde sur la transformation de l’information en un bien capitalisable. Le consumĂ©risme, la surfinanciarisation reposent sur nos donnĂ©es comme bien, c’est systĂ©mique. Ne pas inscrire cette critique dans l’anticapitalisme, c’est oublier que cette surveillance se nourrit des inĂ©galitĂ©s sociales pour opĂ©rer un tri de la population.

Chistophe Masutti

Lire la suite : https://www.politis.fr/articles/2020/04/la-lutte-contre-la-surveillance-est-un-anticapitalisme-41802/

5.Non à l’application Stop-Covid !

Refusons l’application Stop Covid car elle est le prĂ©lude Ă  la mise en place d’outils de pistage.

Refusons cette sociĂ©tĂ© du contrĂŽle numĂ©rique et prĂ©fĂ©rons l’entraide et la solidaritĂ©.

La pétition : Refusons le contrÎle généralisé !

La faillite du gouvernement dans la gestion de l’épidĂ©mie de Covid 19 l’amĂšne Ă  se dĂ©charger de toutes ses responsabilitĂ©s : si le pays manque de masques, de tests, c’est, d’aprĂšs lui, “parce que les scientifiques auraient changĂ© d’avis”. De la mĂȘme façon, il cherche Ă  transfĂ©rer aux individus la responsabilitĂ© de se prĂ©munir face au virus par le biais d’une application numĂ©rique : Stop Covid. Cette derniĂšre, une fois installĂ©e sur le tĂ©lĂ©phone d’une personne, permettrait de retracer l’historique de ses relations sociales stockĂ© sur un serveur central recensant aussi l’état des personnes atteintes par le virus.

Le gouvernement prĂ©tend garantir le respect de la vie privĂ©e dans le cadre du RGPD (RĂšglement GĂ©nĂ©ral de la Protection des DonnĂ©es, texte europĂ©en). Or il revendique une conservation des donnĂ©es « gĂ©nĂ©rale et indiffĂ©renciĂ©e » (sans limite de temps et de type de donnĂ©es) dĂ©rogatoire aux rĂšgles habituelles, plus protectrices. Par ailleurs, la promesse d’anonymisation de nos donnĂ©es est mensongĂšre, particuliĂšrement dans le domaine de la santĂ© oĂč quelques donnĂ©es mĂ©dicales suffisent Ă  retrouver n’importe quel patient.

L’application ne serait efficace que si elle est installĂ©e par les trois quarts de la population. Or, les Singapouriens, trĂšs Ă©quipĂ©s et plus lĂ©gitimistes, n’ont Ă©tĂ© qu’environ 20% Ă  installer une application similaire. En France, 23% de la population ne possĂšde pas de smartphone, et mĂȘme 56% des plus de 70 ans, les plus vulnĂ©rables face Ă  cette pandĂ©mie. Et l’emploi d’un smartphone activĂ© en permanence serait insupportable pour les personnes qui souffrent d’électrohypersensibilitĂ©. Par ailleurs, certains industriels proposent de gĂ©nĂ©raliser des bracelets Ă©lectroniques pour les personnes n’ayant pas de smartphone.

Le gouvernement affirme que cette application serait facultative, il est cependant Ă  craindre qu’elle soit rendue obligatoire pour accĂ©der Ă  certains lieux publics, scolaires ou professionnels. Le risque est aussi la stigmatisation de ceux qui seraient identifiĂ©s comme porteurs du virus. De plus, le faux sentiment de sĂ©curitĂ© induit par son activation pourrait inciter Ă  ne plus ĂȘtre vigilant.

Ce projet intervient dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire dĂ©crĂ©tĂ© le 23 mars 2020 et, pour le moment, prolongĂ© jusqu’au 23 juillet. Comme le souligne Malik Salemkour, prĂ©sident de la LDH, « le contexte difficile de la pandĂ©mie est mis Ă  profit par l’exĂ©cutif et sa majoritĂ© pour mettre entre parenthĂšses notre dĂ©mocratie et, avec elle, nos institutions ». En effet, Parlement, Conseil constitutionnel, Conseil d’Etat, CNIL en sont tous rĂ©duits, dans la pĂ©riode, au rĂŽle de spectateurs. Amnesty International et d’autres organisations internationales dĂ©noncent : “Les initiatives des Etats visant Ă  contenir le virus ne doivent pas servir de prĂ©texte Ă  entrer dans une nouvelle Ăšre de systĂšmes gĂ©nĂ©ralisĂ©s de surveillance numĂ©rique invasive.”

ArrĂȘtez de nous pister ! DĂ©pistez-nous

Le fait de se savoir tracĂ© en permanence peut conduire Ă  des comportements de soumission. Cela augmente le degrĂ© d’acceptabilitĂ© pour d’autres technologies comme la reconnaissance faciale ou la vidĂ©o surveillance automatisĂ©e qui Ă©taient, jusque lĂ , dĂ©clarĂ©es illĂ©gales. C’est aussi la croyance aveugle dans la technologie et la surveillance comme principales rĂ©ponses aux crises sanitaires, alors que seul un juste financement de la recherche scientifique et des services publics de santĂ© permettrait de garantir des soins efficaces.

On le sait bien, ces mesures prises “dans des circonstances exceptionnelles” pourront ĂȘtre intĂ©grĂ©es dans la lĂ©gislation ordinaire comme cela s’est passĂ© avec l’état d’urgence contre le terrorisme. C’est la “stratĂ©gie du choc” dĂ©crite par Naomi Klein : un Ă©tat utilise une crise, renforcĂ©e par une mise en scĂšne guerriĂšre, pour imposer Ă  la population des mesures prĂ©vues de longue date.

Mais, comme le dĂ©clare Edward Snowden, ancien employĂ© de la NSA devenu lanceur d’alerte, “nous vivons un moment qui restera gravĂ© dans nos vies comme celui oĂč le systĂšme aura Ă©tĂ© tellement mis Ă  l’épreuve, tellement Ă©cartelĂ©, avec des gouvernements tellement dĂ©passĂ©s que nous nous retrouvons en mesure de changer les choses.” À nous, maintenant, de nous mobiliser pour que surgisse une alternative faite d’entraide et de solidaritĂ© collective, loin du diktat du tout numĂ©rique vantĂ© par la technocratie au pouvoir.

https://nonstopcovid.wesign.it/fr




Source: Bulletinx.noblogs.org