★ L’anarchie de A à Z : « F » comme Fédéralisme

L’anarchie de A à Z : « F » comme Fédéralisme.  

« Lorsqu’on évoque le fédéralisme, la plupart des gens pensent immédiatement aux nationalistes canadiens, les « fédéralistes», ou alors à des pays comme les USA, la Suisse… De prime abord, il n’est qu’une « variété » de gouvernement et ne semble guère révolutionnaire… 

Cependant, étant donné que le fédéralisme signifie « alliance», prendre ce mot au pied de la lettre pour l’appliquer à l’ensemble de la vie sociale, politique et économique, c’est poser d’emblée une critique radicale du capitalisme et de l’État.

Politiquement, le fédéralisme libertaire condamne toute puissance militaire et toute institution policière ; il est l’ennemi du centralisme qui conduit à l’asservissement. Qui dit pouvoir central dit mise en tutelle, mise sous surveillance, mise sous commandement, mise sous dictature ! Notons au passage que les politiques de “décentralisation” et de “régionalisation” ne nous rendent pas l’État plus sympathique : s’il a appris à déléguer des responsabilités à des instances subalternes, il n’en est pas devenu plus juste pour autant. Ce sont seulement les méthodes d’oppression qui ont changé !

Fédérer, d’un point de vue anarchiste, c’est créer des fédérations à tous les niveaux, en généralisant le principe de la libre association. Il s’agit de coordonner des systèmes autogérés, des petites collectivités aux regroupements les plus vastes, et non pas d’agglomérer des institutions organisées sur un mode autoritaire !

Le fédéralisme libertaire veut cimenter la société par un lien social dont l’élément essentiel est l’adhésion à des projets et à des œuvres communes. C’est une nouvelle conception du contrat social, sur la base du volontariat et non de la coercition.

La société libertaire bannit-elle pour autant toute forme de “contraintes” ? Non, puisque que passer un contrat signifie savoir prendre des engagements et les respecter. Sans vouloir refaire ici de grandes théories sociologiques, mais pour éviter de se fourvoyer dans un optimisme idéaliste, il est important de tenir compte de réalités simples. L’être humain n’est pas « naturellement » plus disposé pour l’entraide que pour la domination (à ce titre il n’a pas de « nature») et il nous semble incontestable que les individus transforment effectivement, par leurs actions, les structures sociales, et que ces structures sociales agissent à leur tour sur les individus, en créant des contextes, en conditionnant les habitudes, en déterminant les possibilités d’action. C’est ce qu’on appelle en d’autres termes un rapport interactif.

On ne peut alors concevoir l’individu comme un acteur tout-puissant de sa vie et partant de cette idée, nous sommes convaincus qu’une société anarchiste, comme n’importe quelle autre société, ne pourrait fonctionner par la seule « bonne volonté » de ses membres. Ce sont les modes d’organisation qui doivent eux-mêmes entraîner des comportements libertaires, individuels et collectifs.

Pour se faire, le fédéralisme libertaire repose donc grosso modo sur quatre principes élémentaires : la libre association, l’égalité économique et sociale (qui nous renverra à l’abolition de la propriété privé), l’autonomie des groupes et des collectivités, la prise de décision par la démocratie directe. »

Librement adapté d’un texte de la F.A.


Article publié le 18 Juin 2019 sur Socialisme-libertaire.fr