– 17 novembre 2020 : Ă©cologistes, ZAD et syndicalistes appellent Ă  l’action –

Une date Ă  retenir et un appel Ă  faire circuler :

« Dans la premiĂšre moitiĂ© de l’annĂ©e 2020, le dĂ©ferlement viral aura provoquĂ© un ralentissement inĂ©dit de la dĂ©vitalisation marchande de la planĂšte. Au cƓur du confinement s’est alors diffusĂ©e une luciditĂ© partagĂ©e, mais trop souvent dĂ©sarmĂ©e et isolĂ©e, quant Ă  l’urgence de faire barrage in extremis Ă  la production du dĂ©sastre.
Le 17 juin dernier, alors que la machine se ré-emballait de plus belle, plus de 70 actions, blocages, rassemblements se sont déployés simultanément à travers le pays. Ils ont matérialisé un premier grand rebond de luttes de terrain contre la réintoxication de monde.

C’est pour donner une nouvelle fois corps Ă  ce front commun, frappant par son Ă©nergie et sa diversitĂ©, qu’un ensemble de collectifs rĂ©unis le 30 aoĂ»t dernier Ă  l’occasion d’un rassemblement sur la zad de Notre-Dame-des-Landes ont dĂ©cidĂ© d’appeler Ă  une seconde vague d’actions coordonnĂ©es le 17 novembre prochain.
Les mobilisations locales du 17 juin ont dessinĂ© une premiĂšre cartographie post-confinement des sites de production destructeurs qui doivent s’arrĂȘter, d’espaces naturels – forĂȘts, zones humides, terres cultivables, friches urbaines – qui ne doivent pas ĂȘtre artificialisĂ©s, des chantiers Ă©cocides qu’il faudra paralyser
 Elles ont aussi rĂ©vĂ©lĂ© des dizaines d’endroits oĂč des collectifs d’habitant-e-s se lĂšvent dĂ©jĂ  localement contre l’absurditĂ© de ces “amĂ©nagements du territoire”.

Le 17 juin n’a pas Ă©tĂ© sans lendemain. Des terres investies ce jour lĂ  Ă  Dijon ou une vigie construite sur le quartier des VaĂźtes Ă  Besançon sont toujours dĂ©fendues depuis. La zone sauvage du Carnet sur laquelle un rassemblement a eu lieu est maintenant devenue une zad et ses bĂ©tonneurs chancellent. Le projet menaçant la forĂȘt du Madrillet Ă  cĂŽtĂ© de Rouen et dont le chantier s’est retrouvĂ© bloquĂ© a Ă©tĂ© mis en suspens aprĂšs coup. Une lutte contre un projet routier en Haute-Loire s’est relancĂ©e Ă  cette occasion. Bien d’autres, comme celles sur l’avenir des terres de Gonesse, contre les nouvelles fermes-industrielles de 200 000 poulets dans le FinistĂšre ou l’usine d’engrais de synthĂšse Yara vont se poursuivre
.
Nous savons qu’obtenir des victoires concrĂštes nĂ©cessitera de revenir rĂ©guliĂšrement sur ces lieux, d’en habiter certains, d’en faire muter d’autres, de continuer Ă  se coordonner dans un mouvement qui ne peut ĂȘtre que mondial et de lancer de nouvelles vagues de mobilisations encore plus amples et dĂ©terminĂ©es. C’est seulement Ă  cette condition que nous parviendrons peut-ĂȘtre Ă  prĂ©server des conditions d’existence dĂ©sirables sur terre, pour nous comme pour le reste du vivant, hors du nihilisme Ă©conomique.

D’autant que les trois derniers mois n’ont fait que confirmer le cynisme absolu des dirigeants politiques et des puissances Ă©conomiques, au fur et Ă  mesure que les signes explosifs des ravages du systĂšme se multipliaient. Aux feux de forĂȘt gigantesques qui frappent tous les continents, aux sĂ©cheresses intenses qui menacent le systĂšme agricole dans son intĂ©gralitĂ©, Ă  la publication des derniĂšres simulations climatiques encore plus alarmistes, ils ont rĂ©pondu par la reprise rapide du trafic aĂ©rien, des marchĂ©s financiers, de la spĂ©culation sur la faim, et ce malgrĂ© l’épidĂ©mie. Aux licenciements massifs, Ă  la prĂ©carisation de milliers de salariĂ©-e-s laissĂ©s sur le carreau, ils ont rĂ©pliquĂ© par de nouveaux cadeaux aux entreprises, sans mĂȘme envisager de contreparties sociales ou environnementales. À la catastrophe de Beyrouth, Ă  l’annonce de l’extinction des deux tiers des espĂšces sauvages, Ă  la rĂ©vĂ©lation sur les rejets de Lafarge dans la Seine, ils ont rĂ©pondu par la reprise de l’usage des nĂ©onicotinoĂŻdes dans les champs, maintenu la production d’engrais au nitrate d’ammonium et validĂ© l’exportation dans le reste du monde des pires pesticides interdits en Europe. Face aux soulĂšvements mondiaux contre le racisme systĂ©mique et les violences policiĂšres, nous les avons vus malgrĂ© tout durcir encore les politiques sĂ©curitaires.

Nous faisons face Ă  des enjeux dĂ©cisifs. 100 milliards d’euros vont ĂȘtre injectĂ©s dans l’économie française en deux ans sous forme de plans de “relance”, pour faire vivre Ă  tout prix le mythe de la croissance quelques annĂ©es de plus, quelques mois peut-ĂȘtre, Ă  un coĂ»t Ă©cologique et social dĂ©sastreux. 78 nouveaux projets de « rĂ©industrialisation » clĂ©s en main, court-circuitant les protections environnementales, sont dĂ©jĂ  annoncĂ©s : bien souvent sur des sites encore non artificialisĂ©s. L’acharnement dans un modĂšle prĂ©dateur ne peut reprĂ©senter une perspective enviable pour celles et ceux qui souffrent dĂ©jĂ  de l’exploitation, avec ou sans travail. Seules de profondes reconfigurations dans le rapport Ă  la production et aux formes d’organisation sociale peuvent de nouveau offrir des perspectives d’activitĂ©s et d’emplois porteuses de sens, que ce soit en ville ou dans les campagnes. Dans les dix prochaines annĂ©es, un agriculteur sur deux va partir en retraite, et ce sont alors un quart des terres cultivables nationales qui vont changer de main. Sans une bataille fonciĂšre acharnĂ©e qui allie vocations paysannes et dĂ©terminations environnementales, elles iront soit Ă  l’agrandissement des exploitations industrielles, soit Ă  la bĂ©tonisation.

Nous pourrions rester effarĂ©.e.s, enlisĂ©.e.s dans le sentiment qu’il est dĂ©jĂ  trop tard. Mais nous pouvons aussi parier sur la puissance d’un sentiment de rĂ©volte partagĂ© et d’une exigence de consĂ©quence qui puisse enfin bouleverser radicalement la donne. L’annĂ©e a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© marquĂ©e par quelques victoires de luttes ancrĂ©es – liant rĂ©sistances directes de terrain, mobilisations larges et recours juridiques : abandon d’Europacity sur les terres de Gonesse et de l’urbanisation menaçant les LentillĂšres Ă  Dijon, du Center Park en gestation dans la forĂȘt de Roybon et de l’A45 entre Lyon et Saint-Etienne
 Nous devons passer un seuil. Misons fermement sur le fait qu’il devienne dorĂ©navant de plus en plus difficile pour eux de lĂ©gitimer des projets destructeurs de milieux vivants. Parions que partout oĂč des luttes dĂ©terminĂ©es viendront y faire obstacle, nous les forcerons dorĂ©navant Ă  renoncer !

Quant Ă  l’existant et dans la foulĂ©e des initiatives liĂ©es Ă  l’anniversaire de l’explosion de Lubrizol, nous appelons les habitant.e.s des villes et des campagnes Ă  informer et accentuer localement la pression sur les secteurs qui leur semblent le plus Ă©videmment toxiques et dispensables : cimenteries, usines de pesticides ou productions de gaz et grenades de la police, industrie aĂ©ronautique, publicitaire ou construction de plates-formes Amazon sur des terres arables, unitĂ©s d’élevage industriel, dĂ©veloppements de l’industrie nuclĂ©aire, clusters dĂ©veloppant la numĂ©risation de l’existence et un monde sans contact avec le vivant


Nous appelons Ă  renforcer, chemin faisant, des liens avec les travailleurs qui dĂ©pendent Ă©conomiquement de ces secteurs de productions et chantiers. L’urgence sociale, c’est de penser avec elles et eux les mutations possibles des activitĂ©s nĂ©cessitant un maintien des revenus et droits acquis, les rĂ©appropriations nĂ©cessaires des lieux de travail, ainsi que les rapports de force Ă  engager pour garantir des ressources pendant les pĂ©riodes de transition.

Nous appelons donc enfin le 17 novembre Ă  une seconde sĂ©rie d’actions, blocages, rassemblements et occupations contre les lieux de production, de fabrication ou de transformation ainsi que tout autre bĂątiment ou infrastructure profondĂ©ment nuisibles qu’il nous faut mettre Ă  l’arrĂȘt. Mais si nous visons sĂ©rieusement Ă  nous dĂ©faire de pans consĂ©quents du monde marchand, il nous faut conjointement nous doter des formes d’autonomies Ă  mĂȘme de rĂ©pondre Ă  nos besoins fondamentaux. Nous appelons donc Ă©galement Ă  des occupations de terres en villes ou dans les zones pĂ©ri-urbaines pour des projets de cultures vivriĂšres, ainsi qu’à des rĂ©quisitions d’espaces d’entraide, de soin, de redistribution et de crĂ©ation. Il n’y aura pas de “tournant” sans que l’on construise ici et maintenant des formes de vie pleines de sens et bien plus dĂ©sirables que celles infĂ©odĂ©es aux besoins du marchĂ©.
Ensemble, mettons un coup d’arrĂȘt partout Ă  leurs projets destructeurs !

Vous trouverez ci-dessous une liste des premiers collectifs, syndicats, associations, territoires en lutte co-signataires et engagĂ©s sur cet appel. Si vous souhaitez le signer aussi, nous envoyer un appel Ă  mobilisation locale ou un texte d’analyse complĂ©mentaire, vous pouvez Ă©crire Ă  17nov@riseup.net.

Pour plus d’infos et suivre les mobilisations autour du 17 novembre :
site : agir17.noblogs.org/ + facebook : agir17novembre »

Premiers signataires : Youth for climate Paris- ZEA (13) – ConfĂ©dĂ©ration Paysanne – DĂ©fense estuaire loire st nazaire (44) – DAL-Droit au logement – Attac France – des habitant.es de la zad de Notre-Dame-des-Landes (44) – Union syndicale Solidaires – La croissance tue ! – L’Amassada (12) – Bas les Masques – XR Nantes – L’assemblĂ©e libre des casse-noix (26-38)- – RĂ©seau Citoyen de Surveillance Golfech-Blayais (82) – Pays de Retz Environnement (44) – Longo MaĂŻ Grangeneuve (04) – RĂ©sistance Ecologiste Rennes (35) – les Amis de la Terre France – Emancipation Collective – Notre Maison BrĂ»le – RĂ©silience – Extinction Rebellion France – Collectif antinuclĂ©aire de Vaucluse/CAN84 Coordination antinuclĂ©aire du sud-est/CAN-SE Mouvement contre le crime atomique/MCCA – Sortir du NuclĂ©aire France – des opposant.es Ă  Pierre & Vacances / Center Parcs – Le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) (95) – Youth For Climate Avignon – Notre-Dame-des-Landes Poursuivre ensemble (44) – Espace autogĂ©rĂ© des Tanneries (21) – XR Pour une Écologie Politique, Populaire et Sociale – La dĂ©rive social club (44) – la commune de Chantenay (44) – coordination antinuclĂ©aire du sud-ouest stop-golfech – la cagette des terres (44) – France Nature Environnement Haute-Loire (43) – Collectif Lutte des Sucs – ANV COP21 Montpellier (34) – Attac AlĂšs CĂ©vennes (30) – association contre le village de marques de souillac et de dĂ©fense des habitants du quartier Viaduc Timbergues-Aubuges de Souillac (46) – Sauv-natur Saint-leu-la-foret (95) – Attac 44 – Asso’loucionne – cinĂ©mas Utopia – Radiaction – collectif La Croissance Tue – Les Jardins des VaĂźtes (25) – ComitĂ© Bure en Retz (44Ă - ATTAC Rennes (35) – Vigilanceogm21 – ATTAC Reims (51) – ANV-COP21 Besançon (25) – XR Reims (51) – ATTAC Pays Malouin Jersey (33) – collectif Destocamine – Alternatiba Nantes (44) – GIGNV (44)- ATTAC 93 Sud – ATTAC Flandre – XR Pantin & Alentours – Attac Montpellier (34) – Attac Paris-Nord-Ouest – Enseignants pour la PlanĂšte – Mouvemen Provencau Regionalisto – syndicats Sud solidaires 44 – ATTAC VendĂ©e (85) – Ensemble ! 34 – Attac Lille (59) – Partager c’est sympa – Collectif Citoyen ’ Notre Parc N’est Pas Ă  Vendre’ – Youth for Climate Paris – Stop NuclĂ©aire Besançon (25) – Free The Soil France – Attac 63 – XR Ile-de-France – Écocampus ENS (75) – Attac Landes CĂŽte Sud – XR Tours (37) – Non aux JO 2024 Ă  Paris – collectif de dĂ©fense des jardins des vertus (Aubervilliers) – AGIR Belle Ile (56) – SUD-Rail Paris St Lazare – Youth For Climate Ăźle de France – Confluence pour Sortir du NuclĂ©aire Informations Pesticide Belle Ile (56) – L’assemblĂ©e libre des casse-noix (26-38) – Les Riverains et et les Amis de BĂ©ner (Le Mans – 72)


Article publié le 08 Oct 2020 sur Nantes-revoltee.com