Janvier 18, 2021
Par Demain Le Grand Soir
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Tout au long de cette nouvelle annĂ©e, Rojinfo publiera, un par un, les articles du site internet mis en place dans le cadre de la campagne « 100 raisons pour juger le dictateur Erdogan Â», une action lancĂ©e par le Mouvement des Femmes kurdes en Europe (TJK-E) Ă  l’occasion de la journĂ©e internationale des violences faites aux femmes, le 25 novembre 2020.

L’objectif de la campagne, telle que prĂ©sentĂ©e par le TJK-E, est de recueillir 100 000 signatures jusqu’au 8 mars, mais aussi de « partager des histoires de femmes assassinĂ©es, d’agir et de crĂ©er des alliances contre le fĂ©minicide et le fascisme. Â» L’organisation des femmes kurdes se propose ainsi d’ĂȘtre « la voix des femmes assassinĂ©es face au dictateur qui ne cesse de commettre des massacres chaque jour. Â»

Le site recense 100 des crimes commis par le rĂ©gime d’Erdogan Ă  l’encontre des femmes. Nous publions ici l’article prĂ©sentĂ© comme la 1Ăšre raison de juger le prĂ©sident turc Recep Tayyip Erdogan, Ă  savoir l’assassinat de la fondatrice du PKK Sakine Cansiz, exĂ©cutĂ©e Ă  Paris le 9 janvier 2013, en mĂȘme temps que les militantes kurdes Fidan Dogan et Leyla Saylemez. Ces crimes commanditĂ©s par les services de renseignement turcs demeurent, Ă  ce jour, impunis. C’est pourquoi, le Conseil dĂ©mocratique kurde en France (CDK-F) a lancĂ© un appel Ă  manifester pour la justice, Ă  l’occasion du 8Ăšme anniversaire des assassinats, le 9 janvier prochain. Des manifestations doivent avoir lieu ce jour-lĂ  un peu partout en France, notamment dans la capitale oĂč une grande marche est prĂ©vue au dĂ©part de la Gare du Nord, Ă  14 heures.

NĂ©e le 12 fĂ©vrier 1958 Ă  Dersim, au Nord-Kurdistan, Sakine Cansiz Ă©tait la Cofondatrice du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) ; elle a jouĂ© un rĂŽle de premier plan dans le dĂ©veloppement du mouvement des femmes kurdes. Dans les annĂ©es 1980, la militante kurde a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e par la police turque et torturĂ©e dans la prison de Diyarbakir. Elle est connue pour sa rĂ©sistance contre la torture et les pratiques d’assimilation dans les Prisons de Turquie.

Sakine Cansiz a rejoint le mouvement de libĂ©ration kurde Ă  un moment oĂč celui-ci Ă©tait en cours de formation. Elle est l’une des rares femmes Ă  avoir participĂ© au congrĂšs fondateur du PKK. Elle a poursuivi sa lutte, sans interruption, jusqu’à sa mort violente le 9 janvier 2013, en compagnie de Fidan Dogan et de Leyla Saylemez.

Le 9 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©es d’une balle dans la tĂȘte dans les locaux du Centre d’information du Kurdistan, au 147 rue La Fayette, Ă  Paris. L’enquĂȘte menĂ©e en France a rĂ©vĂ©lĂ© de nombreux indices selon lesquels le meurtrier prĂ©sumĂ© Ömer GĂŒney, arrĂȘtĂ© quelques jours aprĂšs le crime, avait agi pour le compte des services secrets turcs (MIT), comme le confirme l’acte d’accusation : « De nombreux Ă©lĂ©ments de la procĂ©dure permettent de suspecter l’implication du MIT dans l’instigation et la prĂ©paration des assassinats. Â»

Bien qu’Ömer GĂŒney ait Ă©tĂ© identifiĂ© par les autoritĂ©s françaises comme la personne recrutĂ©e pour appuyer sur la gĂąchette, il semble qu’aucun effort n’ait Ă©tĂ© entrepris par la France pour faire la lumiĂšre sur l’arriĂšre-plan de ces crimes politiques. Le meurtrier, Ömer GĂŒney, a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© « mort en prison Â». Les autoritĂ©s françaises ont ainsi tentĂ© de dissimuler des assassinats politiques de haut niveau. Cependant, pour un sens de la justice significatif, il ne suffit pas de rĂ©vĂ©ler simplement l’auteur du massacre ; les forces qui ont commanditĂ© et planifiĂ© ce crime doivent Ă©galement ĂȘtre identifiĂ©es.




Source: Demainlegrandsoir.org