Octobre 25, 2021
Par Socialisme Libertaire
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« Contrairement à une économie ultralibérale, portée par une suite d’algorithmes informatiques, dominée par une hiérarchie à la recherche de profits à l’infini, et qui se nourrit en l’absence d’interactions avec les phénomènes civilisationnels, la société humaine a besoin d’une organisation politique pour faire face aux périls de la barbarie. L’anarchie apporte encore au 21ème siècle des réponses concrètes aux différents chaos qui se profilent, des chaos qui ont déjà pris corps dans des bouleversements climatiques irréversibles. 

Quand on évoque la barbarie en 2020, le lien avec des dérives religieuses, notamment caractérisées par le djihadisme, y trouve une concrétisation immédiate et altérante. Elles prennent toutes leurs significations à travers des actes de terrorisme et semblent de plus en plus vouloir atteindre les piliers de la connaissance universelle, quels que soient leurs champs d’application. La réponse à la montée d’un nouveau fascisme religieux (le catholicisme a lui aussi démontré sa capacité par le passé à lacérer profondément des civilisations indigènes au point de les aliéner), imprégnant de plus en plus les populations, particulièrement en Afrique, ne sera jamais jugulée par l’attitude ambivalente des démocraties libérales qui vont jusqu’à fournir un arsenal complet d’armes à des pays du Moyen-Orient ou qui développent comme l’Amérique de Trump, une diplomatie de l’isolement ou de rupture (le cas d’Israël) alors que la mondialisation libérale leur est plutôt bénéficiaire. 

Toute cette fascination, voire fanatisation, pour des croyances belliqueuses ne doivent pas nous détourner de nouvelles formes de barbarie qui pourraient naître de l’effondrement économique de l’occident consécutif aux bouleversements continus de l’environnement. Les défis sont plus nombreux que le déni ne limitera pas et n’ont pas encore déployé toutes leurs démonstrations nocives : le dégel du permafrost avec la libération potentielle de virus inconnus, l’accès à des besoins vitaux (l’eau et les denrées alimentaires), les cataclysmes en tout genre généralisés, les déplacements de populations (réfugiés climatiques et migration de masse), l’accentuation des maladies et de la mortalité liées aux pollutions thermo-chimiques, la perte endémique de la biodiversité partenaire d’une économie agricole, le développement industriel de bêtes à viande, la destruction accélérée de pièges naturels du carbone comme les forêts, l’acidification des océans, la perte des ressources halieutiques et menaces sur l’ensemble du vivant, les conflits autour de gisement de minerais avec la recrudescence de l’esclavagisme et notamment infantile,… Les démocraties libérales centralisées s’en trouveraient fragilisées, ne serait-ce que sur l’aspect sécuritaire de territoires pourvus d’une production énergétique nucléaire, parce que complices d’une rupture dans la préservation d’une paix sociale. Ne courrions-nous pas alors le risque de voir se construire des politiques toujours plus autoritaires ?

En admettant, comme le pensent les collapsologues que l’irrémédiabilité du changement climatique se situe dans une fourchette comprise entre 10 à 30 ans, le type même des démocraties que l’on connait aujourd’hui, et qui ne parvient déjà pas à faire face à l’obscurantisme religieux, ne sont plus des organisations politiques capables de contrôler les barbaries à venir. L’anarchie qui prend un nouveau tournant dans ce que Murray Bookchin appelle le municipalisme libertaire, doit être un rempart aux paniques qui pourraient assaillir des populations entières et majoritairement urbanisées face à des pénuries élémentaires. Selon la vision de l’écologie radicale, les assemblées décisionnelles s’organiseraient au plus près des préoccupations locales. Le “retour à la terre” se généraliserait sous forme de véritables coopératives, les déplacements devraient être limités ou sinon propulsés par des mécaniques vertueuses (énergie vélique pour les navires par exemple). L’éducation écolo-populaire serait la base de ce qui garantira la paix des continents parce qu’elle enseignerait les vertus de la sobriété. On pourrait ainsi égrainer des solutions déjà existantes et bénéfiques à l’ensemble de l’humanité, car l’aspect technologique est une chose acquise, se mettant au service exclusif du bien vivre et de la santé de ces populations humaines, libérées de l’Etat-Nation, du libéralisme et des religions. »

Dédé l’Abeillaud




Source: Socialisme-libertaire.fr